jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102909 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ALBERTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2021, M. B, représenté par Me Albertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de la Drôme du 5 mars 2021, notifiée le 10 mars 2021, portant refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent dans un délai d'un mois à compter de la
décision à intervenir de le convoquer sous quinzaine aux fins d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, de lui remettre un récépissé attestant de cet enregistrement et l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- La décision est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- La décision n'est pas suffisamment motivée ;
- Le motif du refus est entaché d'erreur de droit ;
- La décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2022, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Le requérant a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant russe né le 28 décembre 1989 à Grozny, déclare être entré sur le territoire français, accompagné de son épouse et de leur fille, en octobre 2009. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 21 mai 2010, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 juillet 2011. Par un arrêté en date du 16 août 2011, le préfet de la Drôme a refusé de l'admettre au séjour, et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Suite à une demande de réexamen, l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile le 3 décembre 2013 dans le cadre de la procédure prioritaire. Par un arrêté en date du 9 mai 2014, le préfet de la Drôme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination. Le Tribunal administratif de Grenoble a reconnu la légalité de cet arrêté par un jugement du 18 décembre 2014. Suite à l'interpellation de M. B le 29 juin 2020 par les services de police de Valence dans le cadre d'un contrôle d'identité, le préfet de la Drôme a pris à son encontre un arrêté en date du 30 juin 2020 par lequel il lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination. La légalité de cet arrêté a été reconnue par le Tribunal administratif de Grenoble par un jugement du 20 juillet 2020. M. B a présenté une nouvelle demande de titre le 2 mars 2021 qui a fait l'objet d'un refus d'enregistrement par décision explicite du 5 mars 2021 dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 311-4 repris à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire et d'une interdiction de retour ne suffit pas à révéler un tel caractère.
3. Pour justifier du refus d'enregistrement, le préfet se borne à soutenir qu'une obligation de quitter le territoire a été prononcée à l'encontre du requérant. Par ce seul motif, il ne justifie pas du caractère abusif ou dilatoire de la demande. Le préfet ne fait nullement valoir que l'intéressé ne justifie pas de circonstance nouvelle susceptible d'empêcher son éloignement ni que la nouvelle demande de titre révèlerait une manœuvre dilatoire. Ainsi, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour est entachée d'erreur de droit et, doit pour ce motif, être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Aux termes qu'aux termes de l'article L 911-2 du code de justice administrative : " lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
5. L'annulation de la décision contestée implique seulement que le préfet de la Drôme se prononce à nouveau sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par M. B. Il est enjoint au préfet de la Drôme de se prononcer sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par M. B dans un délai de deux mois.
Sur les conclusions à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de la Drôme du 5 mars 2021, portant refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Drôme de se prononcer sur l'enregistrement de la demande de titre de séjour présentée par M. B dans un délai de deux mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Albertin et au préfet de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente rapporteure,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 août 2022.
La présidente-rapporteure,
D. C
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
A. Triolet
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026