mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL JEAN-PIERRE & WALGENWITZ AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 mai 2021 et 14 février 2022, Mme C A, représentée par Me Zenou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de La Tour-du-Pin a refusé de de reconnaître sa pathologie constatée le 6 janvier 2018 comme une maladie professionnelle et d'annuler en conséquence les arrêtés des 21 septembre 2018, 22 octobre 2018, 17 décembre 2018, 29 janvier 2019, 21 février 2019 et 25 mars 2019 la plaçant en congé de maladie ordinaire du 9 juillet 2018 au 28 avril 2019 et les arrêtés des 14 juin 2019, 20 juin 2019, 3 septembre 2019 et 26 septembre 2019 la plaçant à temps partiel thérapeutique du 2 avril 2019 au 18 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge la commune de La Tour-du-Pin une somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté du 12 novembre 2020 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juillet 2021 et 17 mars 2022, la commune de La Tour-du-Pin, représentée par Me Walgenwitz, conclut au rejet de la requête et qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Zenou, avocat de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, agent technique principale de 2ème classe, est employée par la commune de La Tour-du-Pin depuis 1992 pour effectuer les tâches d'entretien, de ménage et de lingerie du groupe scolaire Thévenon. Le 28 juin 2018, l'intéressée a sollicité la reconnaissance d'une tendinopathie du tendon du supra-épineux et du sous-scapulaire de l'épaule droite, constatée le 6 janvier 2018, comme maladie professionnelle inscrite au tableau n°57 A annexé au code de la sécurité sociale, pour laquelle la commission de réforme réunie le 12 septembre 2019 a émis un avis défavorable. Suite à la contestation de cet avis, la commission de réforme s'est à nouveau réunie le 17 septembre 2020 et a émis un avis défavorable. Par un arrêté du 12 novembre 2020, le maire de la commune de La Tour-du-Pin a opposé un refus à la demande de reconnaissance de maladie professionnelle de Mme A. Celle-ci a été placée en arrêt de maladie ordinaire du 9 juillet 2018 au 28 avril 2019, puis en temps partiel thérapeutique du 2 avril 2019 au 18 décembre 2019. Dans la présente instance, Mme A demande l'annulation de l'ensemble de ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, issues de l'ordonnance du 19 janvier 2017, ne sont entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 13 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale. En l'espèce, il est constant que la maladie que Mme A souhaite voir reconnue imputable au service a été constatée le 6 janvier 2018, soit avant l'entrée en vigueur des dispositions de l'article 21 bis. Il s'ensuit que la situation de l'intéressée est régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable au litige, aux termes desquelles : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". En application de ces dispositions, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
3. La requérante soutient souffrir d'une pathologie à l'épaule droite, maladie répertoriée dans le tableau n° 57 A annexé au code de la sécurité sociale, dont la cause résiderait directement dans ses conditions de travail d'agent d'entretien et de ménage du groupe scolaire Thévenon. Il ressort de l'expertise réalisée le 14 mars 2019 par le docteur B, rhumatologue, que les lésions dont souffre Mme A correspondent à une tendinopathie du supraépineux, maladie professionnelle identifiée dans le tableau 57 A. La contre-expertise réalisée le 29 mai 2020 par le docteur D, rhumatologue, confirme ce diagnostic et ainsi que son caractère de maladie professionnelle répertoriée dans le tableau 57 A. Pour refuser de reconnaître cette pathologie comme une maladie professionnelle, la commune de La Tour-du-Pin invoque, d'une part, la mention, dans l'expertise du docteur B, d'un état antérieur caractérisé par l'existence d'un conflit sous-acromial qui démontrerait l'absence de lien direct avec l'activité professionnelle de Mme A, d'autre part l'existence d'une rupture de la coiffe supérieure intervenue après le 12 juin 2018, mise en évidence par un arthroscanner du 3 août 2018. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces médicales concordantes produites au dossier qu'à la date de constat de la maladie, soit le 6 janvier 2018, Mme A souffrait bien d'une tendinopathie chronique non rompue non calcifiante avec ou sans enthésopathie de la coiffe des rotateurs objectivée par IRM, maladie répertoriée dans le tableau 57 A, ainsi qu'en ont conclu les deux expertises médicales effectuées par des rhumatologues. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'existence d'un conflit sous-acromial sur acromion agressif serait de nature à établir, à lui-seul, l'absence de lien avec l'activité professionnelle, la documentation médicale produite en défense indiquant au contraire qu'un conflit sous acromial peut être favorisé par des facteurs mécaniques, comme le surmenage. En outre, la survenue de complications ultérieures, qui n'ont fait que s'ajouter à la tendinopathie déjà existante, n'est pas de nature à invalider la caractérisation retenue pour la maladie professionnelle de l'intéressée constatée au 6 janvier 2018. D'autre part, il résulte des mêmes expertises médicales, de l'étude de poste du médecin de prévention du 12 juin 2018 et du rapport hiérarchique du 20 juin 2019, dont les contenus ne sont pas contestés par la commune, que Mme A réalise des travaux comportant des mouvements ou maintien de l'épaule sans soutien en abduction avec un angle supérieur ou égal à 60° pendant au moins deux heures par jour (soulever des panières de linge en hauteur, rangement dans les placards, installation des draps et alèzes dans les lits, porter des seaux d'eau), travaux répertoriés dans le tableau 57 A. Si Mme A ne peut, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, se prévaloir directement de ce tableau, la commune ne conteste pas la nature des travaux effectués par Mme A, lesquels doivent être regardés, en l'espèce, comme étant directement à l'origine de la pathologie de l'intéressée. Dès lors, en refusant, par son arrêté du 12 novembre 2020, de reconnaître la pathologie de Mme A comme maladie professionnelle, la commune de La Tour-du-Pin a commis une erreur d'appréciation. Par suite, Mme A est fondée à demander l'annulation de cet arrêté, et par voie de conséquence celle des arrêtés des 21 septembre 2018, 22 octobre 2018, 17 décembre 2018, 29 janvier 2019, 21 février 2019 et 25 mars 2019 la plaçant, à titre provisoire, en congé de maladie ordinaire du 9 juillet 2018 au 28 avril 2019 dans l'attente de l'avis de la commission de réforme sur la demande de reconnaissance de maladie professionnelle présentée par l'intéressée le 26 juin 2018.
4. Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés des 14 juin 2019, 20 juin 2019, 3 septembre 2019 et 26 septembre 2019 la plaçant à temps partiel thérapeutique du 2 avril 2019 au 18 décembre 2019 dès lors que le refus de reconnaître l'imputabilité au service de la
maladie de l'intéressée est dénué de tout lien avec son placement à temps partiel thérapeutique. En tout état de cause, Mme A n'articule aucun moyen de droit contre ces arrêtés.
Sur l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. En application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge la commune de La Tour- du-Pin la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Les conclusions présentées par la commune de La Tour-du-Pin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés susvisés des 12 novembre 2020, 21 septembre 2018, 22 octobre 2018, 17 décembre 2018, 29 janvier 2019, 21 février 2019 et 25 mars 2019 sont annulés.
Article 2 : La commune de La Tour-du-Pin versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de la Tour-du-Pin présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de la Tour-du-Pin.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210338
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026