mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103879 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Laborie, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2020 notifié le 20 février 2020 par lequel la présidente du conseil départemental de la Drôme lui a refusé l'octroi d'un congé de longue maladie, ensemble la décision confirmative du 11 décembre 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au département de la Drôme de placer Mme A en congé de longue maladie à compter du 17 septembre 2019 pour une durée initiale minimale de 6 mois renouvelable ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre au département de la Drôme de réinstruire sa demande d'octroi d'un congé de longue maladie ;
4°) d'enjoindre au département de la Drôme de reconstituer ses droits à carrière, à congés, à avancement et financiers ;
5°) d'ordonner une expertise dont la mission sera de déterminer si l'état de santé de Mme A correspond aux conditions d'octroi d'un congé de longue maladie ;
6°) de mettre à la charge du département de la Drôme une somme de 2 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la collectivité s'est crue à tort en situation de compétence liée ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- elle n'a pas bénéficié de l'expertise d'un médecin agréé ;
- les avis du comité médical des 9 janvier et 4 juin 2020 ne sont pas motivés ;
- le médecin de prévention n'a pas établi de rapport, en méconnaissance de l'article 24 du décret du 30 juillet 1987 ;
- le refus de congé de longue maladie est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2021, le département de la Drôme, représenté par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le département fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive, donc irrecevable ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public ;
- et les observations de Me Vial-Grelier, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, rédactrice principale de deuxième classe employée par le département de la Drôme depuis 2007, a été affectée au service logement, habitat et territoires depuis 2013. Le 3 décembre 2018, elle a senti de vives douleurs à l'épaule ayant nécessité un arrêt de travail au titre de la maladie ordinaire. Par arrêtés successifs, Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire et ce, jusqu'au 13 septembre 2020. Le 27 novembre 2019, Mme A a sollicité l'octroi d'un congé de longue maladie. Le 9 janvier 2020, le comité médical départemental a émis un avis défavorable à la reconnaissance du congé de longue maladie. Par arrêté du 20 janvier 2020, notifié le 20 février 2020, le département de la Drôme a rejeté la demande de congé de longue maladie de Mme A. Dans la présente instance, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de juridiction administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
3. D'autre part, selon l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes de l'article 2 de cette même ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice () qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". En vertu du I de l'article 15 de l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif, les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif.
4. Enfin, aux termes de l'article 15 de l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif, dans sa rédaction issue de l'ordonnance du 13 mai 2020 : " I.- Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif. / () ". L'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 prévoyait que : " Tout acte, recours, action en justice () qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". L'article 1er de cette ordonnance, dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2020-560 du 13 juin 2020, visait alors les " délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Enfin, l'article 1er de la loi n° 2020-546 prorogeant l'état d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions a en outre prévu que : " I. L'état d'urgence sanitaire déclaré par l'article 4 de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 est prorogé jusqu'au 10 juillet 2020 inclus () ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué du 20 janvier 2020, qui comportait les voies et délais de recours, a été régulièrement notifié à Mme A le 20 février 2020. Si Mme A soutient que cette décision aurait présenté un caractère provisoire, dès lors que l'autorité territoriale ne peut, en principe, en vertu des dispositions de l'article 25 du décret du 30 juillet 1987, statuer sur la demande du fonctionnaire tendant à l'octroi d'un congé de longue maladie qu'après avoir recueilli l'avis du comité médical supérieur en cas de contestation par l'agent de l'avis du comité médical, il est constant que l'intéressée n'a pas contesté l'avis défavorable du comité médical du 9 janvier 2020 avant l'intervention de l'arrêté attaqué du 20 janvier 2020, notifié le 20 février 2020, et n'allègue pas qu'elle aurait disposé d'un délai insuffisant à cet effet. Dans ces conditions, le département de la Drôme a pu régulièrement statuer sur la demande de congé de longue maladie de l'intéressée, sans que celle-ci puisse utilement invoquer la saisine ultérieure du comité médical supérieur par courrier du 28 juin 2020. Le délai de recours contentieux dont disposait Mme A courait donc à compter du 20 février 2020, date de notification de l'arrêté contesté du 20 janvier 2020. Ce délai expirant le 21 avril 2020, soit durant la période visée par l'article 1er de l'ordonnance précitée du 25 mars 2020, Mme A bénéficiait d'un délai de deux mois à compter du 23 juin 2020 pour exercer son recours, soit jusqu'au 23 août 2020, date à laquelle la décision contestée est devenue définitive. Ni l'intervention ultérieure, à la supposer établie, d'une décision confirmative du 11 décembre 2020, ni le recours gracieux de l'intéressée du 15 février 2021 n'ont eu pour effet de rouvrir ce délai. La requête de Mme A, enregistrée le 16 juin 2021, est donc tardive, et par voie de conséquence irrecevable.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le département de la Drôme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département de la Drôme présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Drôme.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président rapporteur,
M. d'Argenson, premier conseiller,
Mme Fourcade, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.
Le rapporteur,
P.-H. D'ARGENSON
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103879
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026