mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique 5 |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 mars 2021, 17 juin 2021, 13 août 2021 et 18 octobre 2021, Mme D B, représentée par Me Ivanovitch, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté de péril ordinaire du 7 janvier 2021 adopté par le maire de la commune d'Etoile-sur-Rhône ;
2°) d'enjoindre au maire d'Etoile-sur-Rhône de prendre un arrêté de péril ordinaire à l'attention de l'ensemble des propriétaires mitoyens (à savoir Mme B et les consorts E), en ordonnant la seule consolidation ou la seule démolition du mur de clôture construit en limite de propriété des parcelles cadastrés section ZK n° 287-275 et 276-288, sous dix jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune d'Etoile-sur-Rhône à lui verser la somme de 1 906,68 euros ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Etoile-sur-Rhône la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle maintient ses conclusions indemnitaires ;
- l'arrêté du 7 janvier 2021 est entaché d'une insuffisance de motivation en ce qu'il ne permet pas d'identifier clairement le mur litigieux, les propriétaires et les désordres qui l'affectent ;
- il prescrit des mesures conservatoires uniquement à son encontre alors que le mur en cause est mitoyen ;
- les travaux prescrits par l'arrêté du 7 janvier 2021 excèdent les travaux pouvant être ordonnés au titre d'un arrêté de péril ordinaire au sens de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 7 janvier 2021 lui a causé un préjudice moral dont elle est fondée à demander réparation à hauteur de 1 500 euros ;
- elle sollicite le remboursement de la somme de 324,18 euros correspondant à la moitié des frais d'expertise et la somme de 82,50 euros correspondant à la moitié des frais de mise en sécurité du mur en cause.
Par des mémoires en défense enregistrés les 6 mai 2021 et 22 septembre 2022, la commune d'Etoile sur Rhône, représentée par Me Blanc, conclut, dans le dernier état de ses écritures au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction, au rejet des conclusions indemnitaires ainsi qu'à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- l'arrêté attaqué a été retiré par arrêté du 1er septembre 2021 devenu définitif ;
- les conclusions indemnitaires sont, à titre principal, irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable. A titre subsidiaire, elles doivent être rejetées dès lors qu'elle a suivi les préconisations de l'expert, que la requérante n'a jamais contesté que le mur présentait une situation de péril et qu'elle ne saurait être responsable d'un litige de voisinage.
Par un courrier du 30 septembre 2021, les parties ont été informées, qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de soulever un moyen d'ordre public tiré du désistement d'office de la requête en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
Par un courrier du 12 juin 2023, les parties ont été informées, qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de soulever un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité, en raison de l'exception de recours parallèle, des conclusions indemnitaires tendant à la réparation de la somme de 324,18 euros présentées par Mme B dès lors que cette somme mise à sa charge par un titre exécutoire émis le 11 décembre 2020 aurait pu être obtenue dans le cadre du recours prévu par l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire d'une maison d'habitation sise 9 impasse du Vivarais à Etoile-sur-Rhône sur les parcelles cadastrées section ZK n°287 et 275. A la suite de l'expertise diligentée par le tribunal, le maire d'Etoile-sur-Rhône a adopté le 16 novembre 2020 un arrêté de péril imminent concernant un mur de clôture construit en limite de propriété des parcelles cadastrés section ZK n° 287-275 et 276-288 et mettant notamment en demeure Mme B d'établir un périmètre de sécurité dans un délai de 24 heures et de mettre en place des étais ou contreforts côté nord pour assurer la stabilité du mur dans le délai d'une semaine suivant la notification de l'arrêté. Les mesures ayant été réalisées, la procédure de péril ordinaire a ensuite été suivie par la commune. Par arrêté n°2021-006 du 7 janvier 2021, le maire de la commune d'Etoile-sur-Rhône a pris un arrêté de péril ordinaire et a mis en demeure Mme B de missionner une entreprise spécialisée en maçonnerie pour procéder à la démolition complète du mur, à sa reconstruction et à la réalisation d'un enduit côté Nord. Un titre exécutoire émis le 11 décembre 2020 d'un montant de 648,36 euros correspondant aux frais d'expertise a également été adressé à Mme B.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté ".
3. Par une ordonnance n°2101603 du 13 avril 2021, adressée le 16 avril 2021 au conseil de la requérante via l'application Télérecours citoyen et dont il a accusé réception le 19 avril 2021, le juge des référés du tribunal a rejeté, pour défaut de moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 7 janvier 2021, la requête de Mme B tendant à la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de cet arrêté. Mme B, qui n'a pas exercé de pourvoi en cassation contre cette ordonnance, n'a pas, dans le délai d'un mois fixé par les dispositions précitées de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, confirmé le maintien de ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté. Si, dans le cadre de la présente instance, la requérante a produit des mémoires enregistrés les 17 juin 2021, 13 août 2021 et 18 octobre 2021, ces mémoires n'ont pas été produits dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance du 13 avril 2021, de sorte qu'ils ne peuvent faire obstacle au désistement des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2021 et, par voie de conséquence des conclusions accessoires à fin d'injonction dont il doit être donné acte en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
5. La requérante soutient avoir subi un préjudice moral d'un montant de 1 500 euros et un préjudice financier de 82,50 euros correspondant à la moitié du montant de la facture de la SAS Etoile Construction du 24 novembre 2020 relative aux frais de mise en sécurité du mur ordonnée par l'arrêté du 16 novembre 2020. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante a formé une réclamation préalable auprès de la commune d'Etoile-sur-Rhône ayant fait naître une décision. Dès lors, à défaut de liaison du litige, ces conclusions indemnitaires sont irrecevables.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite () ".
7. En application de la règle de l'exception de recours parallèle, la possibilité qu'a le contribuable de contester un titre exécutoire exclut qu'il puisse, par une action purement indemnitaire, présenter une demande tendant à l'obtention des sommes mises à sa charge par ce titre. Dès lors, les présentes conclusions indemnitaires de Mme B tendant au remboursement de la somme de 324,18 euros qui ont le même objet que les conclusions qu'elle aurait dû former, selon les règles de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales applicables à un tel contentieux, à l'encontre du titre exécutoire émis à son encontre le 11 décembre 2020 sont irrecevables.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Etoile-sur-Rhône, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par la requérante, non compris dans les dépens.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B, la somme que demande la commune d'Etoile-sur-Rhône, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'annulation et des conclusions à fin d'injonction de la requête de Mme B.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :Les conclusions présentées par la commune d'Etoile-sur-Rhône au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à commune d'Etoile-sur-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La magistrate désignée,
A. C
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026