jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | VEDESI - SCP SCHMIDT VERGNON PELISSIER THIERRY EARD-AMINTHAS & TISSOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 juin 2021, 28 octobre 2022, 27 avril 2023 et 27 juillet 2023, la société civile de construction vente (SCCV) Le Belair, représentée par Me Eard-Aminthas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer valant ampliation du titre de recette émis le 1er avril 2021 lui réclamant le paiement de la participation au financement de l'assainissement collectif à hauteur de 94 471, 60 euros ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Grand Lac la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il revient à la communauté d'agglomération du Grand Lac de justifier que l'un des documents formant titre de recette exécutoire comporte la signature de l'ordonnateur et de produire le bordereau de titre de recettes ; le signataire du bordereau récapitulatif des titres de recettes ne correspond pas au signataire du titre de recettes attaqué ; la qualité de M. A, signataire, n'est pas mentionnée ; la délégation produite ne mentionne pas que M. A dispose de la qualité pour signer électroniquement un bordereau récapitulant les titres de recettes ; l'arrêté portant délégation de signature ne vise pas l'arrêté en date du 27 juin 2007 du ministre en charge du budget portant institution des modalités de signature électronique ; M. A, signataire du bordereau, n'établit pas avoir une quelconque compétence pour attester du caractère exécutoire de chacune des pièces comme l'exige l'article 5 de l'arrêté du 27 juin 2007 ; la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur n'est pas assurée ; l'avis des sommes à payer qui mentionne M. Beretti, président, n'est pas signé ;
- l'avis des sommes à payer ne permet pas de déterminer précisément les bases de sa liquidation et est insuffisamment motivé ; aucun renvoi n'est opéré par l'avis des sommes à payer ; le courrier du 12 mars 2020 ne lui a pas apporté des informations claires et intelligibles, au contraire il a fourni des informations contradictoires voire erronées ;
- il ne prend pas en compte la date effective de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées des immeubles construits ; le calcul du montant de la participation au financement de l'assainissement collectif ne peut être calculé par rapport au tarif de l'année 2020 ;
- il n'est pas mentionné dans la délibération du 10 décembre 2019 que les tarifs retenus permettraient effectivement de respecter la règle mentionnée à l'article L. 1331-7 du code précité à savoir que le montant de la participation ne doit pas excéder 80 % du coût de fourniture et de pose d'une installation individuelle ; la délibération instaurant cette participation est ainsi entachée d'illégalité ;
- elle été assujettie pour son projet à la taxe d'aménagement majorée de 20%, qui contenait le financement des eaux usées, ce qui méconnait les dispositions de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme dont il résulte un principe de non-cumul des participations d'urbanisme ayant le même objet ; la participation au financement de l'assainissement collectif ne peut être exigée pour les dossiers soumis à la taxe d'aménagement majorée pour des raisons d'assainissement ;
- elle s'est vue indiquer tout au long du projet que les travaux de raccordements seraient inclus au titre des ouvrages publics financées par la taxe d'aménagement ; le titre attaqué contrevient ainsi au principe de sécurité juridique ; rien ne lui permettait de douter des promesses qui lui ont été faites par la commune de Pugny Chatenod ;
- elle a également financé la canalisation des eaux usées sur la route des Hôtes, relevant du domaine public, au titre de son marché privé conclu avec la société Eiffage.
Par des mémoires en défense enregistrés les 10 août 2021, 22 décembre 2022 et 11 juillet 2023, la communauté d'agglomération Grand Lac, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCCV Le Belair une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens présentés par la SCCV Le Belair ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- les observations de Me Laurent, représentant la SCCV Le Belair,
- et les observations de Me Plenet, représentant la communauté d'agglomération Grand Lac.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 22 février 2018 le maire de la commune de Pugny Chatenod (Savoie) a accordé à la SCCV Le Belair un permis de construire modificatif. Par un premier avis des sommes à payer en date du 30 juin 2020, il lui a été réclamé par la communauté d'agglomération Grand Lac la somme de 77 761,12 euros au titre de la participation au financement de l'assainissement collectif (PFAC). Toutefois, par un courrier du 12 mars 2021, la SCCV Le Belair a été informée qu'un nouvel avis allait être émis. Par un second avis des sommes à payer valant ampliation du titre de recette émis le 1er avril 2021, il a été réclamé à la SCCV Le Belair la somme de 94 471,60 euros au titre de cette même participation. Dans la présente instance, elle demande au tribunal l'annulation de ce dernier titre exécutoire.
2. En premier lieu, aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors applicable : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. "
3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel doit mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur.
4. En l'absence de production par la communauté d'agglomération Grand Lac du bordereau de titre de recettes signé par M. Renaud Berreti, président de Grand Lac, la SCCV Le Belair est fondée à soutenir que l'avis des sommes à payer en litige est irrégulier en la forme et doit être annulé.
5. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. Les recettes sont liquidées pour leur montant intégral, sans contraction avec les dépenses. Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ".
6. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. En application de ce principe, l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
7. En l'espèce, le titre exécutoire attaqué, qui mentionne uniquement en objet " PFAC -Participation financement assainissement collectif - Branchement Permis Construire 7320816C1012-01/04/2021 ", ne précise ni les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis, ni les éléments de calcul sur lesquels il se fonde. Si la communauté agglomération Grand Lac fait valoir que cet avis fait suite à un courrier en date du 12 mars 2021 qui informait la SCCV Le Belair de l'annulation du précédent avis des sommes à payer du 30 juin 2020 et dans lequel figuraient les éléments permettant de calculer le montant de 94 471,60 euros, l'état exécutoire ne fait pas référence à cette pièce, ni à aucun autre document précisant les bases de la liquidation et les éléments de calcul de la somme réclamée.
8. Il résulte de ce qui précède que la SCCV Le Belair est fondée à demander l'annulation de l'avis des sommes valant ampliation du titre de recette émis le 1er avril 2021 lui réclamant le paiement de la participation au financement de l'assainissement collectif à hauteur de 94 471,60 euros.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCCV Le Belair, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que la communauté d'agglomération Grand Lac demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, pour le même motif, de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Grand Lac la somme de 1 500 euros en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer valant ampliation du titre de recette émis le 1er avril 2021 réclamant le paiement de la somme 94 471,60 euros au titre de la participation au financement de l'assainissement collectif est annulé. Article 2 :
Article 3 :
La communauté d'agglomération Grand Lac versera à la SCCV Le Belair la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les conclusions de la communauté d'agglomération Grand Lac présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la SCCV Le Belair et à la communauté d'agglomération Grand Lac.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme C et Mme Coutarel, assesseures.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026