vendredi 18 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104642 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2021, Mme A, représentée par Me Huard, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle la Directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de la rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soutient que la décision en litige :
- est insuffisamment motivée ;
- est dépourvue de base légale la décision étant fondée sur les anciennes dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de classement en fuite ;
- est entachée d'une erreur de droit l'OFII s'étant cru lié par la déclaration de fuite ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Doulat a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, née le 19 juillet 1992, de nationalité nigérienne, est entrée en France en 2016 selon ses déclarations. Elle été placée en procédure dite " Dublin " le 25 juin 2018 et a accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'OFII. Le préfet de l'Isère a ordonné sa remise aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile, par un arrêté du 21 août 2018, dont la légalité a été confirmée par un jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble le 20 septembre 2018. Le 19 décembre 2018, Mme A a déclaré refuser de prendre le vol à destination de l'Italie réservé pour elle et cette dernière a été déclarée en fuite le 21 décembre 2018. Dans ce cadre, l'intéressée a été assignée à résidence. L'OFII l'a informée, le 15 février 2019, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui était retiré. A l'expiration du délai de transfert de 18 mois, à compter du 18 janvier 2020, sa demande d'asile a été requalifiée en procédure accélérée le 10 juillet 2020. Par un courrier du 3 septembre 2020, l'intéressée a sollicité auprès de l'OFII le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par la décision contestée du 16 juin 2021 la directrice territoriale de l'OFII a rejeté la demande de Mme A.
Sur les conclusions aux fins de bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 2 décembre 2021. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée énonce les éléments de faits et de droits sur lesquelles elle repose. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si les termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018. Par suite le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où, l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
6. Pour contester le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, Mme A soutient que cette décision est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de classement en fuite. Toutefois, d'une part, la décision par laquelle l'OFII refuse à un demandeur d'asile le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil n'est pas prise pour l'application de la décision antérieure par laquelle elle a été déclarée en fuite. D'autre part, la décision de classement en fuite ne peut être regardée comme constituant la base légale de la décision en refusant ultérieurement le rétablissement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de classement en fuite de Mme A ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que la Directrice territoriale de l'OFII a pris sa décision au regard de la déclaration de fuite de Mme A, du fait qu'elle a été à même de produire des observations et qu'elle ne présentait pas de situation de vulnérabilité particulière. Par suite, il ne résulte pas des termes de la décision que la directrice de l'OFII se serait estimée en situation de compétence liée pour prendre la décision en litige, ni qu'elle n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de la situation de Mme A.
8. En cinquième lieu, pour les motifs développés au point 4, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 551-9 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile inapplicables à la décision attaquée.
9. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. Si Mme A soutient avoir un état de santé fragile et être dans une grande précarité accentuée par la crise sanitaire, elle n'établit pas la situation d'extrême précarité dont elle se prévaut et les éléments médicaux apparaissent insuffisants pour caractériser une situation particulière de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En septième lieu, pour les motifs développés précédemment, la décision refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil de Mme A n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée. Par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et au titre des frais de procès doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Huard et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient
Mme Triolet, présidente,
M. Doulat, premier conseiller,
M. Morel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2023.
Le rapporteur,
F. DOULAT
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026