mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 mai 2021 et le 16 juillet 2021, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 14 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Villefontaine a ordonné son exclusion temporaire des marchés de la commune pour la période allant du 17 avril 2021 au 8 mai 2021 inclus.
M. A soutient que :
- la procédure contradictoire n'a pas été respectée dans la mesure où en réponse au courrier du maire il a sollicité un entretien qui ne lui a été accordé qu'après notification de l'arrêté attaqué en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; il n'a pas eu une connaissance exacte des faits qui lui étaient reprochés;
- la sanction prononcée est dépourvue de base légale ; seul l'arrêté préfectoral du 26 mars 2021 pouvait être opposé et non l'article 20-1 du règlement des marchés 2020/89 ; la sanction prononcée n'est pas conforme au règlement des marchés ; la lettre de la conseillère modifiant l'arrêté initial n'est à ce titre d'aucun effet.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 7 juillet 2021, la commune de Villefontaine, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Holzem,
- les conclusions de Mme C,
- et les observations de Me Frigier, représentant la commune de Villefontaine.
Considérant ce qui suit :
1. M. A exerce une activité de boulangerie-pâtisserie sur un emplacement du marché de Villefontaine. Par courrier du 1er avril 2021, le maire de la commune l'a informé de son intention de prononcer une sanction à son encontre de trois semaines d'exclusion temporaire du marché en raison du non-respect du protocole sanitaire de la commune adopté dans le cadre de l'épidémie de Covid 19 et l'a invité à présenter ses observations sous 8 jours. Par arrêté du 14 avril 2021 le maire a ordonné son exclusion temporaire des marchés de la commune pour la période allant du 17 avril 2021 au 8 mai 2021 inclus. M. A en demande l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-3 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ". Ces dispositions font obligation à l'autorité administrative de faire droit, en principe, aux demandes d'audition formées par les personnes intéressées en vue de présenter des observations orales, alors même qu'elles auraient déjà présenté des observations écrites. Ce n'est que dans le cas où une telle demande revêtirait un caractère abusif qu'elle peut être écartée.
3. En réponse au courrier du 1er avril 2021, M. A a adressé à la commune un courrier daté du 6 avril 2021, qu'elle ne conteste pas avoir reçu, par lequel il faisait état de son incompréhension des faits qui lui étaient reprochés et sollicitait à plusieurs reprises un rendez-vous afin de présenter des observations orales. En s'abstenant de faire suite à cette demande de rendez-vous avant l'adoption de l'arrêté attaqué, alors même qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle serait abusive ou qu'une circonstance exceptionnelle s'opposait à cette demande, le requérant est fondé à soutenir que le maire de la commune a méconnu les règles de procédure contradictoire préalable prévues par les dispositions de l'article L. 121-3 du code des relations entre le public et l'administration. La circonstance qu'une telle entrevue ait été organisée le 21 avril 2021, soit postérieurement à l'arrêté attaqué, ne saurait constituer une procédure contradictoire qui doit être préalable.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 14 avril 2021 doit être annulé.
5. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Villefontaine doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 14 avril 2021 est annulé.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Villefontaine tendant à la condamnation de M. A au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Villefontaine.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210323
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026