lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 avril 2021, le 22 septembre 2021 et le 11 janvier 2022, M. et Mme D et M. et Mme B, représentés par la société d'avocats Sublet-Furst et Fauvergue, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2020-88 du 17 novembre 2020 par lequel la maire de Mésigny a accordé un permis de construire n° PC 07417920X0009 à M. F A et Mme G pour la construction d'une maison individuelle de 95,49 m², route de Chez Botton, sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Mésigny une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- la requête est en tous points recevable ;
- le projet de construction méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- le projet de construction méconnait les préconisations du CAUE 74 ;
- le projet de construction comporte un nombre insuffisant de places de stationnement, ce qui fait peser un risque pour la sécurité sur la voie publique.
Par un mémoire enregistré le 6 juillet 2021, la commune de Mésigny, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 10 août 2022, M. C H, représenté par Me Marie, demande que le tribunal déclare la requête irrecevable ou subsidiairement, fasse droit aux conclusions présentées par la commune de Mésigny.
Par une lettre du 27 juillet 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, l'instruction est susceptible d'être close le 31 août 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 21 mars 2024.
Les parties ont été informées le 9 avril 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de considérer que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme (mise en cause de la sécurité publique par le projet de construction) est tardif en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme et par suite irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 mai 2024 :
- le rapport de Mme Letellier,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- les observations de Me Sublet-Furst, pour les requérants,
- les observations de Me Temps, substituant Me Petit, pour la commune de Mésigny,
- et les observations de Me Marie, pour M. H.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 septembre 2020, M. F A et Mme G ont déposé une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison d'habitation de 95,46 m², sur les parcelles cadastrées à la section B n° 1058, n° 1474, n° 1620, n° 1621 situées route de Chez Botton à Mésigny. La parcelle est classée en zone Uh du plan local d'urbanisme communal. Par un arrêté du 17 novembre 2020, la maire de Mésigny a délivré le permis de construire sollicité. Le 22 décembre 2020, les requérants qui sont les voisins immédiats du projet de construction ont présenté un recours gracieux auquel il n'a pas été répondu.
Sur l'intervention de M. H :
2. Le permis de construire n° PC 07417920X0009 du 17 novembre 2020 a été transféré à M. H par arrêté n° urb-28-2021 du 6 juillet 2021. Par suite, son intervention doit être admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article II.9 " Aspect extérieur des constructions ", " dispositions générales ", du règlement écrit du plan local d'urbanisme communal : " En aucun cas, les bâtiments, installations et divers modes d'utilisation du sol ne doivent par leur dimension, leur situation ou leur aspect extérieur porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ". Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
4. Le terrain d'assiette du projet autorisé se situe dans la zone Uh correspondant aux secteurs périphériques à dominante d'habitat. Il ressort des pièces du dossier et des photographies du secteur " Chez Botton " qu'il se compose de constructions hétérogènes. A l'exception de la " bâtisse " des requérants, qui est la seule classée en tant que " bâtiment patrimonial " au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, et de quelques constructions anciennes aux caractéristiques différentes et qui ne sont pas classées, les autres constructions du secteur sont récentes et présentent des caractéristiques de forme, de hauteur et de gabarit différentes. La circonstance que la construction des requérants soit classée, comme il vient d'être dit, n'a pas pour objet ni pour effet d'interdire des constructions nouvelles dans le secteur. Par ailleurs, les préconisations du CAUE 74 dont se prévalent les requérants ne sont pas opposables aux demandes de permis de construire et les requérants n'invoquent la méconnaissance par le projet de construction d'aucune règle de la zone Uh du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, il ressort tant des photographies versées au dossier que du règlement graphique du plan local d'urbanisme, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la commune, qu'aucun alignement du bâti n'existe dans le secteur " Chez Botton ". En tout état de cause, la construction projetée est conforme au règlement écrit du plan local d'urbanisme, en particulier aux dispositions de l'article 4.1 de la zone Uh qui prévoient un retrait de 5 m minimum par rapport à la limite des voies publiques. Enfin, la circonstance que des permis de construire ont été précédemment refusés dans le secteur est sans incidence sur la légalité du présent permis de construire. Il suit de là que la construction projetée n'est pas de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
6. D'une part, les requérants font état d'un risque pour la sécurité du fait du stationnement anarchique sur la voie publique que le projet de construction devrait occasionner. Toutefois, il ressort des pièces du permis de construire que le projet de construction comporte deux places de stationnement sur la parcelle, ce qui est conforme aux règles générales du règlement écrit du plan local d'urbanisme. Les risques liés au stationnement sur la voie publique, du fait de l'usage que les pétitionnaires feront de leur stationnement couvert et de la composition de leur foyer, sont purement hypothétiques et, en tout état de cause, il appartient au maire, au titre de ses pouvoirs de police, de réglementer la circulation et le stationnement sur la voie publique. En outre, il ressort des photographies que la route de " Chez Botton " constitue une ligne droite et ne comporte pas de problème particulier de visibilité.
7. D'autre part, les requérants font état d'un risque de salubrité du fait de l'assainissement et d'écoulement des eaux pluviales du tènement des pétitionnaires sur la voie publique, voire sur leur propre tènement. Ce moyen, uniquement fondé sur un refus de permis de construire opposé en 2018 à un autre projet de construction d'une maison individuelle, motivé par la circonstance que " le dispositif de gestion des eaux pluviales n'assure pas la collecte de tous les eaux de ruissellement de l'opération ", n'est pas, en l'absence de tout commencement de démonstration, transposable au présent projet de construction. Dans ces conditions, aucun élément ne permet de caractériser un risque pour la sécurité au sens des dispositions précitées de nature à refuser le permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions de l'article R. 111-2 du code l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation dirigées contre le permis de construire doivent être rejetées.
Sur les frais de justice :
9. Les conclusions présentées par M. et Mme D et M. et Mme B, partie perdante dans la présente instance, sont rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les requérants verseront la somme de 1 000 euros à la commune de Mésigny en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er:L'intervention de M. H est admise.
Article 2 :La requête de M. et Mme D et de M. et Mme B est rejetée.
Article 3 :Les requérants verseront la somme de 1 000 euros à la commune de Mésigny en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. E D, au titre des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à la commune de Mésigny, à M. F A et Mme G et à M. C H.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Letellier, première conseillère.
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
La rapporteure,
C. Letellier
Le président,
M. SauveplaneLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026