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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2104552

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2104552

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2104552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSANCHEZ-RODRIGUEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 24 juin 2022, Mme A B, représentée par Me Sanchez Rodriguez, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 16 juin 2021 par laquelle le doyen de la faculté de droit de l'université Grenoble-Alpes a rejeté sa candidature en première année de master de droit parcours " droit international et européen " ;

2°) d'enjoindre au président de l'université Grenoble-Alpes de l'admettre dans cette formation ou, subsidiairement, de réexaminer sa candidature dans un délai de 8 jours à compter de la date de notification du jugement, sous astreinte journalière de 50 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'université Grenoble-Alpes la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- faute de production d'éléments concernant la commission d'admission qui a examiné son dossier, le refus en litige a été pris au terme d'une procédure irrégulière ;

- l'illégalité de la délibération de la commission de la formation et de la vie universitaire du 15 décembre 2020 portant approbation des capacités d'accueil, modalités d'admission et dates de campagne d'admission des M1 du fait de l'incompétence de cette commission à prendre une telle décision entache ce refus d'illégalité ;

- ce refus est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de son niveau académique.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, l'université Grenoble Alpes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- l'ordonnance n°2018-1131 du 12 décembre 2018 relative à l'expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d'enseignement supérieur de recherche ;

- le décret n°2019-1123 du 31 octobre 2019 portant création de l'université Grenoble Alpes et approbation de ses statuts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Coutarel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Après obtention d'une licence en droit à l'université Lyon II en 2009 puis d'un master en affaires internationales à l'Institut d'études politiques de Lyon en 2011, Mme B a effectué des stages auprès de deux organisations internationales, a exercé les fonctions de journaliste-réalisatrice et a été embauchée, à compter d'octobre 2019, comme " chargée de communication presse et médias " par l'organisation non gouvernementale Survival International France. Souhaitant compléter sa formation juridique, elle a postulé, en 2021, auprès de la faculté de droit de l'Université Grenoble-Alpes pour intégrer la première année de master de droit parcours " droit international et européen " proposé par cet établissement en enseignement à distance. Dans la présente instance, elle demande l'annulation pour excès de pouvoir du refus qui lui a opposé par décision du 16 juin 2021.

2. En se bornant à soutenir que faute de transmission, par l'Université, d'éléments concernant la délibération de la commission d'admission le refus en litige serait intervenu au terme d'une procédure irrégulière, la requérante n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

3. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " () Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. () ". D'autre part, aux termes de l'article 10 de l'ordonnance n°2018-1131 : " Les statuts fixent la composition du conseil d'administration ou de l'organe en tenant lieu, et des autres organes décisionnels de l'établissement public expérimental (). / Les statuts définissent les compétences des organes mentionnés au premier alinéa () ". Aux termes de l'article 49 des statuts de l'université Grenoble-Alpes annexés au décret n°2019-1123 : " La commission de la formation et de la vie universitaire : () 16. Adopte les modalités d'admission et capacités d'accueil en master sur proposition des composantes ".

4. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la commission de la formation et de la vie universitaire était compétente pour fixer, ainsi qu'elle l'a fait par délibération du 15 décembre 2020, les capacités d'accueil en première année du master à l'accès duquel Mme B s'est portée candidate. Par suite, l'exception d'illégalité de cette délibération qu'elle excipe contre le refus contesté doit être écartée.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a suivi une formation juridique que jusqu'en licence et les notes qu'elle a alors obtenues dans les matières en lien avec le master qu'elle souhaitait intégrer (5/20 au semestre 2 en institution européennes et 10/20 au semestre 4 en institutions européennes) étaient peu satisfaisantes. Si elle a validé par la suite un master, délivré par l'Institut d'études politique de Lyon, cette formation en " affaires internationales " parcours " relations internationales contemporaines " spécialisation " gestion de projets, coopération et développement en Amérique latine " ne comportait qu'un volet juridique limité. La requérante ne peut donc utilement se prévaloir des notes qui lui ont été attribuées dans le cadre de cette formation, hormis deux notes trop ponctuelles de 14/20 en droit des libertés fondamentales et de 11,5/20 en droit des relations internationales pour refléter son niveau dans les matières enseignées dans le master droit parcours " droit international et européen " de l'université Grenoble-Alpes. Ainsi, compte tenu par ailleurs du nombre important de demandes (150) et du nombre limité de places disponibles (29), le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le refus contesté doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir présentées par Mme B ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

7. Il en va de même, eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, des conclusions qu'elle présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :

Article 2 :La requête de Mme B est rejetée.

Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'université Grenoble-Alpes.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul, premier conseiller,

Mme Permingeat, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.

Le rapporteur,

F. Permingeat

Le président,

T. Pfauwadel

La greffière,

C. Billon

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2104552

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