jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ATHON - PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 4 mars 2021, 5 novembre 2021, 3 mars 2022 et 20 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Athon-Perez demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la Banque de France à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
2°) d'assortir les sommes que l'Etat sera amené à lui verser des intérêts légaux à compter de la réclamation préalable et à leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la Banque de France a manqué à son devoir de loyauté en appliquant à la succursale d'Annecy des consignes différentes des consignes nationales qui ont été appliquées dans d'autres succursales et en donnant des motifs fallacieux pour justifier le refus d'annulation des congés ;
- la Banque de France ne justifie pas de la différence de traitement entre les succursales d'Annecy et Chambéry ;
- la Banque de France a fait un traitement différencié des agents selon ses succursales méconnaissant le principe d'égalité de traitement entre les agents publics ;
- la Banque de France a manqué à son devoir de protection de la santé et de la sécurité de ses agents ;
- il a subi un préjudice moral évalué à 20 000 euros résultant du sentiment de trahison de la direction qui a refusé l'annulation de congés alors qu'il supportait une surcharge de travail importante et du comportement adopté par la Banque de France en réponse à ses alertes.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 septembre 2021, 13 décembre 2021 et 23 mars 2022, le gouverneur de la Banque de France, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet.
Il soutient que :
- le refus d'annulation de congés concernant un tiers, la requête de M. A est irrecevable ;
- la Banque de France n'a pas commis de faute : le devoir de loyauté a été respecté, le refus d'annulation du congé entrant dans le pouvoir d'organisation du chef de service ; les succursales de la Banque de France sont dans des situations différentes au regard du nombre d'agents qui les composent et de leur activité ce qui justifie des différence de traitement en matière d'annulation des congés ; la Banque de France n'a pas méconnu ses obligations en matière d'hygiène et sécurité en maintenant les congés de manageurs qui avaient besoin de repos et des mesures proposées à M. A pour alléger sa charge de travail ;
- M. A n'établit pas une charge de travail excessive sur la période et ne démontre pas l'existence d'un préjudice direct et certain.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doulat,
- les conclusions de M. Villard, rapporteur public ;
- les observations de Me Athon-Perez représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A occupe les fonctions d'adjoint au responsable du service entreprises de la succursale de la Banque de France à Annecy depuis le 23 mai 2016. Dans le contexte de la crise sanitaire, une collègue a proposé d'annuler sa semaine de congés du 20 au 24 avril 2020 afin de venir en aide à M. A mais cette annulation a été refusée par la direction de la succursale d'Annecy. Estimant ce refus injustifié au regard de la surcharge de travail du service et des consignes nationales, M. A a alerté sa hiérarchie directe et la direction régionale. Il demande par la présente requête la condamnation de la Banque de France à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation de son préjudice moral à la suite de ce refus.
Sur la faute de l'administration :
2. M. A soutient que la Banque de France aurait manqué à son devoir de loyauté et au principe d'égalité de traitement entre agents en laissant la succursale d'Annecy refuser d'annuler des congés en méconnaissance des consignes nationales, appliquées dans d'autres succursales. Il fait en outre valoir que ce refus, alors que le service était surchargé en raison de la crise sanitaire, a entraîné un surcroît de travail pour les autres agents et porté atteinte au devoir de protection de la santé et de la sécurité des agents.
3. Toutefois, le choix d'annuler ou non des congés relève du pouvoir d'organisation des chefs de service. La seule circonstance que des congés aient pu être annulés dans d'autres succursales, en fonction des besoins et spécificités de chacune, ne saurait caractériser une atteinte au principe d'égalité de traitement des agents. Alors même que M. A était confronté à une importante charge de travail et que le motif alors invoqué de consignes nationales s'est avéré inexact, ce refus d'annuler une semaine de congé d'une personne, ne caractérise pas une déloyauté fautive dans l'exécution du contrat de travail du requérant. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction qu'à lui seul, ce refus précis et circonscris aurait porté atteinte à la santé et à la sécurité des agents du service ou de M. A en particulier.
4. Il résulte de ce qui précède qu'aucune faute n'étant imputable à la Banque de France, les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Banque de France, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au gouverneur de la Banque de France.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller,
M. Doulat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
F. DOULAT
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre en charge de l'économie et des finances, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026