jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP GUIDETTI BOZZARELLI LE MAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 février 2021 et 7 mai 2021, M. B A et Mme C A demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner au maire de Tencin de modifier l'arrêté du 24 août 2020 par lequel il leur a délivré un arrêté de non opposition à déclaration préalable portant sur un ravalement de façade de l'immeuble situé au 799 avenue du Grésivaudan sur la parcelle cadastrée section OB n° 1 279, uniquement en tant qu'il est assorti d'une prescription contraire à celle figurant dans l'avis émis par l'architecte des bâtiments de France le 24 juillet 2020 s'agissant de l'enseigne installée en façade et de les autoriser à déposer ladite enseigne ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tencin une somme de 358,07 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la prescription, contraire à celle de l'architecte des bâtiments de France, est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à leur droit de propriété ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à leur liberté de religion ;
- elle cause un risque pour leur sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2021, la commune de Tencin, représentée par Me Bozzarelli, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la déclaration préalable ayant été déposée par M. A, Mme A, seule signataire de la requête, n'a pas intérêt à agir ;
- la décision attaquée ne fait pas grief;
- la requête n'a pas été précédée d'un recours préalable obligatoire auprès du préfet de région pour contester l'avis de l'architecte des bâtiments de France ;
- les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal sont irrecevables ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de M. et Mme A et de Me Bozzarelli, avocat de la commune de Tencin.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 août 2020, le maire de Tencin a délivré à M. A un arrêté de non-opposition à déclaration préalable portant sur le ravalement de la façade de l'immeuble situé au 799 avenue du Grésivaudan sur la parcelle cadastrée section OB n° 1 279 dont il est propriétaire. M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre la prescription figurant à l'article 2 de cet arrêté les contraignant à maintenir une enseigne en façade à la suite de ce ravalement. M. et Mme A demandent au tribunal d'enjoindre à la commune de modifier cette prescription et de les autoriser à déposer ladite enseigne.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, Mme A, dont il n'est pas contesté qu'elle est également propriétaire de l'immeuble situé au 799 avenue du Grésivaudan, a intérêt pour agir à l'encontre des prescriptions de l'autorisation accordée à son époux.
3. En deuxième lieu, si l'arrêté attaqué est favorable à M. et Mme A dans la mesure où il leur accorde l'autorisation sollicitée, les prescriptions qu'il comporte sont divisibles du reste de l'acte. Les requérants, qui demandent au tribunal d'enjoindre au maire de modifier la prescription de l'arrêté relative à l'ancienne enseigne et de les autoriser à déposer ladite enseigne, doivent être regardés comme demandant l'annulation partielle de l'arrêté en tant qu'il comporte une telle prescription. Celle-ci leur faisant grief, ils ont intérêt à en demander l'annulation.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus.() ".
5. En l'espèce, l'arrêté attaqué ne constitue pas une opposition à déclaration préalable fondée sur un refus d'accord de l'architecte des bâtiments de France, dont les requérants ne contestent d'ailleurs par la teneur. Par suite, la présente requête n'avait pas à être précédée d'un recours préalable obligatoire auprès du préfet de région.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des fins de non-recevoir opposées en défense doivent être écartées et que les requérants sont recevables à demander l'annulation de la prescription litigieuse.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Dans son avis du 24 juillet 2020, l'architecte des bâtiments de France donne son accord au ravalement de façade et indique que " l'ancienne enseigne et le caisson pourront être enlevés lors de ce ravalement de façade ". Contrairement à ce que soutient la commune de Tencin, il ne ressort ni de cet avis ni d'aucune autre pièce du dossier que cette prescription relative à l'enlèvement de l'enseigne et du caisson présentait un caractère temporaire et que l'enseigne avait vocation à être réinstallée après travaux. La commune de Tencin n'invoque en outre aucune disposition de nature à justifier légalement le maintien de cette enseigne. Par suite, en imposant dans l'arrêté attaqué la rénovation et la réinstallation de cette enseigne à l'issue des travaux, la commune de Tencin a déduit de l'avis de l'architecte de bâtiment de France une prescription qu'il ne comportait pas. Elle a ainsi entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.
8. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation partielle de l'arrêté attaqué. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ".
10. Les requérants demandent, en application de ces dispositions, la condamnation de la commune de Tencin à leur payer la somme de 358,07 euros. Il résulte toutefois de l'instruction que ces frais correspondent à une note d'honoraire d'avocat établie à une date antérieure à celle d'introduction de la présente instance. Ces frais n'ayant pas été engagés au titre de la présente instance, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 pour demander la condamnation de la commune de Tencin à leur paiement.
11. Leurs conclusions en ce sens doivent dès lors être rejetées.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demande la commune de Tencin au titre des frais exposés dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 août 2020 est annulé en tant qu'il impose de rénover et de replacer l'ancienne enseigne et le caisson après travaux.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à M. B A et à la commune de Tencin.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRYLa greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026