vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | PECHENARD & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 avril 2021 et 22 avril 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de l'Isère a autorisé son licenciement pour motif disciplinaire.
Il soutient que :
- son employeur n'a pas mentionné dans la demande de licenciement son mandat au sein de l'IDS Sarp Industrie Groupe et l'inspectrice du travail n'en a pas tenu compte bien qu'il le lui ait signalé lors de l'enquête contradictoire ;
- il n'a jamais bénéficié d'une formation professionnelle ;
- les propos qu'il a tenus s'expliquent par leur contexte et par son état de santé ;
- ces propos sont grossiers mais ne constituent pas des insultes ;
- les témoignages sur lesquels reposent les accusations portées contre lui sont faux ;
- il n'a pas eu connaissance des témoignages lors de l'entretien préalable ni lors de la réunion du comité social et économique ;
- le licenciement n'est pas sans lien avec son mandat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, la SAS Sarp Industries Rhône Alpes (SIRA), représentée par la SCP Pechenard et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 11 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au même jour en application des articles R. 611-1-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été embauché le 12 juillet 1990 par la société Sarp Industries Rhône Alpes (SIRA) et exerçait en dernier lieu les fonctions de technicien de maintenance. Il détenait par ailleurs les mandats d'élu titulaire au comité social et économique et de délégué syndical. Le 15 décembre 2020, la société SIRA a demandé l'autorisation de le licencier pour motif disciplinaire. Par la décision attaquée du 8 février 2021, l'inspectrice du travail de l'Isère a accordé cette autorisation.
2. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
3. En premier lieu, si M. A fait valoir que l'inspectrice du travail n'aurait pas tenu compte de l'ensemble de ses mandats, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations, étant rappelé que l'inspectrice du travail n'avait pas à mentionner dans sa décision toutes les fonctions représentatives que le salarié a pu exercer mais seulement celles à raison desquelles il bénéficie, au moment de la convocation à l'entretien préalable, de la protection prévue par le code du travail.
4. En deuxième lieu, le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions du code du travail impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, d'informer le salarié concerné des agissements qui lui sont reprochés et de l'identité des personnes qui en ont témoigné. Il implique, en outre, que le salarié protégé soit mis à même de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, dans des conditions et des délais lui permettant de présenter utilement sa défense, sans que la circonstance que le salarié est susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation.
5. M. A admet, dans ses écritures, avoir eu connaissance des pièces produites par la société SIRA à l'appui de sa demande d'autorisation, et notamment des témoignages, lors de sa convocation par l'inspectrice du travail. La circonstance qu'il n'en aurait pas eu communication lors de l'entretien préalable ni lors de la réunion du comité social et économique est sans incidence sur la légalité de la décision d'autorisation.
6. En troisième lieu, pour autoriser le licenciement de M. A, l'inspectrice du travail s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé avait, le 23 octobre 2020, injurié et menacé le directeur du site et avait fait preuve d'insubordination à son égard. M. A reconnaît dans ses écritures avoir tenu les propos qui lui sont reprochés. S'il fait valoir que les termes employés ne seraient pas injurieux mais seulement grossiers, le comportement du requérant n'en revêt pas moins un caractère fautif. M. A ne conteste pas davantage l'insubordination dont il lui est fait grief, qui constitue également une faute dans l'accomplissement de son contrat de travail. Compte tenu notamment de la virulence et du caractère menaçant des propos tenus, les faits reprochés à M. A sont d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement. Le requérant se prévaut du contexte dans lequel ils auraient été tenus, lié à son état émotionnel à la suite d'un incident ayant mis en cause sa sécurité, et de son état de santé. Mais ces circonstances ne sont pas de nature à atténuer la gravité de la faute commise, alors que l'intéressé a par la suite réitéré des propos inappropriés à l'égard du directeur du site sur un message téléphonique adressé au directeur du pôle. M. A prétend également que les témoignages produits par son employeur seraient mensongers. Cependant, outre qu'il ne fait valoir aucun élément de nature à corroborer ses allégations, il reconnaît lui-même s'être emporté et avoir tenu les propos en cause. Enfin, l'absence de formation professionnelle dont il se plaint ne saurait justifier son comportement fautif. Il suit de là qu'en estimant que les faits reprochés à M. A constituaient une faute d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
7. En dernier lieu, si M. A soutient que la procédure de licenciement ne serait pas dépourvue de lien avec ses mandats, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses dires ni même ne fait valoir aucune explication suffisamment précise et circonstanciée susceptible de donner de la consistance à ses allégations. Le moyen doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que la société SIRA demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société SIRA présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SAS Sarp Industries Rhône Alpes et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera délivrée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le Président-rapporteur,
V. L'HÔTEL'assesseure le plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
I. BOURION
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102348
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026