lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104470 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2021, M. G A B, représenté par Me Schurmann, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 6 mai 2021 intitulée " refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil " par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours gracieux contre la décision du 7 avril 2021 portant refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que:
- la décision n'est pas motivée en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'un entretien de vulnérabilité et d'un examen complet de sa situation particulière ;
- elle porte une atteinte manifestement illégale et grave au droit d'asile au sens de l'article L.521-2 du code de justice administrative ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 novembre 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 août 2021.
Par une ordonnance du 1er décembre 2023, l'instruction a été cloturée au 1er février 2024.
Vu la décision contestée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. G A B, ressortissant angolais né le 30 septembre 1996, déclare être entré en France le 4 juin 2019. Il a déposé une demande d'asile le 7 avril 2021 auprès de la préfecture de l'Isère. Le même jour, l'OFII lui a notifié son refus de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil motif pris de la tardiveté de sa demande présentée plus de 90 jours après son arrivée sur le territoire. Par un courrier daté du 4 mai 2021, M. A B a formé, dans le délai de recours contentieux, un recours administratif contre ce refus. Le 6 mai 2021, la directrice territoriale de l'OFII a rejeté le recours gracieux de M. A B par une décision intitulée " refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ". La demande d'asile de M. A B a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 2 décembre 2021. Les conclusions du requérant, exclusivement dirigées contre le rejet de son recours administratif, doivent être regardées comme dirigées aussi contre la décision initiale de refus des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, le refus des conditions matérielles d'accueil opposé à M. A B le 7 avril 2021 et confirmé le 6 mai 2021, mentionne les articles L. 744-8 2° et D.744-37 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquels il est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date des décisions contestées : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être:/ () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. () ". Aux termes de l'article L.723-2 du même code : " III.-L'office statue également en procédure accélérée lorsque l'autorité administrative chargée de l'enregistrement de la demande d'asile constate que:/ () 3o Sans motif légitime, le demandeur qui est entré irrégulièrement en France ou s'y est maintenu irrégulièrement n'a pas présenté sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France; (). .
4. D'autre part, le dernier alinéa de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de la loi du 10 septembre 2018, prévoit que la décision de retrait des conditions matérielles d'accueil prise en application du 1° de cet article, est " écrite et motivée ", " prend en compte la vulnérabilité du demandeur " et " est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret ", sans prévoir son application aux décisions de refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil prises en application du 2° de ce même article. Toutefois, interprétées conformément aux objectifs de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, dont elles assurent la transposition, les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 744-8 ne sauraient, pour l'application des dispositions précitées du 2° du même article, dispenser l'OFII de prendre en compte la situation particulière du demandeur d'asile, en particulier dans le cas de personnes vulnérables.
5. S'agissant de l'appréciation de la vulnérabilité, il résulte des dispositions de l'article L. 744-6 et des dispositions combinées du 3° du III et du V de l'article L. 723-2 et du deuxième alinéa de l'article L. 723-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il appartient à l'OFII de procéder à une évaluation de la vulnérabilité du demandeur d'asile même lorsque ce dernier a présenté sa demande d'asile plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée sur le territoire national. Cette évaluation doit avoir lieu avant la décision de refus prise en cas de dépôt tardif de la demande d'asile prévu au 2° de l'article L. 744-8. S'agissant de l'appréciation de la justification du dépôt tardif de la demande d'asile, le demandeur doit avoir été mis en mesure d'en exposer le motif, soit devant l'autorité administrative compétente pour enregistrer sa demander d'asile ou devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, en cas d'application de la procédure accélérée sur le fondement du 3° du III de l'article L. 723-2, soit devant l'OFII, mais dans tous les cas avant la décision de refus prise sur le fondement du 2° de l'article L. 744-8.
6. En l'espèce, le requérant se borne à soutenir qu'il n'a pas bénéficié d'un entretien de vulnérabilité et d'un examen complet de sa situation particulière. Toutefois, il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité versée à l'instance que M. A B a bénéficié d'un entretien individuel lors de l'enregistrement de sa demande d'asile le 7 avril 2021 au cours duquel sa situation a été examinée, et qui n'a pas fait ressortir d'élément particulier de vulnérabilité. A ce titre, l'interessé ne fait pas état, dans la présente instance, d'éléments de vulnérabilité omis lors de l'examen de sa demande initiale puis lors de l'examen de son recours gracieux. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen de sa vulnérabilité et n'aurait pas pris en compte sa situation particulière avant de lui opposer les refus contestés.
7. En troisième lieu, à la date des décisions attaquées, M. A B était âgé de 24 ans, célibataire et sans enfant, et sans problèmes de santé avérés. Dès lors, malgré son absence de ressources alléguée, sa situation de vulnérabilité n'était pas telle que les décisions lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doivent être regardées comme entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En dernier lieu, le moyen tiré de l'atteinte manifestement illégale et grave au droit d'asile au sens de l'article L.521-2 du code de justice administrative, ne peut être utilement soulevé à l'appui des conclusions à fin d'annulation présentées dans le cadre du présent litige. De surcroit, le refus des conditions matérielles d'accueil étant pris par l'administration sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, ce refus ne peut être regardé en tout état de cause comme portant une atteinte au droit d'asile.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées par son avocat tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 :Les conclusions de Me Schurmann tendant à l'application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. G A B, à Me Schurmann et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Mathieu Sauveplane, président,
- Mme D E, première-conseillère,
- Mme Emilie Aubert, première-conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La rapporteure,
E. C
Le président,
M. F
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104470
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026