jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A (BESCOU & SABATIER) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril 2021 et le 28 mars 2022, M. A, représenté par me Bescout, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2020 par lequel le préfet de la Drôme a refusé de lui renouveler sa carte de résident valable du 3 septembre 2010 au 2 septembre 2020, lui a retiré ladite carte et lui a délivré un titre de séjour temporaire portant le mention " vie privée et familiale " valable un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui renouveler sa carte de résident ou le cas échéant, de procéder au réexamen de la demande de renouvellement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès-lors qu'il n'a pas été en mesure de présenter ses observations lorsque le préfet de la Drôme l'a informé de son intention de ne pas renouveler sa carte de résident ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 2 mars 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés et qu'il peut être opéré une substitution de base légale sur le fondement de l'article L. 314-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, était titulaire d'une carte de résident valable du 3 septembre 2010 au 2 septembre 2020. Le 23 septembre 2020 il a sollicité le renouvellement de ladite carte auprès de la préfète de la Drôme. Par un courrier notifié le 7 novembre 2020 à M. A, la préfète de la Drôme l'a informé de son intention de lui retirer sa carte de résident et de lui refuser son renouvellement, et a assorti ce courrier d'un délai de 15 jours pour permettre à M. A de présenter ses observations. Par arrêté du 24 novembre 2020, la préfète de la Drôme a refusé le renouvellement de la carte de résident de M. A, et lui a délivré une carte de séjour valable un an portant la mention " vie privée et familiale ". Par un recours gracieux notifié à la préfète de la Drôme le 9 décembre 2020, M. A a demandé le retrait de cette décision et le renouvellement de sa carte de résident. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'arrêté du 24 novembre 2020 et la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 314-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date de la décision : " La carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public. ".
3. Il est constant que ces dispositions régissent seulement la délivrance à un étranger d'une première carte de résident. Par suite, en rejetant sur ce fondement la demande de M. A tendant à obtenir le renouvellement de sa carte de résident dont il était titulaire jusqu'au 2 septembre 2020 et en procédant au retrait de cette carte, la préfète de la Drôme a commis une erreur de droit.
4. La préfète de la Drôme invoque, dans son mémoire en défense communiqué au requérant, une nouvelle base légale, fondée sur l'article L. 314-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. L'administration peut faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Aux termes de l'article L. 314-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date de la décision : " La carte de résident peut être retirée à tout employeur, titulaire de cette carte, ayant occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 341-6 du code du travail. "
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné par le tribunal correctionnel de le 16 septembre 2015 à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour exécution d'un travail dissimulé le 17 septembre 2014. Il n'est pas établi que le requérant était alors un employeur ayant occupé un travailleur étranger, le casier judiciaire produit mentionnant l'exécution d'un travail dissimulé et non la qualité d'employeur. Par ailleurs, cette condamnation ancienne ne peut suffire, dans les circonstances de l'espèce, à justifier le retrait de la carte de résident de M. A, qui ne peut par ailleurs, au regard de ces faits, être regardé comme constituant une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète de la Drôme n'est pas fondée à demander à ce que le tribunal substitue l'article L. 314-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au fondement erroné qui a servi de base légale à la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision en date du 24 novembre 2020 par laquelle la préfète de la Drôme a refusé de procéder au renouvellement de sa carte de résident, ensemble la décision rejetant le recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Le présent jugement implique que la situation M. A soit réexaminée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Drôme de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de la Drôme du 24 novembre 2020 et la décision rejetant le recours gracieux sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Drôme de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.
La présidente-rapporteure,
D. C
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
A. Triolet
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026