lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL DIRECTION PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 juin 2021 et 25 février 2022, la société EASYDIS, représentée par la société d'avocats Fidal, agissant par Me Maheust et Me du Pasquier, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises, des taxes spéciales d'équipement, des taxes pour frais de chambre et d'industrie et des frais de gestion auxquels elle a été assujettie, à hauteur de 306 200 euros, au titre de l'année 2018 à raison de l'établissement qu'elle exploite Allée du port à Montélimar ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en l'absence de définition d'établissement industriel applicable à la CFE 2018 dans le code général des impôts, il est nécessaire de se reporter à l'instruction du 1er octobre 1941 ayant toujours valeur législative ;
- dès lors qu'en vertu de ces règles et principes, est industriel l'établissement qui, soit assure la fabrication de produits ou le transport de personnes ou de choses, soit se caractérise par une obsolescence accélérée de ses installations et/ou des frais importants justifiant une déduction majorée sur sa valeur locative, son établissement situé Allée du port à Montélimar ne peut être qualifié d'établissement industriel.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'acte dit loi n° 371 du 15 mars 1942, ainsi que l'instruction du 1er octobre 1941 ;
- l'ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental, notamment ses articles 2 et 7 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Easydis, filiale logistique du groupe Casino, exploite plusieurs entrepôts frigorifiques dédiés à l'entreposage de marchandises, à la préparation de commande et à la livraison des magasins, dont un situé Allée du port à Montélimar au titre duquel elle a été assujettie, pour l'année 2018, à la cotisation foncière des entreprises, des taxes spéciales d'équipement, des taxes pour frais de chambre de commerce et d'industrie et des frais de gestion à hauteur de 306 200 euros. Sa réclamation reçue le 30 décembre 2019 étant restée sans réponse, elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
2. Si l'acte dit loi du 15 mars 1942 relatif à la contribution foncière des propriétés bâties et non bâties, maintenu en vigueur en 1945, a donné valeur législative aux prescriptions de l'instruction du 1er octobre 1941 qui contenait une définition restrictive de la notion d'établissement industriel, cette définition ne valait que pour l'application de la majoration de la valeur locative des établissements industriels que cette instruction instituait, qui a été maintenue par l'article 4 de l'acte dit loi du 15 mars 1942, mais qui a disparu par l'effet de l'abrogation, par la loi du 2 février 1968 relative aux évaluations servant de base à certains impôts directs locaux, du 2 de l'article 1386 du code général des impôts qui reprenait les termes de cet article 4. Il en résulte que la définition des établissements industriels qui figure à l'instruction du 1er octobre 1941 n'est plus en vigueur. La société Easydis ne peut donc utilement se prévaloir des énonciations de l'instruction du 1er octobre 1941 relatives à la définition des établissements industriels.
3. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. " Aux termes de l'article 1499 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients (2) qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat (3). " Revêtent un caractère industriel, au sens de cet article, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
4. La société Easydis ne conteste pas, en l'espèce, le bien-fondé de l'application faite par l'administration fiscale des critères exposés au point précédent à l'établissement qu'elle exploite à Montélimar. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que pour l'exercice de son activité, qui consiste à réceptionner les palettes de marchandises provenant des grossistes, à les stocker sur des rayonnages de plusieurs mètres de haut et à préparer les commandes en provenance des différents magasins du groupe Casino, la société requérante bénéficie d'un entrepôt, situé à Montélimar, d'une superficie totale de 45 600 m2. Cet entrepôt dispose d'une installation de production de froid et de chambres froides pour l'entreposage de produits surgelés ainsi que d'une zone de stockage des produits frais. Le stockage des produits s'effectue en cellules de stockage composées de racks, d'une hauteur allant de 5 à 6 mètres de haut, nécessitant l'emploi d'engins de portage et de levage, tels que des charriots électriques élévateurs et de transports, des transpalettes, d'une installation de recharge des accumulateurs pour les charriots électriques ainsi que de nombreux quais de chargement et de déchargement des marchandises. L'activité de préparation de commandes se traduit par la constitution de colis correspondant aux commandes d'un supermarché. Le personnel technique utilise le matériel de levage et de manutention de façon systématique. La réception de palettes, leur mise en rayonnage et la préparation des commandes sont totalement mécanisées. Les palettes de marchandises provenant des grossistes doivent être stockées et prélevées sur des rayonnages d'une hauteur inaccessible sans des engins de portage et de levage électriques. La gestion des marchandises lors de leur réception, préparation, puis expédition est assurée au moyen d'un système informatique, ledit système étant relié à chaque chariot par une commande vocale dirigeant l'opérateur d'un bout à l'autre de la préparation des commandes. Par suite, alors même que l'activité qui y est exercée n'est pas une activité de fabrication ou de transformation de biens, et à supposer même que l'établissement en litige ne subisse que peu d'altération dans le temps, comme le fait valoir la société requérante, l'entrepôt qu'elle exploite à Montélimar a un caractère industriel au sens des dispositions de l'article 1499 du code général des impôts, eu égard au rôle prépondérant que jouent les installations techniques, matériels et outillages dans l'exercice de son activité par la société Easydis. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a regardé l'établissement de Montélimar de la société Easydis comme présentant un caractère industriel.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Easydis doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er :
La requête de la société Easydis est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à la société Easydis et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wyss, président,
Mme A et Mme B, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
La rapporteure,
A. B
Le président,
J-P. Wyss
La greffière,
C. Billon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026