mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHOLAERT & IVANOVITCH AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée 5 mars 2021 et des mémoires enregistrés le 11 mai 2021, le 29 juin 2021, le 30 juin 2022 et le 27 février 2024, M. A C, désormais représenté par Me Muller-Kapp, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir :
- l'arrêté du 26 février 2020 par lequel le préfet de la Drôme lui a, sur le fondement de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure, ordonné de se dessaisir des armes de catégorie C en sa possession dans un délai de 3 mois ;
- la décision du 20 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Drôme a refusé de retirer cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de supprimer son inscription au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes dans le délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement sous astreinte journalière de 50 euros ;
3°) de condamner l'Etat au paiement d'une indemnité de 5 000 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions en litige ont été signées par une autorité incompétente ;
- ces décisions sont entachées d'erreur de fait ;
- elles sont entachées d'erreur d'appréciation au regard des critères prévus par l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure ;
- l'illégalité de ces décisions lui a causé un préjudice moral évalué à 1 000 euros.
Le préfet de la Drôme a présenté quatre mémoires en défense, enregistrés le 16 avril 2021, le 14 juin 2021, le 23 juillet 2021 et le 14 septembre 2023, par lesquels il conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 janvier 2021 sont irrecevables car dirigées contre une décision purement confirmative ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires présentées par M. C faute de liaison du litige.
M. C a répondu par mémoire enregistré le 3 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;
- et les observations de Me Muller-Kapp, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à une rixe qui s'est déroulée le 9 février 2019 en présence de M. C au cours de laquelle l'un des belligérants a été blessé, le préfet de la Drôme lui a, par arrêté du 26 février 2021, ordonné de se dessaisir des armes de catégorie C en sa possession dans le délai de 3 mois. Relaxé par jugement du tribunal judiciaire de Privas du 27 novembre 2020 des faits de violences commises en réunion suivies d'incapacité supérieure à 8 jours pour lesquels il était poursuivi, M. C a demandé au préfet de la Drôme le retrait de cet arrêté. Dans la présente instance, il en demande l'annulation pour excès de pouvoir, ensemble le refus opposé le 20 janvier 2021 à sa demande de retrait ainsi que la condamnation de l'Etat au paiement d'une indemnité de 5 000 euros en réparation du préjudice moral que l'illégalité fautive de ces deux décisions lui a causé.
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir :
2. Aux termes de l'article R. 312-16 du code de la sécurité intérieure sur lequel se fonde l'arrêté du 26 février 2020 : " L'autorisation prévue à l'article R. 312-21 peut être retirée, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, par le préfet territorialement compétent ".
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 26 février 2020
3. Comme indiqué au point 1, M. C a été relaxé des faits de violence en réunion suivie d'incapacité supérieure à 8 jours commis le 9 février 2019 pour lesquels il était poursuivi par jugement du tribunal judiciaire de Privas du 27 novembre 2020. Il est donc fondé à soutenir qu'en se fondant sur ces seuls faits pour estimer que la circonstance qu'il détenait plusieurs armes de catégorie C était susceptible de porter atteinte à l'ordre public et à la sécurité des personnes, le préfet de la Drôme a entaché l'arrêté du 26 février 2020 d'erreur d'appréciation. Il y a donc lieu de prononcer l'annulation pour excès de pouvoir de cette décision.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 20 janvier 2021
4. La décision du 20 janvier 2021 est intervenue suite à une demande de M. C tendant au retrait de l'arrêté du 26 février 2020 fondée sur une circonstance de droit nouvelle, sa relaxe par jugement du tribunal judiciaire de Privas rendu le 27 novembre 2020. Cette décision ne saurait donc s'analyser comme un refus purement confirmatif du rejet, par le ministre de l'intérieur, le 7 juillet 2020, du recours hiérarchique formé par M. C contre l'arrêté du 26 février 2020 mais doit être regardée comme un acte décisoire. Il en résulte que la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Drôme doit être écartée.
5. D'après l'enquête administrative diligentée à la demande du préfet de la Drôme par la compagnie de gendarmerie départementale de Romans-sur-Isère, le requérant serait, d'après l'appréciation portée par le maire de sa commune de résidence, " une personne impulsive voire sanguine dans ses propos ". Par ailleurs, le rapport de l'office français de la biodiversité du 18 mars 2021, d'une part, fait état de rumeurs concernant des actes de chasse illégaux commis par le requérant et de problèmes relationnels qu'il rencontrerait avec d'autres chasseurs de la commune de Saint-Vincent-de-Dufort et, d'autre part, relate un échange verbal vif entre l'intéressé et deux agents de ce service le 24 novembre 2019. Toutefois, de tels faits et indications sont trop ténus, ponctuels, véniels et pour certains non établis pour permettre de considérer que la détention d'armes de catégorie C par le requérant serait de nature à constituer une menace pour l'ordre public ou la sécurité des personnes au sens des dispositions citées au point 2. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation entachant la décision du 20 janvier 2021 doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 février 2020 et la décision du 20 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. L'annulation prononcée au point 6 implique nécessairement, eu égard à ses motifs et par application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de la Drôme de supprimer l'inscription de M. C au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes. Il y a lieu de lui impartir, pour ce faire, un délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer d'astreinte.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
9. Faute pour M. C de justifier de l'envoi, au préfet de la Drôme, d'une demande indemnitaire préalable, les conclusions qu'il présente en ce sens devant le tribunal doivent, par application des dispositions citées au point précédent, être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais du litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 février 2020 par lequel le préfet de la Drôme a ordonné à M. C de se dessaisir des armes de catégorie C en sa possession et la décision du 20 janvier 2021 par laquelle le préfet de la Drôme a refusé de retirer cet arrêté sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Drôme de supprimer l'inscription de M. C au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes dans le délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller ;
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101585
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026