jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP FIDUCIAL BY LAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2021, la société civile de construction vente (SCCV) l'Odyssée, représentée par Me Lamouille, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre n°21 émis par le syndicat intercommunal de l'Edioulaz (SIDEL) pour le recouvrement de la participation pour le financement de l'assainissement collectif à hauteur de 165 684,67 euros ;
2°) de mettre à la charge du SIDEL la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recette en litige méconnaît l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration faute de mentionner l'identité de l'agent comptable en charge du recouvrement et faute de signature de ce dernier ;
- il n'est pas suffisamment motivé car il ne précise pas les bases de liquidation ;
- son montant méconnaît le plafond légal fixé par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique ;
- il est dépourvu de base légale compte tenu de l'illégalité de la délibération du 24 juillet 2012 sur laquelle il se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2021, le SIDEL, représenté par Me Karpenschif, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Mme Bailleul a été désignée rapporteur public en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Bailleul, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lamouille représentant la SCCV l'Odyssée et de Me Romatier représentant le SIDEL.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV l'Odyssée, société civile de construction vente, a réalisé, après obtention d'un permis de construire le 27 avril 2017, un ensemble immobilier de 71 logements sur le territoire de la commune de Fontcouverte-la-Toussuire (73). Le 28 août 2020, le président du SIDEL a émis à son encontre un titre de perception d'un montant de 165 684,67 euros en vue du recouvrement de la participation pour le financement de l'assainissement collectif. Dans la présente instance, la SCCV l'Odyssée en demande l'annulation.
2. Aux termes du deuxième alinéa du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ".
3. Le comptable public n'étant pas l'autorité émettrice des titres de recettes des établissements publics de coopération intercommunale, ses nom, prénom, qualité et signature n'ont pas à figurer sur ces titres, les dispositions citées au point précédent réservant cette exigence formelle aux seuls ordonnateurs.
4. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. / () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
5. En l'espèce, la SCCV l'Odyssée a été rendue destinatrice précédemment à l'émission du titre en litige, le 7 août 2020, d'un courrier lui précisant les bases de liquidation de la somme de 165 684,67 euros qui lui est réclamée.
6. Il résulte des éléments exposés aux points 2 à 5 que le vice de forme entachant le titre en litige doit être écarté dans ses deux branches.
7. Aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par () le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif / () / Cette participation s'élève au maximum à 80 % du coût de fourniture et de pose de l'installation mentionnée au premier alinéa du présent article, diminué, le cas échéant, du montant du remboursement dû par le même propriétaire en application de l'article L. 1331-2".
8. La société requérante se borne à soutenir que le montant de la participation exigée par la commune, de 37 euros par m2, excessif, méconnaîtrait le plafond de 80% institué par les dispositions citées au point précédent. Elle n'apporte toutefois aucun élément au soutien de l'estimation de 20 000 euros HT qu'elle évoque pour la fourniture et la pose d'une installation individuelle pour la collecte et le traitement des eaux usées de l'ensemble immobilier qu'elle a fait édifier. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. La redevance instituée par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique vise à compenser l'économie réalisée par les propriétaires de constructions à l'occasion de leur raccordement au réseau public de collecte et traitement des eaux usées, opération qui les dispense de la pose d'installations individuelles. Par suite, si son montant peut varier en fonction des différents types de constructions nouvellement créées, l'instauration de modulations tarifaires ne peut être fondée que sur la prise en compte des quantités d'eaux usées générées par chaque catégorie de bâtiments et, partant, sur les économies réalisées par les propriétaires compte tenu de l'importance respective des installations individuelles qu'ils auraient dû construire sans un raccordement au réseau public d'assainissement.
9. En l'espèce, la société requérante, qui ne produit d'ailleurs aucun élément à l'appui de ses affirmations, ne saurait sérieusement contester que les quantités d'eaux usées générées par des constructions collectives d'habitation sont supérieures à celle de constructions individuelles. Il s'ensuit que la différence tarifaire instituée par la délibération du SIDEL du 24 juillet 2012 entre ces deux types de construction, y compris l'exonération prévue par ce même acte au profit des 22 premiers m2 de surface de plancher des seules constructions individuelles, ne porte pas atteinte au principe d'égalité qui régit l'instauration de la participation pour le financement de l'assainissement collectif. Le moyen correspondant doit donc être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCCV l'Odyssée doivent être rejetées.
11. Eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, les conclusions que la SCCV l'Odyssée présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il en va de même, dans les circonstances de l'espèce, des conclusions présentées par le SIDEL sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV l'Odyssée est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le SIDEL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile de construction vente l'Odyssée et au syndicat intercommunal de l'Edioulaz.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°2101834
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026