vendredi 21 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102814 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 mai 2021 et le 11 octobre 2021, la commune nouvelle de Porte-de-Savoie, représentée par la SELARL Philippe Petit et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 6 novembre 2020 par laquelle le préfet de la Savoie l'a informée de ce qu'elle était rattachée à l'unité urbaine de Chambéry et a fixé un objectif de réalisation de 121 logements sociaux locatifs d'ici 2034 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle ne saurait être rattachée à l'unité urbaine de Chambéry au regard des données locales et dès lors qu'elle aurait dû être rattachée à l'unité urbaine de Montmélian ;
- les principes de sécurité juridique et de confiance légitime sont méconnus dès lors que l'Etat n'a pas prévenu les élus des éventuelles conséquences attachées à la fusion des anciennes communes de Francin et des Marches au regard de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 juin 2021 et le 25 octobre 2021, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la commune requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur,
- les conclusions de M. Heintz, rapporteur public,
- et les observations de Me Dumas, représentant la commune nouvelle de Porte-de-Savoie.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du préfet de la Savoie du 26 septembre 2018, la commune nouvelle de Porte-de-Savoie a été créée, le 1er janvier 2019, en lieu et place des communes de Francin et des Marches. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision du 6 novembre 2020 par laquelle le préfet de la Savoie l'a informée de ce qu'elle était rattachée à l'unité urbaine de Chambéry, de ce qu'elle entrait dans le champ des dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation imposant l'obligation de détenir 20 % de logements locatifs sociaux et de ce que 121 logements sociaux devraient être réalisés d'ici 2034.
2. En premier lieu, aux termes du I de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation : " Les dispositions de la présente section s'appliquent aux communes dont la population est au moins égale à 1 500 habitants dans l'unité urbaine de Paris et 3 500 habitants sur le reste du territoire qui sont comprises, au sens du recensement de la population, dans une agglomération ou un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre de plus de 50 000 habitants comprenant au moins une commune de plus de 15 000 habitants, et dans lesquelles le nombre total de logements locatifs sociaux représente, au 1er janvier de l'année précédente, moins de 25 % des résidences principales. ".
3. Il ressort de ces dispositions éclairées par les travaux préparatoires de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000 dont elles sont issues, que, pour déterminer si des communes sont " comprises, au sens du recensement général de la population, dans une agglomération de plus de 50 000 habitants ", il y a lieu de se référer à la notion d'" unité urbaine " retenue par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). L'unité urbaine, telle que définie par l'INSEE, est une commune ou un ensemble de communes, qui compte au moins 2 000 habitants, présentant une zone de bâti continu, c'est-à-dire sans coupure de plus de deux cents mètres entre deux constructions, les terrains servant à des " buts publics " ou à des " fins industrielles " ainsi que les cours d'eau traversés par des ponts n'étant pas pris en compte pour la détermination de la distance séparant les habitations.
4. En l'espèce, la décision attaquée fait état de ce que la commune nouvelle de Porte-de-Savoie dispose d'une population représentant 3 581 habitants au 1er janvier 2019. D'une part, la commune requérante soutient qu'elle ne saurait être rattachée à l'unité urbaine de Chambéry en raison des celliers viticoles qui ont été intégrés à tort dans la zone de bâti continu. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des photographies versées à l'instance, que des constructions à usage d'habitation relevant du territoire de la commune requérante sont situées à moins de 200 mètres de constructions situées sur le territoire de la commune de Myans, laquelle relève de la zone urbaine de Chambéry. Est sans incidence, à cet égard, le fait que ces constructions soient classées en zone naturelle par le règlement du plan local d'urbanisme. D'autre part, si la commune requérante se prévaut de ce qu'elle est plus proche de l'unité urbaine de Montmélian que de celle de Chambéry, de ce qu'elle relève du même établissement public de coopération intercommunale et de ce qu'elle dispose d'équipements communs avec la commune de Montmélian, elle ne conteste pas le fait que seulement 25 % de la population communale vit à proximité de l'aire urbaine de Montmélian. En outre, la majorité des constructions situées sur le territoire communal sont plus proches du territoire de la commune de Myans que de celui de Montmélian. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Savoie a entaché la décision attaquée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions du I de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation.
5. En second lieu, la commune requérante ne peut utilement soutenir que les principes de sécurité juridique et de confiance légitime ont été méconnus en ce que l'Etat n'aurait pas prévenu les élus des éventuelles conséquences attachées à la fusion des anciennes communes de Francin et des Marches au regard de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation, en l'absence de conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant fusion des communes, laquelle ne constitue pas, par ailleurs, la base légale de la décision contestée. Au demeurant, le principe de confiance légitime, qui fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne, ne trouve à s'appliquer dans l'ordre juridique national que dans le cas où la situation juridique dont a à connaître le juge est régie par le droit de l'Union européenne. Telle n'est pas le cas de la construction des logements locatifs sociaux.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la commune nouvelle de Porte-de-Savoie doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la commune nouvelle de Porte-de-Savoie est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la commune nouvelle de Porte-de-Savoie et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera délivrée au préfet de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bourion, première conseillère,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.
Le rapporteur,
T. RUOCCO-NARDO
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026