jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2021, Mme A B, représentée par Me Huard, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision verbale du préfet de l'Isère du 20 janvier 2021 refusant
d'enregistrer son dossier de demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- La décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- La décision n'est pas motivée en droit ;
- Le motif du refus est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 19 octobre 2021, le préfet conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Combes, substituant Me Huard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante de la République démocratique du Congo, entrée en France le 7 janvier 2010, a présenté une demande au titre de l'asile qui a été refusée en dernier lieu par la cour nationale du droit d'asile le 8 avril 2011. Le préfet de l'Isère a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français le 9 juin 2011. Mme B a séjourné régulièrement sur le territoire français du 31 octobre 2011 au 23 septembre 2016 en qualité de parent d'enfant français. Cette qualité reposant sur une fraude, le préfet a par arrêté du 23 septembre 2016 refusé de renouveler le titre de séjour de Mme B et prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Le 11 avril 2017, Mme B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au regard de l'état de santé de son fils né en 2007. Par arrêté du 26 octobre 2018, notifié le 14 novembre 2018, le préfet de l'Isère a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée d'une année. Le recours de Mme B contre ces décisions a été rejeté par jugement du tribunal de céans le 7 février 2019. Le 12 novembre 2019, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté le recours de Mme B contre ce jugement. Mme B s'est rendue en préfecture le 20 janvier 2021 afin de solliciter un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle conteste la décision verbale du préfet de l'Isère du 20 janvier 2021 refusant
d'enregistrer sa demande au motif qu'une interdiction de retour avait été prononcée à l'encontre de l'intéressée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 311-4 repris à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire et d'une interdiction de retour ne suffit pas à révéler un tel caractère.
3. Le préfet qui se borne à faire valoir que l'interdiction de retour prononcée à l'encontre de la requérante faisait obstacle à toute nouvelle demande de titre, ne justifie ni de l'identité de l'agent du guichet ayant pris la décision contestée, ni de l'existence de délégation de signature lui donnant compétence pour refuser d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme B. Ainsi, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour doit être regardée comme étant entachée d'incompétence et, pour ce motif, être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Aux termes qu'aux termes de l'article L 911-2 du code de justice administrative : " lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
5. L'annulation de la décision contestée implique seulement que le préfet de l'Isère se prononce à nouveau sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par Mme B. Il est enjoint au préfet de l'Isère de se prononcer sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par Mme B dans un délai de deux mois.
Sur les conclusions à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision verbale du préfet de l'Isère du 20 janvier 2021 refusant
d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Isère de se prononcer sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B, à Me Huard et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente rapporteure,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.
La présidente-rapporteure,
D. C
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
A. Triolet
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026