jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BARBARIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 mai 2021 et le 30 octobre 2022, M. D et Mme B C, représentés par Me Barbarin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mars 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a prononcé la sanction d'exclusion définitive du collège à l'encontre de leur fils ;
2°) d'enjoindre au rectorat d'effacer la sanction du dossier scolaire dans un délai d'un mois suivant la décision du tribunal sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Grenoble une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision n'est pas motivée : les faits indiqués comme avérés ne sont pas précisés, il a nié avoir fourni le briquet et les feuilles et n'était pas seul lors de la commission des faits, or la principale n'a pas cherché à connaître la vérité dans le cadre d'une enquête contradictoire et aucun autre élève n'a été sanctionné, aucune indication n'apparaît sur la gravité de la sanction et la commission d'appel a émis un avis favorable au prononcé d'une exclusion définitive avec sursis ;
- la décision prise le jour de la tenue de la commission d'appel n'a pas fait l'objet d'un examen réel et équitable ;
- la décision porte atteinte au principe d'individualisation de la sanction : sa situation médicale n'a pas été prise en compte et d'autres élèves étaient impliqués ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2021, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Barbarin représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. A C, né en 2008, était scolarisé en classe de cinquième au collège des six vallées de Bourg d'Oisans pour l'année 2020-2021. Reconnu comme l'auteur de deux départs de feux le 11 janvier 2021, il a été convoqué devant le conseil de discipline de l'établissement qui a prononcé, le 29 janvier 2021, une sanction d'exclusion définitive. La rectrice de l'académie de Grenoble, saisie du recours administratif préalable obligatoire formé par les parents de l'intéressé, a, après avoir saisi pour avis la commission académique d'appel, confirmé la sanction d'exclusion définitive par la décision en litige prise le 11 mars 2021.
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, applicables au présent cas d'espèce : " () doivent être motivées les décisions qui : () Infligent une sanction () ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision du 11 mars 2021 vise les griefs retenus à l'encontre de l'élève, à savoir être l'auteur de départs de feu. La décision précise que les faits ont été reconnus par l'élève et que des mesures d'accompagnement ont déjà été mises en place. Dans ces conditions, la décision qui a permis à l'élève et à ses représentants légaux de comprendre les motifs de la sanction prise à son encontre est suffisamment motivée. Les critiques adressées par les requérants quant à l'implication d'autres élèves et l'absence de visa de l'avis favorable de la commission d'appel qui visent à contester le bien-fondé de cette motivation sont sans incidence sur sa validité.
4. Aux termes de l'article R. 511-13 du code de l'éducation : " I. - Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° La mesure de responsabilisation ; / 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. / Les sanctions prévues aux 3° à 6° peuvent être assorties du sursis à leur exécution dont les modalités sont définies à l'article R. 511-13-1 ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un élève ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont matériellement établis, constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Le 11 janvier 2021, deux tentatives de départ de feu ont été constatées au sein du collège. Le jeune A, désigné comme l'auteur des faits par deux élèves de l'établissement, a nié son implication avant de reconnaître les faits. S'il fait valoir dans sa requête qu'il n'était pas seul lors de la commission des faits et qu'il n'était pas le propriétaire du briquet, il ressort des pièces du dossier qu'il a cherché à brûler une porte à l'aide du briquet qu'il détenait puis a mis le feu à du papier dans une poubelle avant d'éteindre les flammes avec de l'eau. Il a par ailleurs reconnu avoir eu l'initiative de ces actes. La circonstance que d'autres élèves, non poursuivis, auraient été présents, voire lui auraient procuré des feuilles et un briquet, n'est pas de nature à remettre en cause la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Le jeune garçon est atteint d'une maladie chronique grave entraînant des crises douloureuses et des périodes d'hospitalisation régulières au cours de l'année scolaire, ce qui peut sans doute en partie expliquer son comportement instable mais n'a pas d'incidence sur le caractère fautif des faits qui lui sont reprochés. Or, trois jours avant les faits ayant provoqué la saisine du conseil de discipline, l'élève était entendu par la commission éducative de l'établissement du fait d'un nombre important de manquements au règlement intérieur depuis le début de l'année scolaire pour attitude inadaptée en classe, geste violent, insolence ou refus d'obéissance. A l'issue de cette commission éducative, l'élève s'était engagé à modifier son comportement et à se rendre à un rendez-vous hebdomadaire avec le conseiller principal d'éducation pour un bilan de son comportement envers ses professeurs et camarades. Toutefois, les faits commis trois jours après la mesure éducative mise en œuvre démontrent l'échec de cette dernière. Dans ces conditions, la rectrice qui a procédé à un examen de la situation de l'intéressé, n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant la mesure d'exclusion en litige.
6. Les conséquences médicales induites par le changement d'établissement qui sont liées à l'exécution de la décision d'exclusion en litige n'ont pas d'incidence sur sa légalité.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. et Mme C doivent être rejetées ainsi que les conclusions présentées en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme B C, à Me Barbarin et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul, premier conseiller,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
C. Bailleul Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026