mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ALAIN BOUVARD & ALEX BOUVARD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2021, M. A B, représenté par la S.E.L.A.F.A. cabinet Cassel, demande au Tribunal:
1°) d'annuler la décision du 7 avril 2021 par laquelle le maire des Gets lui a refusé le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ;
2°) d'enjoindre au maire des Gets, sous astreinte journalière de 200 euros à compter de la notification du jugement, de lui verser l'ARE à compter du 28 septembre 2019, date de son inscription en qualité de demandeur d'emploi, subsidiairement de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions d'astreinte ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Gets la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il a bénéficié d'une période d'affiliation supérieure à 88 jours au cours des 36 mois qui ont précédé la fin de son contrat de travail à durée déterminée non renouvelé par la société Coppel ; or la période d'affiliation au sein de la commune des Gets ayant été plus longue que celle afférente à son recrutement dans le secteur privé, il remplit toutes les conditions pour l'octroi de l'ARE par la commune des Gets, en vertu des dispositions combinées de l'article L. 5422-1 du code du travail, du 1° de l'article L. 5424-1 de ce code, de son article R. 5424-2, des articles 1 et suivants du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage ;
- en vertu de ces mêmes dispositions, la commune des Gets ne pouvait valablement lui opposer sa démission de la fonction publique territoriale pour lui refuser le bénéfice de l'ARE ; de même, l'absence de cotisation de la commune à l'UNEDIC est inopérant au regard du présent litige ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2021, la commune des Gets conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La commune des Gets fait valoir que :
- la requête est irrecevable, car dirigée contre une décision purement confirmative d'une précédente décision datée du 7 avril 2021 et devenue définitive, faute d'avoir été contestée ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête, la décision attaquée étant purement confirmative de la décision implicite de refus d'ARE née du silence gardé par l'administration sur la demande de M. B datée du 8 novembre 2019.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 février 2023 :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Muffat-Joly, représentant la commune des Gets.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a démissionné le 30 avril 2019 de la fonction publique territoriale, après avoir été titularisé au grade d'adjoint technique de 2nd classe à compter du 1er octobre 2012 et employé en qualité de chauffeur des services techniques de la commune des Gets jusqu'à sa démission. A la suite, il a conclu un contrat à durée déterminée de cinq mois avec la société Coppel, qui n'a pas été renouvelé à l'échéance. Il a demandé le 9 février 2021 au maire des Gets le bénéfice de l'ARE. Un refus lui a été opposé par la décision susvisée du 7 avril 2021, dont il demande l'annulation au Tribunal dans le cadre de la présente instance.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-2 du même code prévoit que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. () ". L'article R. 421-5 dudit code ajoute que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. D'autre part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception " ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
4. La demande de M. B tendant à bénéficier de l'ARE ayant été présentée en sa qualité d'ancien agent de la commune des Gets, elle s'inscrit dans le cadre des relations entre une autorité administrative et son agent au sens de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, selon lesquelles les dispositions relatives à la délivrance d'un accusé de réception par l'administration ne sont pas applicables.
5. Il ressort des pièces du dossier que dès le 8 novembre 2019, M. B avait demandé le versement de l'ARE au maire des Gets. Ce dernier en avait accusé réception le 12 novembre 2019 dans un courrier par lequel il concluait souhaiter lui proposer un nouvel emploi aux services techniques de la Commune, refusant par là même implicitement mais nécessairement la demande d'ARE de M. B. Ainsi, une décision implicite de rejet de sa demande d'ARE est née au plus tard le 12 janvier 2020. Or faute de s'être pourvu dans le délai de recours contentieux de deux mois contre cette décision implicite de rejet, le requérant est irrecevable à attaquer la décision expresse de rejet prise le 7 avril 2021 à la suite d'une nouvelle demande de sa part. En effet, en l'absence de changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation du requérant, la décision du 7 avril 2021 est purement confirmative de celle du 12 janvier 2020, et n'est dès lors pas de nature à rouvrir le délai de recours contentieux de deux mois. Dès lors, la requête de M. B, enregistrée par le greffe du tribunal administratif de Grenoble le 12 avril 2021 est tardive et doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les conclusions présentées par M. B, la partie perdante, doivent être rejetées ; dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune des Gets.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Gets sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune des Gets.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
I. D
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026