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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2102818

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2102818

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2102818
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET G. MOLLION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 3 mai 2021, le 12 octobre 2022, le 22 décembre 2023, Mme C A, M. I A, et K, représentés par Me Blanchin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le certificat d'urbanisme délivré le 20 janvier 2020 par le maire de la commune de Les Déserts à Mme H D ;

2°) d'annuler le permis de construire délivré le 21 octobre 2020 par le maire de la commune de Les Déserts à M. G et Mme L, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux formé le 8 janvier 2021 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Les Déserts, Mme D, M. G et Mme L une somme globale de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le certificat d'urbanisme opérationnel du 20 janvier 2020 délivré sur le fondement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune est entachée d'erreur de droit en ce que le maire de la commune aurait dû surseoir à statuer au regard de l'approbation du plan local d'urbanisme intercommunal habitat et déplacements (PLUI HD) Grand Chambéry ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'aucune servitude n'existe concernant la desserte des réseaux ;

- le permis de construire du 21 octobre 2020 est illégale en ce que le certificat d'urbanisme délivré le 20 janvier 2020 ne pouvait cristalliser des droits acquis en application du PLU de la commune ;

- il méconnaît les dispositions des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions du PLU de la commune, du PLUi HD Grand Chambéry, et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 111-11, R. 111-2 et R. 151-34 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés le 28 septembre 2022 et le 1er février 2024, la commune de Les Déserts, représentée par Me Mollion conclut au rejet de la requête et à ce que les requérants lui versent une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- la requête est irrecevable en ce qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Suite au décès de Mme H D survenu le 6 mai 2021 en cours d'instance, Mme B D, son ayant-droit, a repris l'instance.

Par des mémoires en défense enregistrés le 12 août 2021 et le 12 octobre 2022, Mme F L, M. E G, et Mme B D, ayant-droit de Mme H D, représentés par Me Bracq, concluent au rejet de la requête, et à ce que les requérants leur versent à chacun une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir, dans le dernier état de leurs écritures, que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- la requête est irrecevable en ce qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- elle est irrecevable en ce qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- la requête à l'encontre de la décision délivrant le certificat d'urbanisme est tardive ;

- la requête à l'encontre de la décision délivrant le permis de construire est dirigée à tort contre Mme D ;

- les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Naillon,

- les conclusions de Mme J,

- et les observations de Me Blanchin, représentant les requérants, de Me Djeffal, représentant la commune de Les Déserts, et de Me Teston, représentant M. G, Mme L, et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 20 janvier 2020, le maire de la commune de Les Déserts a délivré un certificat d'urbanisme positif à Mme H D, pour la construction d'une maison individuelle sur la parcelle cadastrée M n°258, lieu-dit Glaise. Par arrêté du 21 octobre 2020, le maire de la commune a délivré un permis de construire une maison d'habitation à M. G et Mme L, sur la parcelle cadastrée M n°258. M. et Mme A et K sollicitent l'annulation de ces deux décisions et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux formé le 8 janvier 2021.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

3. M. et Mme A et K sont propriétaires d'une maison d'habitation sur un tènement composé des parcelles cadastrées M n°1036, 1038 et 257. Dès lors que le projet consiste en la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle M n°258, voisine immédiate, qui sera visible depuis leur parcelle, les requérants disposent d'un intérêt à agir contre les décisions attaquées. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en ce sens doit être écartée.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. [] "

5. Les requérants ont justifié avoir notifié dans les délais requis leur recours gracieux et leur recours contentieux, par lettre recommandée avec accusé de réception, à Mme D, bénéficiaire du certificat d'urbanisme délivré le 20 janvier 2020, à M. G et Mme L, bénéficiaires du permis de construire délivré le 21 octobre 2020, et à la commune de Les Déserts. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-1 précité doit être écartée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. [] "

7. Les requérants produisent des actes notariés du 21 décembre 2012 et du 11 avril 2015, justifiant leur propriété des parcelles M n°1038, 1036 et 257. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en ce sens doit être écartée.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

9. En l'absence de mesure de publicité, les délais de recours contre un certificat d'urbanisme ne peuvent être opposés à l'égard des tiers. Dès lors qu'aucune pièce au dossier ne permet par ailleurs d'établir que les requérants ont eu notification du certificat d'urbanisme en litige, le recours gracieux formé le 8 janvier 2021 ne peut être considéré comme tardif. Il en résulte que la requête enregistrée le 3 mai 2021 a bien été introduite dans le délai de recours contentieux de deux mois à compter de la naissance de la décision implicite de rejet du recours gracieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en ce sens doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le certificat d'urbanisme du 20 janvier 2020 :

10. Il ressort de l'article 6 du certificat d'urbanisme en litige que le maire de la commune a estimé que la desserte viaire du projet était assurée au moyen d'une servitude de passage, sans assortir cette disposition d'une prescription, comme il l'a par ailleurs fait pour la desserte en eau potable et l'assainissement. Cependant, quand bien même une négociation tripartite était en cours, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cette servitude existait à la date de la décision attaquée. Par suite, en délivrant un certificat d'urbanisme déclarant l'opération réalisable, le maire de Les Déserts a commis une erreur manifeste d'appréciation.

11. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation du certificat d'urbanisme délivré le 20 janvier 2020 doivent être accueillies.

En ce qui concerne le permis de construire du 21 octobre 2020 :

12.En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique () ".

13. Il ressort des pièces du dossier qu'un certificat d'urbanisme avait été obtenu le 25 février 2019 par les requérants. Dès lors, au 15 juin 2020, date d'enregistrement de la demande de permis de construire, les pétitionnaires bénéficiait des garanties de ce certificat d'urbanisme. Ainsi, et quand bien même le certificat d'urbanisme du 20 janvier 2020 est illégal, c'est à bon droit que le maire de Les Déserts a instruit la demande de permis de construire du 21 octobre 2020 sur le fondement des dispositions du PLU de la commune alors en vigueur et non sur celles du PLUI-HD Grand Chambéry entré en vigueur le 21 février 2020. Par suite, le moyen présenté en ce sens doit être écarté.

14. En deuxième lieu, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

15. Il ressort des pièces du dossier que par un jugement du 15 février 2021, le tribunal judiciaire de Chambéry a fixé l'assiette de la servitude de passage et de la servitude en tréfonds au profit de la parcelle cadastrée M n°258. Si ce jugement est postérieur au permis initial, il est antérieur au permis de construire modificatif délivré le 16 avril 2021, qui en prend acte. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le dossier de permis de construire est erroné au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme en ce qu'il mentionne ces servitudes qui n'étaient pas encore fixées à la date du permis initial.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

17. Compte tenu de ce qui a dit ci-dessus, alors que le projet est soumis au PLU alors en vigueur, les pétitionnaires ont justifié de servitudes établies par voie judiciaire, permettant la desserte des réseaux. De plus, c'est à la suite de la production de ces servitudes que le service des eaux a rendu un second avis, le 22 septembre 2020, dont les motifs sont identiques à ceux de l'avis rendu le 9 septembre 2020. En outre, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les places de stationnement seraient inaccessibles sans empiéter sur les parcelles voisines, si les requérants soutiennent que ces places de stationnement seraient en nombre insuffisant, ils n'assortissent pas cette affirmation des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ou des dispositions analogues du PLU doivent être écartés. Quant à la méconnaissance du PLUI-HD, elle ne peut être utilement invoquée compte tenu de ce qui a été dit au point 12.

18. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés [] ". Aux termes de l'article R. 151-34 du même code : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : 1° Les secteurs où les nécessités du fonctionnement des services publics, de l'hygiène, de la protection contre les nuisances et de la préservation des ressources naturelles ou l'existence de risques naturels, de risques miniers ou de risques technologiques justifient que soient soumises à des conditions spéciales les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols ; 2° Les secteurs protégés en raison de la richesse du sol ou du sous-sol, dans lesquels les constructions et installations nécessaires à la mise en valeur de ces ressources naturelles sont autorisées [] ".

19. D'une part, l'avis favorable du service des eaux du 9 septembre 2020 précise que " toute nouvelle construction entrainant une augmentation des besoins en eau potable est interdite tant que les travaux d'adduction d'eau permettant de remédier au déficit quantitatif en eau potable sur l'unité de distribution de la commune ne sont pas démarrés ". En l'espèce, le projet, qui consiste en la réalisation d'un chalet d'habitation, entrainera une augmentation des besoins en eau potable. Toutefois, l'avis du service des eaux, précise que " ces travaux [d'adduction en eau potable] sont programmés pour une mise en service en 2023 ". De plus, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet est illégal en raison de sa localisation en zone humide interdisant la réalisation d'un assainissement non collectif, dès lors qu'ils bénéficient de servitudes de tréfonds permettant la desserte d'assainissement. D'autre part, les dispositions de l'article R. 151-34 du code de l'urbanisme n'étant pas directement opposables aux autorisations individuelles, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 111-11, R. 111-2 et R. 151-34 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

20. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation du permis de construire du 21 octobre 2020 et de la décision implicite de rejet du recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des parties les sommes demandées par chacune d'entre elles au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1 :Le certificat d'urbanisme du 20 janvier 2020 est annulé.

Article 2 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. et Mme I et C A, à K, à M. E G, à Mme F L, à Mme B D, et à la commune de Les Déserts.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sogno, président,

Mme Holzem, première conseillère,

Mme Naillon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024,

La rapporteure,

L. Naillon

Le président,

C. Sogno

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2102818

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