vendredi 7 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CLEMENT-CUZIN-LEYRAUD DESCHEEMAKER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2021, M. A B, représenté par la SELARL Clément-Cuzin, Leyraud et Descheemaker, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 2 décembre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a refusé de lui renouveler sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;
2°) d'annuler la décision du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté son recours préalable obligatoire ;
3°) d'enjoindre à la commission nationale d'agrément et de contrôle de procéder à un nouvel examen de sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est est insuffisamment motivée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit dès lors qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure a été adressée le 11 octobre 2022 au Conseil national des activités privées de sécurité.
Par une ordonnance du 1er décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 décembre 2022.
Par une lettre du 23 janvier 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est du 2 décembre 2020, dès lors que la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du 5 mai 2021, prise à la suite du recours administratif obligatoire prévu par l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, s'est substituée à cette décision en application de l'article R. 633-9 du même code.
Une réponse au moyen d'ordre public a été enregistrée le 6 février 2023 pour M. B.
Un mémoire en défense a été enregistré le 1er mars 2023 pour le Conseil national des activités privées de sécurité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Heintz, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique,
- et les observations de Me Leyraud, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui était titulaire d'une carte professionnelle en qualité d'agent de surveillance et de gardiennage, a adressé à la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Sud-Est, le 29 juin 2020, une demande tendant à l'extension de sa carte professionnelle en vue d'exercer les fonctions de surveillance renforcée et d'intervention sur des sites sensibles. Par une délibération du 2 décembre 2020, la CLAC a refusé de lui délivrer l'autorisation sollicitée. Le 27 janvier 2021, M. B a formé contre cette délibération un recours préalable auprès de la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) qui a été rejeté par une décision du 5 mai 2021. Il demande au tribunal d'annuler les décisions du 2 décembre 2020 et du 5 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est :
2. Aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure alors applicable : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". Selon l'article R. 632-11 du même code, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle : / () / 2° Statue sur les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales et interrégionales, sur le fondement de l'article L. 633-3. () ". L'article R. 633-9 de ce code, alors applicable, prévoit que : " () Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours administratif, qui se substitue nécessairement à la décision initiale, est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité.
3. Il résulte de ce qui précède que la décision du 5 mai 2021, par laquelle la CNAC a rejeté le recours préalable obligatoire dirigé contre la décision de la CLAC Sud-Est du 2 décembre 2020, s'est substituée à cette dernière décision. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 2 décembre 2020 sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle :
4. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dans sa version applicable : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; / 3° S'il a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion non abrogé ou d'une interdiction du territoire français non entièrement exécutée ; / 4° Pour un ressortissant étranger, s'il ne dispose pas d'un titre de séjour lui permettant d'exercer une activité sur le territoire national après consultation des traitements de données à caractère personnel relevant des dispositions des articles R. 142-11 et R. 142-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés ; () ".
5. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
6. M. B s'est vu refuser l'extension de sa carte professionnelle d'agent de sécurité au motif qu'il a été mis en cause, le 17 juin 2019, en qualité d'auteur de faits d'abus de confiance, commis du 13 juin 2019 au 17 juin 2019 pour avoir, alors qu'il occupait les fonctions de sapeur-pompier, utilisé la carte de paiement pour l'alimentation du carburant du véhicule sérigraphié dont il disposait en cette qualité, pour faire le plein de son véhicule personnel. En outre, il a également été mis en cause, le 15 octobre 2017, en qualité d'auteur de faits de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique avec une concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 gramme dans le sang ou 0,40 milligramme par litre d'air expiré, commis le 14 octobre 2017. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que pour les faits d'abus de confiance, l'intéressé a immédiatement remboursé la somme de 70 euros et qu'aucun des faits qui lui sont reprochés n'a fait l'objet d'une inscription au bulletin n° 2 de son casier judiciaire. Par ailleurs, il n'est pas contesté que l'intéressé n'a commis aucune autre infraction depuis et il n'est pas établi que les condamnations dont il a fait l'objet seraient incompatibles avec l'exercice de ses fonctions d'agent de sécurité privée sur sites sensibles. Enfin, il ressort également des pièces du dossier que M. B, qui produit plusieurs attestations de collègues faisant état de son professionnalisme et de son sens des responsabilités, s'est vu décerner, le 14 juillet 2019, une médaille d'honneur des sapeurs-pompiers en récompense de ses bons services et de son dévouement. Ainsi, compte tenu de la nature des faits reprochés et de leurs caractères isolés et anciens, le requérant est fondé à soutenir que la décision de la CNAC est entachée d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que la décision du 5 mai 2021 de la CNAC doit être annulée.
Sur l'injonction :
8. L'exécution du présent jugement implique que le Conseil national des activités privées de sécurité délivre à M. B la carte professionnelle qu'il a demandée. Il y a lieu, par suite, de lui enjoindre de procéder à cette délivrance, si ce n'est déjà fait, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par M. B soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 mai 2021 de la commission nationale d'agrément et de contrôle est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. B, si ce n'est déjà fait, la carte professionnelle qu'il a demandée dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 avril 2023.
Le rapporteur,
M. HEINTZ
Le président,
V. L'HÔTE La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026