mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MATHIOUDAKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 avril 2021, le 5 janvier 2022 et le 11 juin 2023 (ce dernier non communiqué), M. A C, représenté en dernier lieu par Me Mathioudaki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 octobre 2020 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie lui a ordonné de se dessaisir de toute arme en sa possession, a prononcé une interdiction d'en acquérir ou d'en détenir de nouvelles et son inscription au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA), ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de le radier du FINIADA ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure est irrégulière en ce que l'enquête administrative diligentée est insuffisante et ancienne ;
- le préfet de la Haute-Savoie a méconnu les dispositions de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2021, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Naillon,
- les conclusions de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 octobre 2020, le préfet de la Haute-Savoie a ordonné à M. C de se dessaisir de toutes les armes, quelle que soit leur catégorie, en sa possession, et a prononcé une interdiction d'en acquérir ou d'en détenir de nouvelles ainsi que son inscription FINIADA et le retrait de la validation de son permis de chasser. M. C sollicite l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir [] ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : [] 3° Il résulte de l'enquête diligentée par le préfet que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme ; cette enquête peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; [] ".
3. Pour ordonner le dessaisissement des armes de M. C, le préfet de la Haute-Savoie s'est fondé sur le procès-verbal du 19 mars 2019 établi par le groupement de gendarmerie départemental de la Haute-Savoie qui fait apparaitre que M. C a été mis en cause pour refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter par le conducteur d'un véhicule. Toutefois, ce délit, pour lequel M. C reconnait avoir été condamné à une peine d'amende, est isolé et ancien de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions et alors que le requérant ne s'est pas fait connaître défavorablement pour d'autres faits, les seuls faits mentionnés dans l'arrêté contesté ne sont pas de nature à laisser craindre une utilisation dangereuse de son arme pour le requérant ou pour autrui. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Savoie a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté du 16 octobre 2020 et la décision implicite de rejet du recours gracieux née le 16 février 2021 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il doit être enjoint au préfet de la Haute-Savoie d'effacer l'inscription de M. C au FINIADA, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 :L'arrêté du 16 octobre 2020 et la décision implicite rejetant le recours gracieux de M. C sont annulés.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de la Haute-Savoie d'effacer l'inscription de M. C au fichier national des personnes interdites d'acquisition et de détention d'armes dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :L'Etat versera à M. C une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, présidente,
Mme Portal, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
L. Naillon
La présidente,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102334
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026