jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101635 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2021, Mme A, représentée par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 octobre 2020 par laquelle la directrice territoriale de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil à compter du 11 septembre 2020 et à défaut de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement, l'ensemble sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 31 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que la décision :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle s'est toujours conformée aux exigences des autorités chargées de l'asile ;
- méconnaît l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les articles L. 744-1 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2023, l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C et les observations de Me Marcel, représentant Mme A.
1. Mme A, ressortissante guinéenne née en 1995, dit être entrée sur le territoire français le 7 décembre 2017. Elle a déposé en préfecture de l'Isère le 5 mars 2018 une demande d'asile qui a été instruite en procédure Dublin. Le même jour, elle a accepté les conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 15 février 2020, l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par courrier du 26 octobre 2020, Mme A a sollicité le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil qui a été refusé par une décision du 30 octobre 2020. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile et applicable en l'espèce dès lors que les conditions matérielles d'accueil ont été accordées avant le 1er janvier 2019 : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile () n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités () ".
3. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
4. Pour refuser de rétablir les conditions matérielles d'accueil, l'OFII a relevé, dans la décision en litige du 30 octobre 2020, que les motifs évoqués par la requérante ne justifiaient pas des raisons pour lesquelles elle n'avait pas respecté les obligations auxquelles elle avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII, et que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne faisait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du CESEDA, ni de besoins particuliers en matière d'accueil.
5. En premier lieu, la décision prise au visa des articles L. 744-1 et L.744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui se fonde sur les motifs énoncés au point précédent permet à la requérante de contester utilement. Elle est, par suite, suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, alors même que par jugement du 27 octobre 2018 ce tribunal a rejeté le recours de Mme A contre l'arrêté du 22 octobre 2018 ordonnant sa remise aux autorités espagnoles, la requérante ne s'est pas présentée à l'embarquement du vol prévu le 19 novembre 2018. Dès lors, Mme A qui n'allègue pas avoir exécuté cet arrêté de transfert, n'est pas fondée à soutenir que l'OFII a entaché sa décision d'erreur de fait en retenant qu'elle a manqué aux obligations auxquelles elle avait consenti lors de l'acceptation de l'offre.
7. En troisième lieu, si Mme A conteste le refus de rétablissement, elle ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui concernent le refus initial ou le retrait des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En quatrième lieu, Mme A soutient que l'OFII n'a pas pris en compte sa vulnérabilité avant de lui refuser le rétablissement de son droit aux conditions matérielles d'accueil. Cependant, en se bornant à faire valoir qu'elle est sans ressource ni hébergement dans sa demande de rétablissement, alors qu'elle a attendu l'expiration du délai de transfert de dix-huit mois pour présenter sa demande aux services de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration et qu'elle ne fait pas valoir de problèmes de santé dans sa demande de rétablissement, Mme A n'apporte aucun élément qui démontre qu'elle serait dans une situation de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, l'OFII n'a pas entaché sa décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil d'erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Marcel et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M. Villard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
A. C
L'assesseur le plus ancien,
F. Doulat
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026