mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 février 2021 et 20 octobre 2022, Mme A demande au tribunal :
1°) d'annuler de l'arrêté 2020-58 par lequel la présidente du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme a fixé, au titre de l'année 2020, la liste d'aptitude pour l'accès au 2e grade du cadre d'emploi des rédacteurs par voie de promotion interne, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre de gestion de réexaminer sa situation et de l'inscrire sur la liste d'aptitude au titre de l'année 2020 dans un délai de 2 mois ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué:
- est entaché d'un vice de forme ;
- est entaché d'une erreur de droit dans l'application des critères établis pour la promotion interne ;
- est entaché d'un détournement de procédure visant à l'écarter du classement pour des considérations tenant à l'exercice de son mandat syndical.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme, représenté par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le centre de gestion soutient que :
- la requête est mal dirigée et tardive ;
- la requérante n'a pas intérêt à agir dès lors qu'elle a été inscrite sur la liste d'aptitude au titre de l'année 2021 ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par lettre du 27 octobre 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 17 novembre 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 17 mai 2023 par l'avis d'audience du même jour.
Vu :
- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n°2012-924 du 30 juillet 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fourcade,
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,
- et les observations de Me Deguerry, représentant le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A était titulaire du grade d'adjoint administratif principal de 1er classe. Le 20 décembre 2018, elle a réussi l'examen professionnel de rédacteur principal de 2e classe. Après avoir déposé, sans succès, un dossier de candidature en vue de son inscription sur la liste d'aptitude au titre l'année 2019, elle a renouvelé sa demande au titre de l'année 2020. Par la présente requête Mme A demande l'annulation de l'arrêté n° 2020-58 fixant la liste d'aptitude pour l'accès au grade de rédacteur principal de 2e classe au titre de l'année 2020, qui comporte les noms de trois fonctionnaires au nombre desquels elle ne se trouve pas.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Par un recours gracieux 2 novembre 2020, rejeté le 19 décembre 2020, la requérante a entendu contester l'arrêté n°2020-58 fixant, au titre de l'année 2020, la liste d'aptitude pour l'accès au 2e grade du cadre d'emploi des rédacteurs par voie de promotion interne. La circonstance qu'il existe deux versions du même arrêté l'une datée par erreur du 11 juillet 2019 et l'autre du 28 septembre 2020 est sans incidence sur la recevabilité de la présente requête.
3. La requérante dont il est constant qu'elle remplissait les conditions réglementaires pour figurer sur la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2020, justifie d'un intérêt à agir. La circonstance qu'elle ait été inscrite sur la liste établie au titre de l'année 2021 est sans incidence sur la recevabilité d'une requête contestant la liste établie au titre de l'année précédente.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
1. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige :" En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration () par la nomination de fonctionnaires () suivant l'une des modalités ci-après : / 1° Inscription sur une liste d'aptitude après examen professionnel ; / 2° Inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ". Aux termes de l'article 8 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " Pour l'établissement du tableau d'avancement prévu à l'article 80 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée et de la liste d'aptitude prévue à l'article 39 de cette même loi, il est procédé à une appréciation de la valeur professionnelle du fonctionnaire, compte tenu notamment : / 1° Des comptes rendus d'entretiens professionnels ; / 2° Des propositions motivées formulées par le chef de service ; / 3° Et, pour la période antérieure à la mise en place de l'entretien professionnel, des notations. / Les fonctionnaires sont inscrits au tableau d'avancement par ordre de mérite ou sur la liste d'aptitude. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont départagés par l'ancienneté dans le grade ".
2. Aux termes de l'article 3 du décret du 30 juillet 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux : " I. - Les rédacteurs territoriaux sont chargés de fonctions administratives d'application. Ils assurent en particulier des tâches de gestion administrative, budgétaire et comptable, et participent à la rédaction des actes juridiques. Ils contribuent à l'élaboration et à la réalisation des actions de communication, d'animation et de développement économique, social, culturel et sportif de la collectivité. / Les rédacteurs peuvent se voir confier des fonctions d'encadrement des agents d'exécution. / Ils peuvent être chargés des fonctions d'assistant de direction ainsi que de celles de secrétaire de mairie d'une commune de moins de 2 000 habitants. / II. - Les rédacteurs principaux de 2e classe et les rédacteurs principaux de 1re classe ont vocation à occuper les emplois qui, relevant des domaines d'activité mentionnés au I, correspondent à un niveau d'expertise acquis par la formation initiale, par l'expérience professionnelle ou par la formation professionnelle tout au long de la vie. / Ils peuvent à ce titre réaliser certaines tâches complexes de gestion administrative, budgétaire et comptable, être chargés de l'analyse, du suivi ou du contrôle de dispositifs ou assurer la coordination de projets. / Ils peuvent également se voir confier la coordination d'une ou de plusieurs équipes, et la gestion ou l'animation d'un ou de plusieurs services ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'inscription sur la liste d'aptitude établie au titre de la promotion interne pour l'accès au grade de rédacteur territorial principal de deuxième classe après la réussite d'un examen professionnel ne constitue pas un droit et relève d'une appréciation des mérites et de la qualité des services des fonctionnaires remplissant les conditions exigées pour l'inscription sur cette liste d'aptitude.
5. Il ressort tant des termes de la décision rejetant le recours gracieux de l'intéressée que du mémoire en défense produit pour le centre de gestion que celui-ci s'est fondé uniquement sur la date d'obtention de l'examen professionnel des candidats en privilégiant ceux l'ayant obtenu à la date la plus ancienne. En se fondant exclusivement sur un critère étranger à la valeur professionnelle et aux acquis de l'expérience professionnelle des agents, le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme a commis une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté 2020-58 par lequel le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme a établi la liste d'aptitude pour l'accès au 2e grade du cadre d'emploi des rédacteurs.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
7. Compte tenu de l'inscription de Mme A sur la liste d'aptitude établie au titre de l'année 2021, il n'y a pas lieu d'enjoindre au centre de gestion de réexaminer la situation de cette dernière. Par suite, les conclusions à fins d'injonction présentée par la requérante doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Mme A n'étant pas représentée par un avocat et ne justifiant pas des frais qu'elle a engagé au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administratives, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
9. Les conclusions présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté 2020-58 par lequel le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme a établi la liste d'aptitude pour l'accès au 2e grade du cadre d'emploi des rédacteurs au titre de l'année 2020 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme Frapolli, première conseillère,
Mme Fourcade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
F. FOURCADE
Le président,
JP. WYSSLe greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026