mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104122 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE DAVOCATS SEBAN ARMORIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 25 juin 2021, le préfet de l'Isère demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de La Forteresse a délivré un permis de construire à M. A B pour la réhabilitation totale d'une construction existante.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté méconnaît l'article 1.4 a) du chapitre 1 du titre 1 du règlement écrit du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bièvre Isère ;
- l'arrêté contesté méconnaît l'article 1.4 c) du chapitre 1 du titre 1 du règlement écrit du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Bièvre Isère.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2021, Mme D A B et M. C A B, représentés par Me Manhes, concluent au rejet du déféré et à ce que soit mis à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le déféré préfectoral est irrecevable pour tardiveté ;
- le préfet de l'Isère ne peut valablement invoquer la méconnaissance des dispositions illégales du PLUi de Bièvre Isère concernant le zonage RG s'opposant à toute construction sur les parcelles d'assiette du projet litigieux ;
- les moyens soulevés par le préfet de l'Isère ne sont pas fondés.
Par un courrier du 18 novembre 2022, le tribunal a, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de Mme Beytout, rapporteure publique,
- les observations de Me Gérin, représentant M. et Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 novembre 2020, M. C A B a déposé en mairie de la commune de La Forteresse une demande de permis de construire portant sur " la réhabilitation totale d'un logement existant " déjà raccordé à l'électricité, comportant un ravalement, un changement des menuiseries (sans nouvelles ouvertures) et de la couverture du toit et la mise en place d'un assainissement non collectif conforme aux préconisations du SPANC, sur les parcelles cadastrées section D nos 182 et 605 situées en bord de route, au 90 chemin des Gorges, lieudit " Le Bouthec ", sur le territoire de la commune de La Forteresse en zone U du PLUi de Bièvre Isère approuvé le 26 novembre 2019. Le maire de La Forteresse a délivré le permis de construire sollicité par un arrêté du 4 janvier 2021. A la demande du préfet de l'Isère, le maire a retiré ce permis de construire par un arrêté du 2 avril 2021, qu'il a lui-même retiré par un arrêté du 27 mai 2021. Par le présent déféré, le préfet de l'Isère demande l'annulation de l'arrêté de permis de construire du 4 janvier 2021.
Sur l'exception d'illégalité :
2. Si M. et Mme A B soutiennent que le classement, sans étude particulière, par le PLUi de Bièvre Isère d'un ensemble de parcelles, dont celles leur appartenant, en zone RG correspondant aux secteurs interdits à la construction en raison de l'exposition à des risques naturels en aléa fort de glissement de terrain, serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation qui doit être regardée comme une erreur de droit. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la règle d'inconstructibilité applicable en zone RG ne revêt pas un caractère absolu dès lors qu'elle comporte des exceptions assorties de conditions. Par suite, l'exception tirée par les pétitionnaires de l'illégalité du classement de leurs parcelles en zone RG ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Il résulte des dispositions de l'article 1.5 du chapitre 1 " Secteurs soumis aux risques naturels " du titre 1 du règlement écrit du PLUi de Bièvre Isère que sont interdits dans les secteurs indicés RG " les constructions à l'exception de ceux admis dans les exceptions aux interdictions générales pour les secteurs RG ci-dessus ". L'article 1.4 " Exceptions aux interdictions générales " du chapitre 1 " Secteurs soumis aux risques naturels " du titre 1 du règlement écrit du PLUi de Bièvre Isère prévoit que, dans " les secteurs indicés RG, () sous réserve d'être admis dans la zone, seuls peuvent être autorisés sous réserve de ne pas aggraver les risques et de ne pas en créer de nouveaux : a) et sous réserve complémentaire qu'ils ne conduisent pas à une augmentation de la population exposée : les travaux courants d'entretien et de gestion des constructions et installations existantes, notamment, les aménagements internes, les traitements de façades, la réfection des toitures () / c) les changements de destination sous réserve de l'absence d'augmentation de la vulnérabilité des personnes exposées, () ".
4. En premier lieu, le préfet de l'Isère soutient que les travaux envisagés de réhabilitation complète d'une construction agricole pour la transformer en logement emportent changement de destination et création d'un nouvel espace de vie qui aura pour effet d'augmenter la vulnérabilité des personnes exposées en méconnaissance des dispositions du c) de l'article 1.4 du règlement du PLUi de Bièvre Isère. Toutefois, il n'est pas sérieusement contesté que le projet litigieux consiste en la réhabilitation d'un bâtiment faisant partie d'un corps de ferme et comportant un logement existant ayant été occupé jusque dans les années 1970 et dont le préfet n'établit, ni même n'allègue, l'irrégularité. Les travaux autorisés par le permis de construire en litige en vue de permettre au pétitionnaire de disposer d'un logement réhabilité, fût-il resté inoccupé pendant une longue période, dans le cadre de son projet d'exploitation agricole de promotion de la permaculture, ne sont pas de nature à emporter un changement de destination. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du c) de l'article 1.4 du règlement du PLUi de Bièvre Isère est inopérant et doit être écarté.
5. En second lieu, le préfet de l'Isère fait valoir que le projet autorisé n'entre pas dans le champ de l'exception prévue au a) de l'article 1.4 du règlement du PLUi de Bièvre Isère dans la mesure où il ne consiste pas en la réalisation de travaux courant d'entretien et de gestion des constructions et installations existantes au sens de ces dispositions et emporte création d'un nouvel espace de vie permettant d'abriter une famille, augmentant ainsi la population exposée. Il ressort des pièces du dossier que les travaux autorisés qui consistent, ainsi qu'il a été dit au point 4, en une réhabilitation d'un logement existant, comportent, d'une part, un ravalement, un changement des menuiseries, des volets et de la couverture du toit, ainsi que la mise en place d'un dispositif d'assainissement non collectif qui entrent, eu égard à leur nature, dans le champ des dispositions du a) de l'article 1.4 du règlement du PLUi de Bièvre Isère et, d'autre part, ainsi que cela ressort des pièces PCMI 5, 6 et 8 versées au dossier, une modification importante de la façade sud du bâtiment par la création d'une terrasse couverte qui, par sa nature, ne constitue pas des travaux courants d'entretien et de gestion des constructions et installations existantes au sens de ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du a) de l'article 1.4 du règlement du PLUi de Bièvre Isère, en tant que le projet en litige comporte la création d'une terrasse couverte, doit être accueilli.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
6. L'article L. 600-5-1 du même code dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
7. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
8. Le seul vice dont le présent jugement reconnaît, au point 5, qu'il entache d'illégalité le permis de construire en litige, apparaît susceptible de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à M. et Mme A B et à la commune de La Forteresse un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur le déféré, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à M. et Mme A B et à la commune de La Forteresse pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice tiré de la méconnaissance des dispositions du a) de l'article 1.4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Bièvre Isère.
Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de l'Isère, à la commune de La Forteresse et à Mme D A B et M. C A B.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Wegner, président,
M. Ban, premier conseiller,
M. Hamdouch, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. E
Le président,
S. Wegner
La greffière,
A.Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026