jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103600 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2021, la société Morin Jean-Claude et fils, représentée par Me Gay, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette d'un montant de 5 000 euros émis par la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo le 19 avril 2021 pour recouvrer des pénalités appliquées au titre du marché de collecte des déchets ménagers n° 17_0259_AOF et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre méconnait les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales faute d'être accompagné du bordereau permettant de vérifier sa régularité et en ce qu'il est trop imprécis quant aux bases de la liquidation ;
- le règlement mensuel des factures par le pouvoir adjudicateur doit être considéré comme définitif et les pénalités ne peuvent être isolées du solde : en l'espèce, le marché s'est achevé le 31 décembre 2020, les dernières factures portant les numéros 424 à 427 ont été émises à cette date et n'ont pas été contestées et correspondent donc au règlement définitif du marché ; la collectivité ne pouvait plus quatre mois plus tard sanctionner la société pour une absence de respect du contrat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge de la société Morin Jean-Claude et fils une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable : l'arrêté contesté n° 144-2021 du 19 avril 2021 a été retiré et remplacé par un nouveau titre n° 169-2022 en date du 21 septembre 2022 ;
- M. C B est bien l'auteur du titre exécutoire ; en tout état de cause, une éventuelle irrégularité serait sans effet sur le bien-fondé de sa créance ;
- le titre en litige précise les bases de liquidation, qui concernent l'absence de respect des clauses du marché, ce dont la requérante avait été avertie par courrier du 11 mars 2021 qui l'informait de la prochaine émission d'un titre de recettes ;
- aucun délai d'application n'est prévu pour les pénalités de retard, qui sont fondées sur l'article 6 du cahier des clauses techniques particulières précisant l'heure du début de collecte, fixée à six heures du matin et qui été méconnu à plus de 60 reprises, malgré les alertes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Callot, rapporteur,
- et les conclusions de M. Villard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes d'une procédure d'appel d'offres ouvert européen, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a attribué à la société Morin Jean-Claude et fils les lots n° 2 et n° 3 d'un marché public de services relatif à la collecte et au transport de déchets ménagers et assimilés. Le marché a débuté le 1er janvier 2018, pour une durée fixée à 24 mois, reconduite pour un délai de 12 mois, soit jusqu'au 31 décembre 2020. Le 19 avril 2021, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo a émis un titre de recette d'un montant de 5 000 euros à l'encontre de la société, sous le libellé " pénalité non-respect marché 08/04/2021 ". Ce titre a été retiré et remplacé par un nouveau titre d'un même montant en date du 21 septembre 2022. Les conclusions de la requérante doivent être regardées comme dirigées contre ce nouveau titre et visent à la décharger de l'obligation de payer la somme de 5 000 euros mise à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de recette et de décharge :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L.1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 4° En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les titres de recettes, communiqués en défense, indiquent bien que le signataire du titre exécutoire est C B, président de la communauté d'agglomération s'agissant du titre initial et Pierre Matthieu Terrien, directeur des finances, par délégation du président, s'agissant du nouveau titre. La requérante n'est donc pas fondée à se prévaloir de l'absence de mention du signataire des titres en litige.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. "
5. En l'espèce, le titre initial émis le 19 avril 2021 et le nouveau titre émis le 22 septembre 2022, mentionnent à la rubrique objet : " pénalité non-respect marché 08/04/2021 ". Il est en outre justifié que la requérante a été informée par un courrier du 11 mars 2021 de la prochaine émission d'un titre de recettes en raison de la méconnaissance de certaines stipulations du marché. Ce courrier lui rappelle le fondement et le montant de la pénalité contractuelle appliquée et recense dans un tableau les dates, heures et lieux de chacun des manquements retenus lui permettant ainsi de contester. Par suite, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de l'absence de mention des bases de la liquidation.
6. En troisième lieu, l'article 6 du cahier des clauses techniques particulières du marché en litige a fixé à six heures du matin l'heure du début de collecte des déchets. Aux termes de l'article 13 de son cahier des clauses administratives particulières, des pénalités forfaitaires, à hauteur de 500 euros par infraction, pouvaient être mises en œuvre dans le cas de méconnaissance des stipulations du marché autres que celles nominativement énumérées. Il n'est en outre pas contesté que la requérante n'a pas respecté les horaires de collecte aux dix dates énumérées en annexe du courrier du 11 mars 2021 et portant sur les mois d'octobre et de décembre 2020, qui indiquent des heures de début de collecte entre 4h02 et 5h09 selon les dates. Par suite, la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo était fondée à appliquer les pénalités en litige.
7. Si la société soutient que l'application de ces pénalités était tardive, un cocontractant ne peut se prévaloir de la méconnaissance par l'autre partie du principe de loyauté des relations contractuelles au motif qu'elle aurait mis tardivement à sa charge des pénalités de retard qui résultent de la mise en œuvre de stipulations convenues entre les parties. En outre et contrairement à ce que soutient la requérante, dans un marché de prestations de service et en l'absence de toute clause contraire, les paiements mensuels réalisés par le donneur d'ordre sur le fondement des factures du mois précédent ne constituent pas des marchés distincts, donnant lieu à chaque versement à des règlements définitifs. La requérante ne peut utilement se prévaloir à ce titre ni des spécificités des marchés à bons de commande, qui donnent lieu à des prestations propres pouvant faire l'objet d'une réception et d'un règlement dès leur réalisation, ni des marchés de travaux, qui donnent lieu à un décompte général en fin de marché. Enfin, les stipulations de l'article 13 du cahier des clauses administratives particulières du marché en litige, qui prévoient que, " par dérogation aux dispositions de l'article 14 du CCAG-FCS, une pénalité, calculée sur le montant HT des prestations et non assujettie à TVA, sera appliquée, sans mise en demeure ", ne peuvent être interprétées comme interdisant que les pénalités prévues au marché soient mises en œuvre autrement que par déduction des paiements effectués mensuellement au prestataire.
8. Par suite, la société Morin Jean-Claude et fils n'est pas fondée à soutenir qu'en lui notifiant le 11 mars 2021, soit deux mois et 11 jours après le terme du marché, qu'elle souhaitait lui appliquer des pénalités en raison de la méconnaissance de certaines stipulations contractuelles, et en émettant le 19 avril 2021 le titre de recette correspondant, la communauté d'agglomération aurait mis en œuvre des pénalités après le règlement définitif du marché.
9. Il ressort de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'écarter la fin de non-recevoir, que les conclusions à fin d'annulation et de décharge des pénalités doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Partie perdante la société requérante ne peut prétendre à l'allocation d'une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, alors qu'il n'est pas justifié que la communauté d'agglomération aurait exposé des frais, de faire droit à ses conclusions au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Morin Jean-Claude et fils est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Morin Jean-Claude et fils et à la communauté d'agglomération Valence Romans Agglo.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Callot et M. A, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
A. Callot
La présidente,
A. Triolet
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026