Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2103477

vendredi 29 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2103477
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 mai 2021 et le 17 juin 2021, M. B A, représenté par Me Huard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil, ensemble la décision du 7 juin 2021 rejetant explicitement cette demande ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter du 16 juillet 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- le refus de rétablissement n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

- la décision explicite est insuffisamment motivée au regard des articles L. 211-2, L. 211-5 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît l'article 20 de la directive 2013/33/UE ; elle méconnaît l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 17-1 de la directive 2013/33/UE ; elle méconnaît l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte ; la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation

Par un mémoire en défense, enregistrés le 4 décembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer ou au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision implicite sont irrecevables ;

- le tribunal a d'ores et déjà fait droit à la demande du requérant ;

- les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies en exécution du jugement du 13 avril 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2021.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Holzem a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan, est entré sur le territoire français en décembre 2016 selon ses déclarations et a déposé le 9 juillet 2017 une demande d'asile. Il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII le même jour. A la suite d'un premier transfert vers l'Allemagne, M. A a présenté une nouvelle demande d'asile le 24 octobre 2019 en France, enregistrée en " procédure Dublin ". Par décision du 15 novembre 2019, l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de M. A. A l'expiration du délai de transfert, M. A a présenté le 16 juillet 2020 une nouvelle demande d'asile qui a été enregistrée en " procédure normale ". Par courrier du 22 février 2021 M. A a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. La décision de refus de rétablissement du 7 juin 2021 a été suspendue par ordonnance du juge des référés. A la suite d'un nouvel examen, la demande de rétablissement de ses conditions matérielles a été rejetée par l'OFII par décision du 30 août 2021. Cette dernière décision a été annulée par le tribunal de céans le 13 avril 2023. Le requérant demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de rétablissement ainsi que l'annulation du refus explicite opposé le 7 juin 2021.

2. L'OFII établit avoir procédé au rétablissement rétroactif des conditions matérielles d'accueil de M. A, pour la période du 22 février 2021 jusqu'au 31 janvier 2022 date à laquelle ayant obtenu le statut de réfugié, il ne pouvait plus prétendre au versement de celles-ci. Il a ainsi implicitement, mais nécessairement retiré les décisions dont l'annulation est demandée rendant en conséquence sans objet les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 :Les conclusions de M. A tendant à la condamnation de l'OFII au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Huard, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sogno, président,

Mme Holzem, première conseillère,

Mme Naillon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.

La rapporteure,

J. Holzem

Le président,

C. Sogno

Le greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2103477