jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mars 2021, Mme C B épouse A et M. D A, représentés par Me Kujawa, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté d'opposition à déclaration préalable pris le 16 octobre 2020 par le maire de la commune de Revel ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Revel la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B et M. A soutiennent que c'est à tort que la commune de Revel a estimé que le règlement de la zone RG du PPRN, applicable à leur parcelle, était méconnu ; les travaux en cause, qui relèvent de l'aménagement interne des combles déjà existants, ne conduisent pas à une augmentation de la population exposée au risque au sens de ce texte ; il s'agit de travaux de confort visant à disposer d'espaces de vie plus confortables et plus faciles d'entretiens qui sont sans incidence sur le nombre potentiel d'occupant de la maison.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2021, la commune de Revel, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
La commune de Revel fait valoir que :
- le moyen de la requête n'est pas fondé ;
- la décision attaquée peut être justifiée par un second motif tiré de l'irrégularité des travaux de surélévation réalisés sans avoir été prévus par une autorisation d'urbanisme.
Par ordonnance du 9 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 9 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Paillet-Augey,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Fessler, représentant la commune de Revel.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme B, propriétaires de la parcelle cadastrée n°A373, d'une superficie de 541 mètres carrés, située au 121 chemin du Grand colon, sur le territoire de la commune de Revel, ont obtenu le 6 juillet 2010 un permis de construire pour la transformation de la toiture d'une à deux pentes de leur maison d'habitation de type R+1. Le 27 juillet 2020, ils ont déposé une déclaration préalable de travaux afin de transformer les combles ainsi créés en une surface de 18 mètres carrés à usage d'habitation et de régulariser la création de quatre fenêtres de toit. Le 16 octobre 2020, le maire de la commune de Revel a pris à leur encontre un arrêté d'opposition à déclaration préalable, dont ils sollicitent l'annulation à la suite du rejet, le 4 janvier 2021, de leur recours gracieux formé le 14 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la commune de Revel : " () Sont autorisés l'aménagement dans le volume existant, les extensions mesurées aux conditions définies au paragraphe IV.2 ci après, ainsi que le changement de destination des constructions existantes ".
3. Les plans de prévention des risques naturels prévisibles, définis aux articles L. 562-1 et suivants du code de l'environnement, précisent la nature des risques, les zones dans lesquelles ils sont susceptibles de se réaliser et les interdictions et les prescriptions qui en découlent, et sont directement opposables aux demandes d'utilisation des sols et aux opérations d'aménagement, nonobstant la circonstance que les plans locaux d'urbanismes, auxquels ils sont annexés, ne reprendraient pas lesdites interdictions et les prescriptions.
4. Aux termes du plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) de la commune de Revel annexé au PLU et daté de 2019, les parcelles situées en zone rouge (R) de la zone RG (glissement de terrain) sont interdites à la construction. Toutefois, aux termes de l'article 4 " Dispositions spécifiques dans les zones interdites à la construction " de ce texte, peuvent être autorisés sous réserve de ne pas aggraver les risques et ne pas en provoquer de nouveaux, d'une part, les extensions des constructions si elles sont limitées et nécessaires à des mises aux normes et conduisent à un renforcement de la sécurité des personnes et, d'autre part, les aménagements internes des constructions existantes sous réserve qu'ils ne conduisent pas à une augmentation de la population exposée au risque de glissement de terrain.
5. La parcelle cadastrée n° A373, terrain d'assiette des travaux, classée en zone agricole (" zone A ") du plan local d'urbanisme de la commune de Revel, approuvé le 10 septembre 2020 a été rendue inconstructible en raison de son classement en zone rouge (R) suite à l'entrée en vigueur, en 2019, du plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) de la commune de Revel.
6. Bien que les travaux prévus par la déclaration préalable en cause, aient pour objet de régulariser l'aménagement de combles pour un usage d'habitation d'une surface créée de plancher de 18 mètres carrés, l'augmentation de la surface habitable de l'immeuble ne conduit pas automatiquement à augmenter la population exposée au risque dans la zone. Dans ces conditions, le maire de la commune de Revel a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en opposant aux requérants un tel motif, qui sont fondés à soutenir que c'est à tort que la commune de Revel a considéré que les travaux ne rentrent pas dans la liste de ce qui est autorisé par le PPRN.
7. Toutefois, pour établir que l'arrêté attaqué du 16 octobre 2020 était légal, la commune de Revel fait valoir, dans son mémoire en défense, communiqué aux requérants, que sa décision pouvait également être justifiée par un second motif tiré de l'irrégularité des travaux de surélévation réalisés sans avoir été prévus par une autorisation d'urbanisme. La commune doit être regardée comme sollicitant une substitution de motifs implicite.
8. D'une part, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou de déclaration de travaux ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / () / e) Lorsque la construction a été réalisée sans permis de construire ; / () f) Dans les zones visées au 1° du II de l'article L. 562-1 du code de l'environnement ". En vertu de cet article, la prescription de dix ans ne s'applique pas aux constructions situées en zone à risque fort des PPRN où les constructions sont interdites ou autorisées sous réserve de prescriptions, comme c'est le cas en l'espèce.
10. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire délivré le 6 juillet 2010 autorisait uniquement la transformation de la toiture d'une à deux pentes alors que l'exécution des travaux a conduit à une surélévation non autorisée et donc irrégulière de cette toiture. Au regard de l'irrégularité de cette construction, la commune de Revel est fondée à s'opposer à la déclaration préalable des requérants. Par ailleurs, ainsi que le fait valoir la commune en défense, la prescription de l'article L. 111-2 précité du code de l'urbanisme ne trouve pas à s'appliquer en vertu du f) de cet article.
11. Les requérants n'ont pas été privés d'une garantie puisqu'ils ont été mis à même de critiquer le nouveau motif invoqué par la commune dans le cadre de son mémoire en défense et il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision d'opposition en se fondant sur ce motif. Par suite, il y a lieu d'accueillir la demande de substitution de motifs.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Revel, qui n'est pas la partie perdante, le versement aux requérants d'une somme à ce titre, les conclusions de ces derniers en ce sens doivent être rejetées.
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants une somme de 1 500 euros qu'ils paieront à la commune de Revel, au titre des frais non compris dans les dépens que cette dernière a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 :M. A et Mme B verseront à la commune de Revel une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A, à M. D A et à la commune de Revel.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Paillet-Augey Le président,
P. Thierry
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21013832
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026