LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2101419

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2101419

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2101419
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantYVER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 2 juin 2022, Mme C D épouse E, représentée par Me Yver, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté son recours gracieux du 15 décembre 2020 contre la décision du 30 novembre 2020 refusant l'imputabilité au service de sa maladie professionnelle ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble de fixer son taux d'incapacité permanente partielle à 25 % et de lui octroyer le bénéfice d'un congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) ou, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise judiciaire afin de déterminer le taux d'incapacité permanente partielle applicable ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la légalité externe :

- alors qu'il s'agit de décisions individuelles qui doivent être motivées, la décision initiale n'est pas motivée en droit et aucun texte n'est cité ; sa motivation en fait est trop succincte pour lui permettre de comprendre les raisons du refus et la simple référence à l'avis de la commission de réforme, sans que son procès-verbal ne soit joint, est insuffisante ; la décision implicite de rejet n'est pas motivée ; la décision explicite de refus du 21 mai 2021 ne lui apporte pas plus de précisions, même si elle est accompagnée du procès-verbal de la commission de réforme ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure : il lui a été interdit d'assister ou de se faire représenter à la commission de réforme, en méconnaissance de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 et de l'ordonnance n° 2020-347 du 27 mars 2020, prise en application de l'article 11 de la loi d'urgence sanitaire n° 2020-29 du 23 mars 2020, qui prévoyait la possibilité d'être entendue par visioconférence ;

- l'avis de la commission de réforme ne fait pas apparaître le nombre et le sens des votes, qui représentent une garantie pour l'agent concerné ;

- aucun médecin psychiatre n'était présent lors de cette séance en méconnaissance des articles 5 et 6 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 alors applicables ;

Sur la légalité interne :

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : le lien de causalité entre sa pathologie et son activité professionnelle est établi et n'est pas contesté ; elle n'a pas pu faire valoir ses arguments devant la commission de réforme, qui a déformé le sens des conclusions du médecin agréé, selon lesquelles un taux d'incapacité permanente partielle égal à 25 % aurait dû être retenu ; elle produit des certificats médicaux qui confirment ses dires ; c'est à tort que la rectrice lui oppose la possibilité de solliciter une contre-expertise, qui n'est prévue par aucune texte, sauf à l'initiative de l'administration ; l'administration ne pouvait pas solliciter un nouvel avis du médecin s'étant déjà prononcé sur le cas mais seulement solliciter un médecin qui n'avait pas encore été consulté et il ne peut être tenu compte de son nouvel avis ;

- elle est entachée d'une erreur de droit : c'est à tort que la rectrice dénie sa compétence à remettre en cause l'interprétation de la commission de réforme alors qu'elle n'est pas liée par cet avis.

Une mise en demeure a été adressée le 13 avril 2022 à la rectrice de l'académie de Grenoble.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la décision est motivée puisqu'elle reprend le motif du refus et si l'avis de la commission de réforme n'est pas joint, l'article 19 du décret n° 86-442 prévoit qu'il est communicable sur demande de l'agent ;

- le principe du contradictoire a été respecté : les dispositions combinées de l'article 19 du décret n° 86-442, de l'article 1er de l'ordonnance du 6 novembre 2014 et de l'ordonnance n° 2020-347 du 27 mars 2020, donnaient la possibilité à la commission de réforme d'entendre Mme E si elle l'avait jugé utile, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce ; Mme E et son conseil ont consulté son dossier administratif le 12 novembre 2020 et formé des observations écrites pour la commission le 13 novembre 2020 ;

- la commission de réforme a retenu un taux d'incapacité inférieur à 25 %, ne donnant pas droit à reconnaissance de sa maladie au titre de la maladie professionnelle en se fondant sur le rapport d'expertise du Dr A, sur le rapport du médecin de prévention du 18 mars 2020 et sur les documents communiqués par Mme E ; il ne relève pas de sa compétence de remettre en cause l'interprétation faite par les membres de la commission de réforme des conclusions médicales rendues par le docteur ; Mme E n'a pas sollicité de contre-expertise ; le Dr A a précisé son analyse par courrier du 30 janvier 2021, en indiquant que " il y a incapacité de 20% à la date de l'examen sauf évènement extraordinaire intercurrent ".

Par lettre du 30 août 2022, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 3 octobre 2022, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- l'ordonnance n° 2014-1329 du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial ;

- l'ordonnance n° 2020-347 du 27 mars 2020 adaptant le droit applicable au fonctionnement des établissements publics et des instances collégiales administratives pendant l'état d'urgence sanitaire ;

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Callot, rapporteur,

- les conclusions de M. Villard, rapporteur public,

- et les observations de Me Yver, représentant Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, professeure des écoles depuis le 1er septembre 2002, a été affectée à l'école primaire de La Pierre (Isère) le 1er septembre 2016. Victime d'un syndrome dépressif d'épuisement, elle a été placée en arrêts de travail à partir du 8 mars 2019, puis en congé maladie ordinaire. Elle a effectué une demande de congé d'invalidité temporaire imputable au service (CITIS) le 5 novembre 2019. Un psychiatre agréé a conclu à l'existence d'un lien de causalité entre son activité professionnelle et sa pathologie, sans lui reconnaître une incapacité permanente partielle supérieure à 25 %. La commission de réforme de l'Isère, réunie le 17 novembre 2020, a émis un avis défavorable à sa demande. Par décision en date du 30 novembre 2020, la rectrice de l'académie Grenoble a refusé l'imputabilité au service de sa maladie, décision contre laquelle Mme E a effectué un recours gracieux réceptionné par l'administration le 17 décembre 2020. Par une décision explicite, intervenue le 21 mai 2021, en cours d'instance, la rectrice de l'académie de Grenoble a confirmé son rejet. Cette décision s'est substituée à la décision implicite et les conclusions à fin d'annulation de Mme E doivent ainsi être regardées comme dirigées contre la décision initiale du 30 novembre 2020 et la décision de rejet de son recours gracieux du 21 mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article 47-6 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 précité : " La commission de réforme est consultée : () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". Aux termes de l'article 13 de ce même décret : " La commission de réforme est consultée notamment sur () 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée () ". Enfin, aux termes de l'article 19 de ce décret : " () Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'ordonnance du 27 mars 2020 visée ci-dessus adaptant le droit applicable au fonctionnement des établissements publics et des instances collégiales administratives pendant l'état d'urgence sanitaire : " A l'exception des organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs groupements, peuvent procéder à des délibérations dans les conditions prévues par l'ordonnance du 6 novembre 2014 susvisée et ses mesures réglementaires d'application, à l'initiative de la personne chargée d'en convoquer les réunions, (). Il en va de même pour les commissions administratives et pour toute autre instance collégiale administrative ayant vocation à adopter des avis ou des décisions () ". La progression de l'épidémie a conduit à l'adoption d'un décret du 14 octobre 2020 déclarant l'état d'urgence sanitaire à compter du 17 octobre 2020 sur l'ensemble du territoire national sur le fondement des articles L. 3131-12 et L. 3131-13 du code de la santé publique, dont la prorogation a été autorisée par la loi du 14 novembre 2020.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a été informée par des courriers des 26 octobre 2020 et 9 novembre 2020 que la commission de réforme statuerait sur sa demande lors de sa séance du 17 novembre 2020. Si ces courriers l'informaient de la possibilité de prendre connaissance de son dossier médical et administratif et de contacter les représentants syndicaux devant siéger à cette commission, ils précisaient également qu'en raison de la situation sanitaire, elle ne pourrait assister à la séance de la commission. Ainsi, si Mme E a consulté son dossier administratif le 12 novembre 2020 et formé des observations écrites devant la commission le 13 novembre 2020, en revanche, en méconnaissance des dispositions précitées, Mme E n'a pas pu participer à la commission de réforme et y présenter des observations orales.

5. Or, si, eu égard à la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, il était loisible à l'administration d'organiser la commission de réforme à distance et d'inviter la requérante à y participer par le biais d'un système de visio-conférence dans les termes prévus par l'ordonnance n° 2014-1329 du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial, il ne résulte d'aucune de ces dispositions que la commission pouvait refuser à l'intéressée la possibilité de se faire entendre par les membres de cette commission. Dans ces conditions, Mme E est fondée à soutenir que la décision attaquée l'a privée d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière doit être accueilli.

6. Il résulte de qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête que la décision du 30 novembre 2020 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a refusé de reconnaître comme imputable au service la maladie professionnelle de Mme E doit être annulée, ensemble la décision du 21 mai 2021 rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le moyen retenu par le présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint à l'administration de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie professionnelle dont se prévaut la requérante. Il en résulte que Mme E est seulement fondée à demander qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble de réexaminer sa demande. Il convient de prescrire ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la date de notification de la présente décision.

Sur les frais d'instance :

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 30 novembre 2020 de la rectrice de l'académie de Grenoble est annulée, ensemble la décision du 21 mai 2021 rejetant le recours gracieux.

Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble de procéder au réexamen de la demande de Mme E dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Mme E une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la rectrice de l'académie de Grenoble.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Triolet, présidente,

M. Callot et M. B, premiers conseillers,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.

Le rapporteur,

A. Callot

La présidente,

A. Triolet

La greffière,

J. Bonino

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions