mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2101965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | STARK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2021, M. A, représenté par Me Stark, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande tendant à la révision de sa pension militaire de retraite ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées d'établir un nouveau titre de retraite et de procéder au versement des arriérés dus à compter du 25 novembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 850 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que la décision attaquée méconnaît l'article L.35 du code des pensions civiles et militaires de retraite et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son invalidité absolue et définitive a été reconnue et qu'il n'a pu continuer à travailler après sa mise à la retraite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2021, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Le ministre des armées fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2023.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Triolet, présidente rapporteure,
- les conclusions de M. Callot, rapporteur public,
- et les observations de Me Stark, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, caporal-chef de l'armée de Terre exerçant la fonction d'aide-soignant, a été radié des contrôles d'office au terme d'un congé complémentaire de reconversion par arrêté du ministre de la défense et des anciens combattants du 30 juin 2012. Par un arrêté du 25 juin 2012, il a obtenu la concession d'une pension de retraite à compter du 1er juillet 2012. Le 25 novembre 2020, il en a demandé la révision sur le fondement de l'article L. 35 du code des pensions en se prévalant de ce que son taux d'invalidité avait été porté à 60%. Par la décision attaquée du 2 février 2021, le ministre des armées a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 35 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " La pension attribuée aux militaires visés à l'article L. 6 mis à la retraite pour infirmités d'un taux au moins égal à 60 % les rendant définitivement incapables d'accomplir leur service ne peut être inférieure à 50 % des émoluments de base. / Ce montant minimum, accru de la pension du code des pensions militaires d'invalidité et de ses accessoires, est élevé à 80 % des mêmes émoluments lorsque ces militaires sont mis à la retraite pour infirmités résultant, soit de blessures de guerre, soit d'un attentat ou d'une lutte dans l'exercice des fonctions ou d'un acte de dévouement dans un intérêt public ou pour avoir exposé leurs jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes. " Aux termes de l'article L. 55 du même code : " Sous réserve du b de l'article L. 43, la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / A tout moment en cas d'erreur matérielle ;/ Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit. () ".
3. Les dispositions précitées de l'article L. 35, dont M. A se prévaut, ne sont applicables qu'aux militaires mis à la retraite pour infirmités d'un taux au moins égal à 60 %. Il ne ressort pas des pièces du dossier que tel serait le cas de l'intéressé, mis en retraite à l'issue d'un congé complémentaire de reconversion et alors que son taux d'invalidité était de 10%.
4. La demande formulée par M. A, qui ne procède pas d'une erreur matérielle et a été présentée plusieurs années après la concession de sa pension, ne remplissait pas plus les conditions posées par l'article 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite permettant d'obtenir une révision de pension.
5. Ainsi, M. A ne pouvait invoquer la majoration, à compter du 8 janvier 2019, de son invalidité à un taux de 60% pour demander la révision d'une pension concédée en 2012. Par suite, les moyens tirés de ce que le ministre de la défense aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L.35 ou entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés, sans que l'intéressé puisse utilement se prévaloir d'un jugement du 28 mai 2020 rendu par le tribunal judiciaire de Chambéry dans le cadre d'un litige l'opposant à l'assureur de son prêt immobilier ou du fait qu'il n'a pu reprendre d'activité professionnelle.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation et, par voie de conséquence, les conclusions en injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente rapporteure,
M. Doulat, premier conseiller,
Mme Rogniaux, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
A. Triolet
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
F. Doulat
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2101965
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026