mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL - BUREAU DE LYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 juin 2021, le 19 octobre 2021 et le 31 octobre 2021, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mai 2021 par laquelle le maire de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction d'un logement sur la parcelle cadastrée CC63 située 6 chemin de la Roubine ;
2°) d'enjoindre à la direction départementale des territoires (DDT) d'approuver le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) dans l'année du jugement sous peine d'une indemnité de 80 000 euros au titre de dommages-intérêts ;
3°) de suspendre l'opposabilité du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) en cours de révision ;
4°) d'enjoindre à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux de lui délivrer un certificat d'urbanisme à défaut d'approbation du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) dans l'année suivant le présent jugement.
Il soutient que :
- le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) prescrit par le préfet en 2002 n'a pas été approuvé et n'a pas été soumis à enquête publique ;
- le terrain n'est pas inondable.
Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, représentée par Me Lamouille, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin indemnitaire tendant au versement d'une somme de 80 000 euros au titre de dommages et intérêts, qui n'ont pas été précédées d'une demande indemnitaire préalable, sont irrecevables ;
- les conclusions à fin d'injonction tendant à enjoindre à la DDT d'approuver le plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) et tendant à la suspension du plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) sont irrecevables dès lors qu'elles ne relèvent pas de l'office du juge ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, une substitution de motifs peut être opérée car le projet n'est pas réalisable au vu du plan local d'urbanisme, la parcelle étant classée en zone Rouge aléa fort des risques d'inondation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère ;
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;
- et les observations M. C et de Me Lamouille, avocat de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire de la parcelle cadastrée CC63 qui supporte son habitation, située 6 chemin de la Roubine sur le territoire de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, classée en zone UCt. Le 6 avril 2021, il a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la réalisation d'une habitation de plain-pied d'une superficie de 120 m² sur cette même parcelle. Par la décision attaquée du 10 mai 2021, le maire lui a délivré un certificat d'urbanisme déclarant l'opération non réalisable au motif que la parcelle est localisée dans une zone inondable Rouge Rh2 repérée sur les dernières cartographies inondation à intégrer au plan local d'urbanisme et que dans cette zone, les constructions de nouvelles d'habitation sont interdites. Dans la présente instance, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir du certificat d'urbanisme négatif :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 562-4 du code de l'urbanisme : " Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan local d'urbanisme, conformément à l'article L. 153-60 du code de l'urbanisme. / Le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé fait l'objet d'un affichage en mairie et d'une publicité par voie de presse locale en vue d'informer les populations concernées. ". Aux termes de l'article L. 152-7 de ce code : " Après l'expiration d'un délai d'un an à compter, soit de l'approbation du plan local d'urbanisme soit, s'il s'agit d'une servitude d'utilité publique nouvelle définie à l'article L. 151-43, de son institution, seules les servitudes annexées au plan ou publiées sur le portail national de l'urbanisme prévu à l'article L. 133-1 peuvent être opposées aux demandes d'autorisation d'occupation du sol. () "
3. D'autre part, aux termes de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme : " () sont notamment interdits en aléa moyen et fort : / les constructions nouvelles () ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que l'ensemble des servitudes d'utilité publique instituées par un plan de prévention des risques naturels prévisibles sont immédiatement opposables aux décisions relatives à l'occupation du sol pendant une durée d'un an à compter de l'approbation de ce plan. Cependant, seules les servitudes expressément annexées au plan local d'urbanisme demeurent opposables au-delà de ce délai.
5. Il ressort des pièces du dossier que le plan de prévention des risques naturels d'inondation annexé à l'arrêté préfectoral du 12 avril 2011, qui classe la parcelle CC63, terrain d'assiette du projet de construction, en zone inondable Rouge Rh2, n'a pas été approuvé. Le plan de prévention des risques naturels d'inondation n'est par conséquent pas opposable. Par suite, M. C est fondé à soutenir que ce motif est illégal.
Sur la demande de substitution de motif sollicitée par la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux :
6. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
7. Aux termes de l'article UC1 du plan local d'urbanisme : " Sont notamment interdits en aléa moyen et fort : les constructions nouvelles ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle de M. C est classée en aléa fort par le document graphique du plan local d'urbanisme. Ainsi, le motif tiré de la méconnaissance de l'article UC1 du plan local d'urbanisme était de nature à fonder légalement un refus et il résulte de l'instruction que le maire de Saint-Paul-Trois-Châteaux aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif. Dès lors que M. C n'a pas été privé d'une garantie procédurale, il y a lieu de faire droit à la substitution de motifs demandée.
9. M. C soutient que le risque d'inondation avéré ne concerne pas son terrain. Il doit ainsi être regardé comme excipant de l'illégalité du classement en aléa fort de sa parcelle par le document graphique du plan local d'urbanisme.
10. Le requérant fait valoir que la parcelle concernée n'a connu aucune inondation en cinquante ans. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé à quelques dizaines de mètres du ruisseau de la Roubine dans l'emprise de la crue centennale. Cette rivière et son affluent le Rieu sont sujets à des crues de type torrentiel péri-urbain avec montée des eaux rapide et durée de submersion assez courte selon le rapport de présentation du plan local d'urbanisme de la commune. Si M. C soutient qu'au niveau de son terrain, la rivière est largement dimensionnée pour absorber le bassin versant concerné, que le ruissellement est impossible et que le bassin versant collecté est trop petit pour créer une vague submersive même pour une pluie centennale, aucun élément ne permet d'étayer ses affirmations. Dès lors, le classement de la parcelle en aléa fort risques naturels d'inondation n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme doit être écartée.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 mai 2021 lui refusant la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel pour la construction d'une habitation en aléa fort.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
12. La présente décision, qui rejette les conclusions de la requête aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par voie de conséquence, et en tout état de cause, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction de cette même requête.
Sur les frais d'instance :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux tendant à la condamnation de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune Saint-Paul-Trois-Châteaux relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme D et Mme Coutarel, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104217
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026