jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2100613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | JOIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2021, M. C et Mme D, représentés par Me Joie, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle la directrice territoriale de E et de l'Intégration (OFII) leur a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pendant le réexamen de leur demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur de E et de l'Intégration de leur faire une offre de prise en charge et de leur fournir les conditions matérielles d'accueil à compter de la date d'enregistrement de leur demande ;
3°) de mettre à la charge de E et de l'intégration une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que la décision :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'un défaut d'examen individuel de leur situation ;
- est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article R. 744-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'aucune offre ni information ne leur a été donnée ;
- est entachée d'erreur de droit en l'absence d'examen individuel et du vice de procédure ;
- méconnaît les dispositions de la directive n°2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, E et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
M. C et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Triolet a lu son rapport et constaté l'absence des parties.
1. M. C et Mme D, ressortissants géorgiens, nés respectivement en 1984 et en 1989, déclarent être entrés en France le 29 janvier 2019. Ils ont sollicité l'asile et ont obtenu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 14 février 2019. Leurs demandes d'asiles ont été rejetées en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 25 octobre 2019 et les conditions matérielles d'accueil ont alors pris fin. M. C a par ailleurs fait l'objet d'un refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 17 février 2020, vainement contesté devant ce tribunal puis la cour administrative d'appel de Lyon qui a statué le 11 mars 2021. M. C et Mme D ont sollicité de l'OFPRA le réexamen de leurs demandes le 1er octobre 2020 et ont demandé à bénéficier de nouveau des conditions matérielles d'accueil. Par la décision contestée du 15 décembre 2020, la directrice territoriale de l'OFII a rejeté cette demande. Par une ordonnance n°2100612 du 22 février 2021, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision et enjoint à l'OFII de proposer une offre de prise en charge à M. C et Mme D. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de ce refus rétablissement des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 744-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, E et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. () ".
3. Pour refuser la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'OFII s'est fondée sur la double circonstance que, d'une part, les requérants ont déjà vu leur demande d'asile rejetée et qu'ils demandent désormais un réexamen et, d'autre part, qu'après une nouvelle évaluation médicale, leur situation personnelle et familiale ne fait apparaître ni facteur particulier de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni besoins particuliers en matière d'accueil.
4. Toutefois, le fils des requérants, né en 2009, est atteint d'une dystrophie myopathique de Duchenne. Un compte-rendu médical pluridisciplinaire établi le 5 novembre 2020 indique qu'il " porte des orthèses cruro-jambières, à un fauteuil roulant électrique pour lequel la maman dépose que le corset est désormais trop étroit et des attelles qu'il ne met pas il ne se verticalise donc pas " ou encore que " il parvient en effet à se glisser d'un fauteuil à un lit, il ne peut pas se mettre debout ". Il est dès lors établi que cet enfant se déplace en fauteuil roulant. Ses parents bénéficient à ce titre d'une allocation d'éducation de l'enfant handicapé depuis le 18 septembre 2019. L'OFII n'est donc pas fondée à faire valoir, quand bien même son information aurait été incomplète, que cet enfant était en capacité de se déplacer à pied sur de courts trajets. Dès lors, en se fondant sur l'avis médical du médecin de l'OFII du 15 octobre 2020 qui évalue à 0 sur une échelle de 0 à 3, la situation de vulnérabilité de la famille, E et de l'Intégration a méconnu l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C et Mme D sont fondés à demander l'annulation de la décision par laquelle E et de l'intégration a refusé de les rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Le présent jugement implique, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait, d'enjoindre au directeur de E et de l'intégration, de rétablir les conditions matérielles d'accueil de M. C et Mme D à compter de leur demande en ce sens, dans un délai d'un mois à compter de sa notification.
Sur les frais liés au litige :
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce et alors que l'information fournie à l'OFII était incomplète, de condamner cet Office sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à E et de l'intégration, de rétablir M. C et Mme D dans leurs droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de leur demande de rétablissement, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B D, à E et de l'intégration, à Me Joie et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M. Villard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
A. Triolet
L'assesseur le plus ancien,
F. Doulat
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026