vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARCE - DE LA PORTE DES VAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2021, M. B A, représenté par la SCP Hélène Marce, Emilie de La Porte des Vaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a refusé de lui délivrer une carte professionnelle ;
2°) d'annuler la délibération du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté son recours administratif préalable obligatoire ;
3°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mention selon laquelle il aurait jeté une chaise sur son épouse lors d'une dispute conjugale ne concerne pas son dossier ;
- les faits considérés comme incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité sont anciens et ils ont fait l'objet d'une composition pénale ;
- il n'a été condamné qu'à une amende de 500 euros, ce qui démontre la gravité relative de l'infraction commise ;
- sa vie professionnelle et personnelle est désormais stable ;
- l'absence de renouvellement de sa carte professionnelle lui cause un préjudice important ;
- compte tenu de leur ancienneté et de leur absence de gravité, les faits qui lui sont reprochés ne constituent pas des agissements prohibés par l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2021, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,
- les conclusions de Mme Brenner-Adanlété, rapporteur publique,
- et les observations de Me de la Porte des Vaux, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a sollicité, le 10 décembre 2020, le renouvellement de la carte professionnelle qui lui a été délivrée en qualité d'agent privé de sécurité. La commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Est a rejeté sa demande par une décision du 2 février 2021. M. A a saisi la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), le 17 février 2021, d'un recours administratif préalable obligatoire dirigé contre cette décision. Par une délibération du 5 mai 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle a rejeté son recours. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 2 février 2021 :
2. Une décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale et est seule susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux. Il suit de là que M. A n'est pas recevable à demander l'annulation de la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle du 2 février 2021, à laquelle s'est substituée la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du 17 février 2021 qui peut seule être contestée devant le juge de l'excès de pouvoir.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 5 mai 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; / () ".
4. La commission nationale d'agrément et de contrôle, pour rejeter la demande de renouvellement de la carte professionnelle de M. A, s'est fondée sur des faits d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation, d'usage de faux en écriture et altération frauduleuse de la vérité dans un écrit, commis le 26 janvier 2016. Ces faits ont donné lieu à une composition pénale le 9 janvier 2018. A l'inverse de la commission locale, la commission nationale d'agrément et de contrôle n'a pas retenu des faits non imputables au requérant, à savoir le fait qu'il aurait jeté une chaise sur son épouse et l'aurait menacée avec un couteau de table, et qui concerneraient une autre personne.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu infliger, à la suite de la composition pénale dont il a fait l'objet le 9 janvier 2018, une amende de 500 euros, dont il s'est acquitté le 13 février 2018. Les faits en cause ne sont pas particulièrement anciens au regard de la demande de renouvellement de carte présentée par l'intéressé le 10 décembre 2020. En outre, compte tenu de leur nature et notamment du caractère frauduleux des infractions commises, ils doivent être regardés comme révélant un comportement contraire à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs et de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens. Dans ces conditions, la commission nationale d'agrément et de contrôle ne s'est pas livrée à une inexacte qualification juridique de ces faits en estimant que le comportement de l'intéressé était contraire aux exigences fixées par les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
6. Par ailleurs, si M. A soutient que le refus de renouvellement de sa carte professionnelle lui cause un préjudice important, cette circonstance n'est pas de nature, eu égard à ce qui vient d'être dit au point 5 du présent jugement, à entacher d'illégalité la décision contestée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi, en tout état de cause, que celles présentées à l'encontre de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La rapporteure,Le président,
N. BARDADV. L'HÔTE
La greffière
V. BARNIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026