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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2101385

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101385

mardi 11 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101385
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCOGNAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 mars 2021, le 29 septembre 2021 et le 26 octobre 2021, M. B F, M. L G, Mme D G, Mme N P, M. K J, M. O M, Mme E M, M. C I et M. A H, représentés par Me Fiat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2020 par lequel le maire de Seyssins a délivré à la société Grenoble Habitat un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble collectif de 29 logements, pour une surface de plancher totale de 2 144,70 m², sur un terrain situé 19 rue des Ciments, ensemble la décision du 20 décembre 2020 portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler le permis de construire modificatif délivré par un arrêté du 20 septembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Seyssins et de la société Grenoble Habitat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande est insuffisant dans la mesure où, d'une part, il ne mentionne pas la présence de plusieurs arbres sur le terrain d'assiette et, d'autre part, le document graphique ne permet pas d'apprécier l'insertion du bâtiment par rapport aux constructions existantes ;

- le dossier ne comporte aucune indication sur le nombre de logements familiaux, en méconnaissance de l'article R. 431-16-3 du code de l'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles d'implantation par rapport aux voies et emprises publiques fixées à l'article 4.1 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles d'implantation en limite séparative fixées à l'article 4.2 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas la règle de la hauteur maximale fixées à l'article 4.6 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles applicables aux toitures terrasses fixées à l'article 5.2 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas la proportion d'espaces verts et d'espaces de pleine terre fixée à l'article 6.2 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles applicables en matière de stationnement fixées aux articles 7.1.1 et 7.1.2 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles applicables en matière d'accès et de voirie fixées aux articles 8. 1 et 8.2 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme ;

- le projet ne respecte pas les règles applicables en matière de production d'énergie fixées à l'article 10 du règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme.

Par le mémoire enregistré le 29 septembre 2021, M. G et M. J déclarent se désister purement et simplement de leur requête.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mai 2021 et 14 décembre 2021, la commune de Seyssins, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir compte tenu de la localisation du projet ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 1er octobre 2021 et 10 mars 2022, la société Grenoble Habitat, représentée par Me Cognat, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir compte tenu de la localisation du projet ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par courrier du 21 juin 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation d'un vice affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.

Par un mémoire, enregistré le 23 juin 2023, la société Grenoble Habitat a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beytout,

- les conclusions de Mme André, rapporteure publique,

- et les observations de Me Fiat, avocate de M. F et autres, de Me Barnier, avocate de la commune de Seyssins et de Me Cognat, avocate de la société Grenoble Habitat.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 octobre 2020, le maire de Seyssins a délivré à la société Grenoble Habitat un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble collectif de 29 logements, pour une surface de plancher totale de 2 144,70 m², valant également permis de démolir un bâtiment existant à usage de bureaux, sur un terrain situé 19 rue des Ciments. Par un courrier du 4 décembre 2020 reçu le 7 décembre par la commune de Seyssins, M. F et autres ont formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté par une décision du 28 décembre 2020. Un permis de construire modificatif a été délivré à la société Grenoble Habitat par un arrêté du 20 septembre 2021. Par la présente requête, et dans le dernier état de leurs écritures, M. F et autres demandent l'annulation de l'arrêté du 5 octobre 2020, de la décision du 28 décembre 2020 et de l'arrêté du 20 septembre 2021.

Sur le désistement partiel :

2. Par un mémoire, enregistré le 29 septembre 2021, M. G et M. J déclarent se désister de leur requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ;

3. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. " Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / (). ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. En l'espèce, la notice et le document graphique d'insertion, complétés par les différents plans et documents graphiques fournis initialement et enrichis dans le dossier de demande de permis de construire modificatif, permettent d'apprécier les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages. En outre, un plan de masse spécifique a été ajouté au dossier de permis de construire modificatif faisant apparaître les plantations maintenues, supprimées ou créées et la notice a également été complétée de manière à permettre au service instructeur d'apprécier la compatibilité du projet avec l'OAP Paysages et biodiversité. Contrairement à ce que les requérants soutiennent, le mur de soutènement existant entre le terrain d'assiette du projet et celui sur lequel est situé le cabinet de kinésithérapie est bien repéré sur le plan de masse du permis modificatif. Par ailleurs, la circonstance que les villas des requérants n'auraient pas été représentées ou que l'arbre implanté devant le cabinet de kinésithérapie, hors du terrain d'assiette du projet, n'existe plus, n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur le respect des règles d'urbanisme par le projet. Le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire au regard des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-16-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la demande de permis de construire porte sur une opération de construction d'immeuble collectif de plus de douze logements ou de plus de huit cents mètres carrés de surface de plancher, située dans une commune faisant l'objet d'un arrêté au titre de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation, et en l'absence de dérogation préfectorale mentionnée à l'article L. 111-24 du code de l'urbanisme, le dossier de demande est complété par un tableau indiquant le nombre de logements familiaux et la part de ces logements familiaux correspondant à des logements locatifs sociaux définis à l'article L. 302-5 du code la construction et de l'habitation hors logements financés avec un prêt locatif social ".

8. En l'espèce, un tableau indiquant le nombre de logements familiaux et la part de ces logements familiaux correspondant à des logements locatifs sociaux a été fourni à l'appui de la demande de permis de construire modificatif. Le moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le respect des règles énoncées dans le règlement de la zone UC 3 du plan local d'urbanisme intercommunal de Grenoble Alpes Métropole :

9. En premier lieu, aux termes de l'article 4.1 du règlement de la zone UC 3 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " Sauf indication contraire mentionnée sur le document graphique D1 " Atlas des formes urbaines : implantations et emprises ", ou D2 " Atlas des formes urbaines : hauteurs ", la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus bas et le plus proche de l'alignement ou de la limite de fait opposés doit être au moins égale à la différence d'altitude entre ces deux points (L = H) ".

10. Il ressort des plans de coupe et du plan de masse fourni dans le dossier du permis de construire modificatif qu'au point le plus bas et le plus proche de la construction par rapport à l'alignement opposé, constitué par la bordure en béton de la rue des Ciments, la distance comptée horizontalement est de 11,49 m tandis que la hauteur du bâtiment, abaissée à l'occasion du permis de construire modificatif, est de 11,33 m. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.1 du règlement de la zone UC 3 doit dès lors être écarté.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4.2 du règlement de la zone UC 3 relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Règle générale : / Sauf indication contraire mentionnée sur le document graphique D1 "Atlas des formes urbaines : implantations et emprises ", les constructions doivent être implantées comme suit : / Sur une profondeur de 20 mètres pour le RDC et de 15 mètres à partir du R+1, comptés à partir de l'alignement ou de la limite de fait, les constructions doivent être implantées en fonction du contexte bâti existant en compatibilité avec les orientations de l'OAP Paysage et biodiversité : / soit sur au moins une des limites séparatives, / soit en retrait, à une distance comptée horizontalement entre tout point de la construction et le point le plus bas et le plus proche de la limite séparative considérée au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres (L = H/2, avec 4,00 m. mini.). / () Au-delà de la profondeur des 20 m citée ci-avant les constructions peuvent être implantées : / soit en limite à condition que leur hauteur sur limite n'excède pas 4 m. / soit à une distance comptée horizontalement entre tout point de la construction et le point le plus bas et le plus proche de la limite séparative considérée au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres (L = H/2, avec 4,00 m. mini.) ".

12. Il ressort des plans de coupe et du plan de masse fourni dans le dossier du permis de construire modificatif que la partie du projet située à 5,19 m de la limite séparative voisine ne culmine pas à 12,81 mais à seulement 1 m. La partie plus haute, d'une hauteur de 12,31 m, se situe à 7,63 m de distance du point le plus proche de la limite séparative. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté.

13. En troisième lieu, l'article 4.6 du règlement de la zone UC 3 dispose : " La hauteur maximale des constructions est limitée à : / 14 m au faîtage ou au sommet du dernier acrotère en cas de toiture terrasse sans dépasser R+3 ". Aux termes des règles communes du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal : " La hauteur totale (ou maximum) d'une construction, d'une façade, ou d'une installation correspond à la différence d'altitude entre tout point de la construction ou de l'installation et le point le plus bas situé à sa verticale. / Elle s'apprécie par rapport au niveau du terrain existant avant travaux, à la date de dépôt de la demande (se reporter à la définition du terrain existant avant travaux dans le lexique) ". Et le lexique du règlement du PLU précise que : " Les niveaux sont mesurés de la même façon que la hauteur à la verticale de chaque point de la construction par rapport au terrain naturel () Ne sont pas comptés en tant que niveaux : / - les parties de locaux et autres dépendances des constructions d'une hauteur inférieure à 1,80 m sous plafond ; / - les combles non aménageables sans fenêtre, / - les locaux en sous-sols semi enterrés dans la limite d'une émergence d'un mètre au-dessus du terrain naturel ".

14. Il ressort des différents plans du permis de construire modificatif que le bâtiment, qui a été enterré dans le terrain d'assiette de 50 cm supplémentaire par rapport au permis de construire initial, présente en tout point une hauteur inférieure à 14 m et trois niveaux au-dessus du rez-de-chaussée, y compris en façade sud où le niveau de stationnement semi-enterré n'émerge pas de plus d'un mètre par rapport au terrain naturel représenté dans les différents plans et conforme au terrain mesuré avant travaux en janvier 2020 ainsi qu'en atteste le géomètre-expert. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.6 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5.2 du règlement de la zone UC 3 relatif aux caractéristiques des façades et des toitures : " Les toitures terrasses sont autorisées à condition : / - qu'au moins 50% de la surface de la toiture soit végétalisée, sauf impossibilité technique liée à l'installation d'équipements utilisant l'énergie solaire (panneaux photovoltaïques, capteurs pour production d'eau chaude sanitaire etc) ou à un usage type agriculture urbaine, loisirs, restauration, nécessitant plus de 50% de la surface de la toiture ; / - que les garde-corps des toitures terrasses soient intégrés au couronnement de la toiture. / - que leur conception permette d'éviter la stagnation des eaux pluviales. / Ces conditions sont cumulatives ". Il dispose en outre que " Les panneaux solaires (thermiques ou photovoltaïques) posés en toiture doivent s'intégrer harmonieusement à la toiture en proportion et en hauteur notamment ".

16. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice du projet, complétée lors du dépôt de la demande de permis de construire modificatif, que la toiture terrasse présente une pente de 2% pour éviter la stagnation des eaux de pluie et qu'elle est en outre raccordée à un bassin d'infiltration de 23 m². Elle comporte en outre plus de 50 % de surface végétalisée. S'agissant des panneaux solaires, ils représentent une surface inférieure à 100 m² et il est prévu de les installer à l'arrière du bâtiment en retrait des garde-corps. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5.2 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté dans toutes ses branches.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6.2 du règlement de la zone UC3 relatif aux surfaces végétalisées ou perméables : " Ratios d'espaces végétalisés ou perméables et de pleine terre applicables / Il est rappelé que le pourcentage de pleine terre peut être inclus dans celui de la surface végétalisée ou perméable. / - Au moins 25% de la superficie de l'unité foncière doivent être traités en espaces de pleine terre. / - Au moins 35% de la superficie de l'unité foncière doivent être traités en surfaces végétalisées ou perméables ". Les règles communes du règlement du plan local d'urbanisme prévoit en outre une pondération en fonction de la nature des espaces végétalisés. Et le lexique précise au titre de la notion de pleine terre que : " Sont pris en compte pour la quantification des espaces de pleine terre : / - Les espaces libres non couverts, non bâtis ni en surface ni en sous-sol, permettant la libre infiltration des eaux pluviales et aménagés en espaces verts (pelouses, plantations). / - Les espaces situés au-dessus des canalisations et des bassins de rétention. Ne sont pas comptabilisés en espaces de pleine terre : / - Les surfaces situées au pied des arbres isolés, imposés sur les aires de stationnement et inférieures aux diamètres de fosses de plantation décrits dans l'OAP Paysage et Biodiversité, diamètres qui varient selon la taille des arbres et l'ambiance ".

18. En l'espèce, la superficie du terrain d'assiette est de 2 200 m2. Le projet doit donc comporter au moins 550 m2 d'espaces de pleine terre et au moins 770 m2 de surfaces végétalisées ou perméables. La notice complétée lors du dépôt du permis de construire modificatif propose le calcul des surfaces végétalisées suivant : " 552,4 m² (pleine terre) + 550,71 m² x 0,3 (toiture végétalisée) + 287,75 m² x 0,2 (places en dalles enherbées) = 775,16 m² pour 770 m² demandés ". Ce calcul est corroboré par un plan spécifique joint au dossier de demande de permis de construire modificatif, dans lequel il apparaît que la rampe d'accès au stationnement souterrain, réalisée en enrobé, n'est pas comptabilisée au titre des surfaces végétalisées, contrairement à ce que soutiennent les requérants. En outre, aucune disposition ne fait obstacle à ce que l'emplacement dédié au compostage soit intégré dans les espaces de pleine terre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6.2 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté.

19. En sixième lieu, aux termes de l'article 7.1 des règles communes du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des véhicules motorisés, auquel renvoie l'article 7 du règlement de la zone UC 3 : " Caractéristiques des places de stationnement / Les dimensions minimales d'une place de parking sont de 2,3 m de large et 5 m de long. / Cette disposition ne s'applique pas lorsque les places sont aménagées parallèlement aux voies de circulation. / Accès aux espaces de stationnement depuis la voirie publique. / Lorsque l'opération prévoit la réalisation de plus de 50 places de stationnement, les accès au parking doivent intégrer un espace permettant aux véhicules d'attendre l'ouverture des barrières ou du portail d'accès en dehors de la voirie publique. / Lorsque l'occupation future de l'opération nécessite l'accès à des véhicules de gros gabarit (poids lourds, bus), le projet doit intégrer les mesures nécessaires pour limiter leur impact sur la circulation. / Aménagement paysager et lutte contre l'imperméabilisation des sols / Les places de stationnement doivent être de préférence intégrées au bâtiment. / Toutefois, lorsque les places sont réalisées en surface et non couvertes, au moins 30% de la surface dédiée au stationnement (places et circulations) doit recevoir un traitement paysager permettant d'infiltrer les eaux pluviales et/ ou de végétaliser () Places adaptées aux personnes à mobilité réduite / Pour les bâtiments collectifs d'habitation, au moins 5% du total des places de stationnement à réaliser doivent être accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les caractéristiques de ces places doivent répondre aux obligations règlementaires en la matière ".

20. En l'espèce, il ressort du plan de masse et du plan du niveau de stationnement semi-enterré fourni dans le dossier de permis de construire modificatif que les 55 places de stationnement présentent les dimensions requises, qu'un espace permet aux véhicules d'attendre l'ouverture de la barrière d'accès au parking extérieur ou de la porte du stationnement souterrain en dehors de la voirie publique, que les places extérieures sont perméables et plantées d'arbres et qu'il est désormais prévu une place accessible aux personnes à mobilité réduite sur le parking extérieur et deux garages accessibles aux personnes à mobilité réduite dans le niveau semi enterré de la construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté.

21. En septième lieu, aux termes de l'article 8 des règles communes du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement des véhicules motorisés, auquel renvoie l'article 8 du règlement de la zone UC 3 : " Accès / Les caractéristiques des accès doivent être définies en fonction de l'importance et de la destination des constructions et installations à réaliser, notamment en ce qui concerne la sécurité, la commodité de la circulation et l'approche des moyens de lutte contre l'incendie. / Le nombre d'accès doit être limité au strict nécessaire. / Les accès doivent être localisés et configurés en tenant compte : / de la topographie et de la morphologie des lieux dans lesquels s'insère l'opération ; / de la nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse des véhicules, intensité du trafic) ; / du type de trafic généré par l'opération (fréquence journalières, nombre de véhicules accédant au terrain, type de véhicules concernés) ; / des conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules sur le terrain sans manœuvre sur la voie de desserte ().Voirie / Pour toute nouvelle opération d'aménagement, la voirie interne doit présenter des caractéristiques adaptées à l'importance et à la destination des constructions à desservir. Elle doit être dimensionnée de manière à permettre une circulation aisée des véhicules de secours et de services à savoir : / une largeur supérieure ou égale à 3 m, / une pente inférieure ou égale à 15%, / une hauteur libre supérieure ou égale à 3,50 m () ".

22. En l'espèce, si les deux accès au projet débouchent dans un virage de la rue des Ciments, il s'agit d'une rue située en zone agglomérée, où la circulation est limitée à 30 km/h et qui se termine en impasse non loin du projet. En outre, les deux accès disposent d'une zone d'attente et offrent une bonne visibilité, ce qui permet aux véhicules qui les empruntent de s'insérer sans danger dans la circulation. Enfin il ressort du formulaire CERFA et du plan de masse que la rampe d'accès au niveau semi enterré de stationnement présente une pente inférieure à 15 %. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 du règlement de la zone UC 3 doit être écarté.

23. En huitième et dernier lieu, aux termes de l'article 10 des règles communes du plan local d'urbanisme, auquel renvoie l'article 10 du règlement de la zone UC 3 : " () Toute construction nouvelle soumise à la règlementation thermique et dont la surface de plancher est supérieure ou égale à 1000 m2 doit produire, qu'elle soit située ou non dans le périmètre de classement des réseaux de chaleur : / - au minimum 20 kWhEF / m2 d'emprise au sol / an, pour les immeubles à vocation dominante d'habitat, les commerces et les équipements publics (hors bureaux) et tout autre bâtiment soumis à la règlementation thermique ; / - au minimum 40 kWhEF / m2 d'emprise au sol / an, pour les immeubles à vocation dominante de bureaux, y compris des administrations () ".

24. En l'espèce, la commune de Seyssins a produit en défense une attestation du maître de l'ouvrage portant sur la prise en compte des exigences en matière de production d'énergie par le projet, tamponné à la date du dépôt de la demande de permis de construire initial. Le contenu de cette attestation n'est pas contesté par les requérants. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 du règlement de la zone UC 3 doit dès lors être écarté.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Seyssins et de la société Grenoble Habitat, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais de l'instance.

27. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement des sommes que demandent la commune de Seyssins et la société Grenoble Habitat au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. G et de M. J.

Article 2 : La requête de M. F et autres est rejetée.

Article 3 : Les conclusions de la commune de Seyssins et de la société Grenoble Habitat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, à la commune de Seyssins et à la société Grenoble Habitat.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sogno, président,

Mme Beytout, première conseillère,

Mme Naillon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.

La rapporteure,

E. Beytout

Le président,

C. SognoLe greffier,

P. Müller

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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