mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CCMC - CAPRON - MANIEUX - CHOPINEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2021, Mme D B, représentée par Me Chopineaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme délivré le 18 mai 2021 par le maire de la commune de Viviers-du-Lac ;
2°) de déclarer illégal le classement de la parcelle n° B1489 ;
3°) d'enjoindre au maire de Viviers-du-Lac de procéder à l'achèvement de l'instruction de sa demande et de prendre une décision sur sa demande de certificat d'urbanisme dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
4°) de condamner la commune de Viviers-du-Lac au versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision est illégale dès lors qu'elle ne répond pas à la demande de certificat d'urbanisme opérationnel.
Elle soutient que le classement de sa parcelle est illégal :
- il a été modifié après enquête publique sans procéder de celle-ci ;
- le classement en zone A est contraire à l'emplacement réservé grevant la parcelle ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché de détournement de pouvoir.
Elle soutient également que l'article 3 relatif au sursis à statuer est illégal.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 octobre 2021, la commune de Viviers-du-Lac, représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme B à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre un acte insusceptible de recours ;
- subsidiairement, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- le code de l'urbanisme,
- le décret n° 2015-1461 du 10 novembre 2015 relatifs aux exceptions à l'application du principe " silence vaut acceptation " ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Chopineaux pour Mme B et de Me Plenet pour la commune de Viviers-du-Lac.
La commune de Viviers-du-Lac a transmis une pièce en délibéré le 17 janvier 2023.
Mme B a produit une note en délibéré le 30 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a demandé un certificat d'urbanisme opérationnel le 20 février 2021 pour connaître la faisabilité d'une construction d'une maison individuelle sur sa parcelle cadastrée section B n°1489 à Viviers-du-Lac. Aucune réponse ne lui a été apportée dans le délai de deux mois. Par courrier du 12 mai 2021, Mme B a mis en demeure le maire de se prononcer sur sa demande. En réponse, le 18 mai 2021, le maire a signé un " certificat d'accord tacite " qui ne se prononce toujours pas sur sa demande. Mme B en demande l'annulation.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Le certificat en litige du 18 mai 2021 indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain comme le prévoit le a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme. Il s'agit d'une décision susceptible de recours (CE 6 juin 2012, 329123). La fin de non-recevoir opposée par la commune de Viviers-du-Lac doit donc être écartée.
Sur la légalité de la décision attaquée :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. (). ". L'article R. 410-10 de ce code dispose que : " Dans le cas prévu au b de l'article L. 410-1, le délai d'instruction est de deux mois à compter de la réception en mairie de la demande () ". Enfin, en vertu de l'article R. 410-12 de ce code : " A défaut de notification d'un certificat d'urbanisme dans le délai fixé par les articles R. 410-9 et R. 410-10, le silence gardé par l'autorité compétente vaut délivrance d'un certificat d'urbanisme tacite. Celui-ci a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l'article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article ". Enfin, il résulte du tableau annexé au décret n°2015 du 10 novembre 2015 que le silence gardé sur une demande de certificat d'urbanisme vaut refus.
4. En se bornant à délivrer un certificat d'urbanisme d'information à Mme B alors qu'il était saisi d'une demande de certificat opérationnel, le maire de Viviers-du-Lac a opposé un refus implicite à sa demande. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est illégale pour avoir méconnu l'obligation de statuer sur la demande relative au caractère réalisable du projet.
5. En second lieu, l'article L. 151-27 du code de l'urbanisme prévoit qu'à l'issue de l'enquête publique, le plan local d'urbanisme peut être modifié avant son approbation pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête.
6. En l'espèce, le terrain de Mme B était classé en zone 2AU dans le projet soumis à enquête publique. La seule observation faite lors de l'enquête par une personne venant se renseigner sur le projet de déviation, sur ses conséquences sur l'environnement et s'inquiétant sur une possible urbanisation le long de ce futur axe routier ne saurait justifier que son classement soit modifié en A alors, de plus, que le secteur était grevé d'une servitude d'emplacement réservé pour la réalisation d'une voie publique et d'un parking public. Ainsi, ce classement a été modifié en violation de l'article L. 151-27 du code de l'urbanisme, en méconnaissance substantielle des règles de l'enquête publique.
7. Il résulte de ce qui précède que le certificat d'urbanisme d'informations du 18 mai 2021 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, la présente décision implique uniquement que le maire de Viviers-du-Lac délivre un nouveau certificat d'urbanisme d'information à Mme B. Il y a lieu de lui fixer un délai d'exécution d'un mois, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Viviers-du-Lac doivent dès lors être rejetées.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Viviers-du-Lac une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :Le certificat d'urbanisme d'informations du 18 mai 2021 est annulé.
Article 2 :Il est enjoint au maire de Viviers-du-Lac de délivrer à Mme B un nouveau certificat d'urbanisme d'information dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 :La commune de Viviers-du-Lac versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de Viviers-du-Lac.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Bedelet, première conseillère,
Mme Holzem, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le président, rapporteur,
C. C
La première assesseure,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026