jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BON-JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2021, la société TDF, représentée par Me Bon-Julien, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Grenoble s'est opposé aux travaux déclarés le 15 décembre 2020 en vue d'ajouter deux nouveaux mâts de même hauteur que le mât existant à une station de téléphonie mobile déjà existante, et sur chacun une nouvelle antenne, devant servir au déploiement du réseau 2G, 3G et 4G sur le toit terrasse d'un bâtiment sis 1057, avenue des Jeux Olympiques à Grenoble, sur une parcelle cadastrée section EH n° 77 ;
2°) d'annuler le rejet implicite de son recours gracieux du 2 mars 2021 ;
3°) d'enjoindre au maire de lui délivrer un certificat attestant d'une décision de non-opposition dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou de prendre un arrêté de non-opposition de délivrer l'autorisation sollicitée ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Grenoble une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
La société TDF soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- les dispositions de l'article UC.5.2. du règlement de la zone UC1 du PLUi ont fait l'objet d'une appréciation erronée ;
- le projet ne méconnait pas l'article 4.6.1 du règlement de la zone UC 1 du PLUi qui pose des règles de hauteur maximale, limitant la hauteur des constructions, ainsi que la hauteur des antennes-relais de téléphonie mobile ; la règle tenant à ce que les antennes-relais ne dépassent pas 3,50 mètres est respectée ;
- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme en s'opposant au projet pour des considérations relatives à la salubrité et à la sécurité publique en ce qui concerne les effets des ondes électro-magnétiques.
La requête a été communiquée à la commune de Grenoble le 15 juin 2021, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Une mise en demeure a été adressée par le tribunal à la commune de Grenoble le 30 novembre 2023.
Par ordonnance du 12 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 12 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Paillet-Augey,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société TDF, ayant pour domaine d'activité la gestion et l'exploitation de réseaux de télécommunications, a déposé, le 2 novembre 2020, à la mairie de Grenoble un dossier d'information visant à la modification d'une station de téléphonie mobile en vue d'ajouter deux nouveaux mâts de même hauteur que le mât existant à la station de téléphonie mobile existante, et sur chacun une nouvelle antenne, devant servir au déploiement du réseau 5G sur le toit terrasse d'un bâtiment 1057 avenue des Jeux Olympiques à Grenoble, sur une parcelle cadastrée section EH n° 77. Le 15 décembre 2020, la société TDF a déposé un dossier de déclaration préalable. Par un arrêté du 12 janvier 2021, la commune de Grenoble s'est opposée à cette déclaration préalable de travaux. La société TDF demande l'annulation de cet arrêté, et de la décision de rejet implicite de son recours gracieux du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté du 12 janvier 2021 a été signé par M. B A, adjoint délégué à l'urbanisme et à la santé. La commune de Grenoble, qui n'a pas produit en défense, ne justifie pas qu'il bénéficiait à cette fin d'une délégation accordée par le maire de Grenoble. Dès lors, le moyen tiré du vice d'incompétence est fondé.
En ce qui concerne l'insertion du projet dans l'environnement et la position des antennes en retrait des façades :
3. Aux termes de l'article 5.2 du règlement de la zone UC1 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Grenoble Alpes Métropole : " () L'implantation des antennes d'émission ou de réception, de leurs accessoires d'exploitation et de maintenance et de leurs équipements techniques doit être assurée en recherchant la meilleure intégration possible au regard de l'architecture du bâtiment et des vues depuis l'espace public. Lorsqu'ils sont implantés en partie supérieure des bâtiments, ils doivent être situées en retrait des façades ".
4. Le projet de la société TDF prévoit que les équipements de radiotéléphonie mobile seront installés sur la toiture terrasse d'un immeuble du centre-ville de Grenoble qui comporte déjà des installations similaires relevant d'autres opérateurs. L'environnement proche du quartier ne présente pas de caractère remarquable. Les antennes, en dépit du fait qu'elles ne sont pas intégrées dans des fausses cheminées, sont implantées en retrait des façades. Bien que certaines d'entre elles soient visibles depuis l'espace public, notamment depuis l'avenue des Jeux Olympiques qui est une artère passante, leur impact visuel depuis ces espaces est limité, malgré la densité des équipements présents sur cette toiture terrasse. Dès lors, le projet répond à l'exigence de la meilleure intégration possible des équipements dans l'architecture du site compte tenu, par ailleurs, des contraintes techniques s'imposant pour leur bon fonctionnement. Ainsi, la société TDF est fondée à soutenir que la commune de Grenoble a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en se fondant sur les dispositions de l'article 5.2 pour s'opposer à la déclaration préalable.
En ce qui concerne l'impact du projet sur le voisinage :
5. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la commune de Grenoble a fait application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en considérant que le dossier d'information déposé le 2 novembre 2020 à la mairie de Grenoble ne comportant pas d'éléments sur les risques d'exposition aux champs électromagnétiques du projet, il en résultait une impossibilité de porter une appréciation sur la demande. Toutefois, la commune de Grenoble ne verse au dossier aucune pièce permettant d'établir l'existence de risques sur la santé humaine résultant des effets des champs électromagnétiques provoqués par la pose d'antennes-relais de téléphonie mobile devant servir au déploiement du réseau 5G. Par suite, en l'absence de risque avéré pour la salubrité ou à la sécurité publique, la société TDF est fondée à soutenir que la commune de Grenoble s'est illégalement fondée sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme pour s'opposer à la déclaration préalable.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article 4.6 du règlement de la zone UC du PLUi :
7. Aux termes de l'article 4.6 du règlement de la zone UC du PLUi : " La hauteur maximale des constructions est limitée à : 20 m au faîtage ou au sommet du dernier acrotère en cas de toiture terrasse sans dépasser R+5. ". Le même article prévoit, spécifiquement pour les antennes relais, que " Lorsqu'ils sont installés sur des bâtiments : la hauteur des ouvrages et accessoires de production d'électricité, des antennes relai, des antennes d'émission ou de réception (radios, télévisions, radiotéléphones) et des éoliennes, est limitée à 3,50 m au-dessus de la hauteur atteinte par la construction, avec possibilité éventuelle de dépasser la hauteur maximale. () • Règles alternatives : Des dispositions autres que celles prévues par la règle ci-dessus peuvent être imposées : - Pour les constructions destinées aux équipements d'intérêt général et aux services publics dans la limite de 5 m supplémentaires. () ".
8. En application de ces dispositions, il convient de mesurer la hauteur des antennes implantées sur un toit terrasse non pas par rapport à la terrasse du toit, mais par rapport à l'acrotère. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et comme le soutient la société requérante, que la hauteur des antennes dont la construction est prévue présentent une hauteur émergente au-dessus de la construction de 2,73 mètres, ce qui respecte la hauteur autorisée, qui est de à 3,50 mètres " au-dessus de la hauteur atteinte par la construction ". Dès lors, la commune de Grenoble a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans l'application de l'article 4.6 du règlement de la zone UC du PLUi.
9. Ainsi, aucun des trois motifs précisés dans l'arrêté d'opposition préalable attaqué ne pouvait légalement justifier celui-ci.
10. Il résulte de ce qui précède que la société TDF est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 janvier 2021, ainsi que la décision de rejet implicite de son recours gracieux du 2 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
12. Il résulte de l'instruction que l'annulation de la décision litigieuse implique que la commune de Grenoble procède au réexamen de la demande de la société TDF dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et en application des dispositions précitées, de mettre à la charge de la commune de Grenoble une somme de 1 500 euros à verser à la société requérante au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 janvier 2021 de la commune de Grenoble et la décision de rejet implicite du recours gracieux du 2 mars 2021 sont annulés.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Grenoble de procéder au réexamen de la déclaration préalable de la société TDF dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Grenoble versera à la société TDF une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la société TDF et à la commune de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Paillet-Augey, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
C. Paillet-Augey Le président
P. Thierry
La greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21038342
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026