lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104462 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2021, M. A, représenté par Me Schürmann, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 3 mai 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu le bénéfice de conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice de conditions matérielles d'accueil à compter de la présente décision ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, moyennant la renonciation de son avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnait les articles L. 744-8 et D. 744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la circonstance qu'il est revenu en France après son transfert en Espagne et a présenté une nouvelle demande d'asile ne constitue pas une fraude aux conditions matérielles d'accueil susceptible de justifier une demande de refus ;
- le fait de déposer une nouvelle demande d'asile après avoir été placé en procédure Dublin ne rentre pas dans les cas de figure prévus par l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant la suspension du bénéfice de conditions matérielles d'accueil ;
- la décision méconnait l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : sa demande a donc été traitée en tant que première demande d'asile et non en tant que demande de réexamen et en assimilant sa nouvelle demande a une demande de réexamen, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a commis une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 décembre 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 septembre 2021.
Vu la lettre adressée en application de l'article L. 611-7 du code de justice administrative informant les parties que le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur le moyen relevé d'office tiré de l'inapplicabilité des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont été abrogées à compter du 1er mai 2021.
Vu la réponse de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, enregistrée le 3 janvier 2023 et communiquée à M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauveplane,
- et les observations de Me Schürmann, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité guinéenne, né le 2 mars 1988 à Gaoula, est entré en France le 17 novembre 2017 pour déposer une demande d'asile, qui a été placée en procédure " Dublin " à la suite de l'identification sur le fichier " Eurodac " de M. A une première fois par les autorités espagnoles le 12 décembre 2017. Il a accepté le bénéfice de conditions matérielles d'accueil le 25 décembre 2017. L'Espagne a accepté de le prendre en charge le 27 février 2018 et il a été éloigné à destination de l'Espagne le 27 juin 2018. M. A a présenté une nouvelle demande d'asile le 4 juillet 2018 qui a été également placée en procédure " Dublin " le 21 février 2020. Cette demande a toutefois été requalifiée en procédure normale à compter du 10 septembre 2020, à l'expiration du délai de transfert. Par une lettre du 6 avril 2021, la directrice territoriale a informé M. A de son intention de suspendre le bénéfice de conditions matérielles d'accueil. Ce dernier a présenté ses observations le 13 mai 2021. Par la décision attaquée du 3 mai 2021, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé de suspendre le bénéfice de conditions matérielles d'accueil accordé à M. A.
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 septembre 2021, ses conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont sans objet.
Sans qu'il soit besoin des statuer sur les moyens de la requête ;
3. Les dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été abrogées à compter du 1er mai 2021. Par suite, l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur ces dispositions pour suspendre le bénéfice de conditions matérielles d'accueil accordé à M. A. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la substitution de base légale demandée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dès lors, il y a lieu d'annuler la décision du 3 mai 2021 de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
4. La demande d'asile de M. A ayant été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 29 juin 2021, l'exécution du présent jugement n'appelle, dès lors, et en tout état de cause, aucune mesure d'exécution.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme quelconque à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 3 mai 2021 de la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est annulée.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 :Les conclusions de Me Schürmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Schürmann et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme C D, première-conseillère,
- Mme C B, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
M. Sauveplane
L'assesseure la plus ancienne,
E. D
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026