jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 juillet 2021, 8 avril 2022 et 29 avril 2022, M. C B, représenté par Me Soublin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2021 par lequel le maire des Deux-Alpes a délivré à la société Immalliance Chalet du Petit Plan un permis de construire un immeuble comportant vingt-six logements pour une surface de plancher totale de 1 489 m² sur un terrain cadastré section AI n° 115 situé au lieudit Petit Plan, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 12 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Deux Alpes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article L. 2511-30 du code général des collectivités territoriales, faute de consultation pour avis du maire de Mont-de-Lans ;
- l'arrêté méconnaît l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet empiète sur la copropriété des Chalets d'Or ;
- le dossier de demande est insuffisant et incohérent s'agissant de la surface de plancher, s'agissant des clôtures du terrain, s'agissant du revêtement des places de stationnement extérieures et s'agissant enfin de l'accès ;
- la cession gratuite d'une portion de terrain à la commune imposée par l'arrêté est inconstitutionnelle ;
- la prescription figurant à l'article 2 de l'arrêté attaqué est illégale ;
- le projet méconnaît l'article Ua 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article Ua 14 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense enregistrés les 9 février 2022 et 21 avril 2022, la société Immalliance Chalet du Petit Plan, représentée par Me Lacroix, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un courrier du 28 septembre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation de plusieurs vices affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.
Par un mémoire, enregistré le 2 octobre 2023, la société Immalliance Chalet du petit Plan a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2023, la commune des Deux Alpes a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beytout,
- les conclusions de Mme Bedelet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Buffet, avocate de M. B, et de Me Vieillard, avocat de la commune des Deux-Alpes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 janvier 2021, le maire des Deux Alpes a délivré à la société Immalliance Chalet du Petit Plan un permis de construire un immeuble comportant vingt-six logements pour une surface de plancher totale de 1 489 m² sur un terrain cadastré section AI n° 115 situé au lieudit Petit Plan. M. B a formé un recours gracieux par courrier du 12 mars 2021. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la procédure suivie :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2113-17 du code général des collectivités territoriales : " Les articles L. 2511-9, L. 2511-10-1 à L. 2511-13, L. 2511-15 et L. 2511-17 à L. 2511-23, le quatrième alinéa de l'article L. 2511-25, les articles L. 2511-26, L. 2511-28 à L. 2511-33 du présent code et l'article 36 de la loi n° 82-1169 du 31 décembre 1982 relative à l'organisation administrative de Paris, Marseille, Lyon et des établissements publics de coopération intercommunale sont applicables aux communes déléguées. / Par délibération du conseil municipal de la commune nouvelle, les articles L. 2511-14 et L. 2511-24 peuvent être applicables aux communes déléguées ". Et aux termes de l'article L. 2511-30 du même code : " Le maire d'arrondissement émet un avis sur toute autorisation d'utilisation du sol dans l'arrondissement délivrée par le maire de la commune ou le maire de Paris et au nom de celle-ci en application des dispositions du code de l'urbanisme ainsi que sur toute permission de voirie sur le domaine public dans l'arrondissement délivrée par le maire de la commune ou le maire de Paris en application du présent code () ".
3. La commune des Deux-Alpes est une commune nouvelle. En application des dispositions précitées, le maire de la commune déléguée de Mont-de-Lans où se situe le projet aurait dû être consulté sur le projet en litige, cette consultation constituant une garantie pour les communes déléguées. En l'espèce, si l'arrêté attaqué vise " l'avis du maire ", il ne précise pas de quel maire émane cet avis et ledit avis n'a pas été produit dans la présente instance, en dépit de la mesure d'instruction faite par le tribunal. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2511-30 du code général des collectivités territoriales précité est fondé.
En ce qui concerne la qualité du pétitionnaire pour présenter la demande de permis de construire :
4. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ".
5. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.
6. La société Immalliance Chalet du Petit Plan a complété l'attestation prévue par les dispositions précitées à l'appui de sa demande. Si le requérant soutient que le projet empiète sur la copropriété Les Chalets d'Or, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet correspond à la parcelle cadastrée section AI n° 115 et il ne ressort d'aucune de ces mêmes pièces que le service instructeur disposait d'une information de nature à établir le caractère frauduleux de cette attestation ou faisant apparaître que le pétitionnaire ne disposait d'aucun droit à la déposer. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () / f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 () ".
9. L'arrêté délivrant le permis de construire autorise un projet comportant une surface de plancher totale de 1 489 m², conformément aux mentions du formulaire CERFA de demande de permis de construire. Il en résulte que la circonstance que la surface indiquée dans la notice était erronée n'a pas induit en erreur le service instructeur. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
11. Contrairement à ce que soutient M. B, les murets extérieurs placés le long du cheminement piétonnier et de la rampe d'accès au niveau de stationnement souterrain figurant sur plusieurs plans ne constituent pas des murs de clôture du terrain d'assiette mais des aménagements liés à la sécurité des habitants de l'immeuble. Le dossier de demande de permis de construire ne présente dès lors aucune contradiction, s'agissant de l'aménagement du terrain d'assiette, entre la notice, qui mentionne que le terrain ne sera pas clos, et les différents plans.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".
13. Il ressort de la notice et du plan de masse qu'une partie de la parcelle cadastrée section AI n° 115, qui supporte déjà la rue du Petit Plan, fait l'objet de l'emplacement réservé n° 5a et doit être rétrocédée à la commune des Deux Alpes afin de régulariser la voirie. Le moyen tiré de l'incohérence du dossier de demande sur ce point doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne le respect du règlement du plan local d'urbanisme :
14. En premier lieu, aux termes de l'article Ua 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'accès et à la voirie : " I - Accès / Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation. / Peuvent être interdits, les accès publics ou privés sur la voie publique susceptibles de présenter un risque pour la sécurité des usagers (cas des carrefours, des virages avec manque de visibilité et de la déclivité trop importante de ces accès par exemple). / II - Voirie / Les dimensions, formes et caractéristiques des voies, doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et aux opérations qu'elles doivent desservir. / Dans tous les cas la largeur des voies à usage public lors de la réalisation d'opérations nouvelles ne pourra être inférieure à 5 m en double sens et à 4 m en sens unique, sauf impossibilité technique (emprise insuffisante entre deux constructions existantes). / Elles doivent dans tous les cas permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. / Les voies nouvelles en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre à tout véhicule (notamment à ceux des services publics) de faire demi-tour ".
15. Comme indiqué précédemment, il ressort des pièces du dossier que la partie de la parcelle cadastrée section AI n° 115 destinée à une rétrocession supporte la rue du Petit Plan qui dessert la parcelle et fait l'objet d'un emplacement réservé destiné à l'élargissement de cette rue, de sorte que, contrairement à ce qui est soutenu, la parcelle ne sera pas enclavée à l'issue de sa rétrocession.
16. L'administration peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Contrairement à ce qui est soutenu, la prescription figurant à l'article 2 de l'arrêté attaqué concernant les modalités d'aménagement de l'accès à l'issue de la rétrocession d'une partie de la parcelle supportant déjà la voie en vue de son incorporation dans le domaine public routier de la commune, porte sur un point précis et limité et a pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés au plan local d'urbanisme qui prévoit un emplacement réservé à cet effet.
17. L'arrêté attaqué n'impose pas, par ailleurs, la gratuité de la rétrocession de la parcelle en cause, les modalités de celle-ci n'étant au demeurant pas non plus indiquées dans le dossier de demande de permis de construire. Par suite, M. B n'est pas davantage fondé à soutenir que la prescription en cause présente un caractère inconstitutionnel..
18. Enfin, la rue du Petit Plan est appelée à desservir principalement le projet en litige, dès lors que les constructions alentours disposent d'autres voies de desserte. Il s'agit d'une rue large, rectiligne et qui se termine en impasse au droit du projet. Dans ces conditions, les manœuvres, au demeurant limitées, pour accéder aux places de stationnement en épi situées à l'extérieur, ne créent pas de risque excessif pour la sécurité des usagers. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 3 doit par suite être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " En dehors de l'avenue de la Muzelle, les constructions doivent s'implanter à 5m de l'alignement des voies et emprises publiques (y compris les trottoirs, les stationnements en bordure de voie et la bande roulante). Les saillies en surplomb (passées de toitures, auvents, balcons) à l'intérieur de la marge de recul sont autorisées sur 1.50 mètres. Elles ne devront comporter aucun élément bâti au sol (poteau, mur d'appui). La hauteur minimum de ces surplombs par rapport au sol extérieur devra être de 2.50 mètres () ". En outre, aux termes de l'article 2 des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatif au champ d'application du règlement : " Implantation des constructions : / Le retrait est mesuré à partir de la façade pour les débords de toiture et balcons ne dépassant pas 1.5 m et à partir du bord de la toiture (égout du toit s'il y en a un) ou du nez du balcon au-delà de ce dépassement ". Enfin, aux termes de l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux définitions : " Alignement : Limite que l'administration entend fixer entre le domaine public et le domaine privé riverain. Des alignements graphiques différents peuvent être réalisés sur le plan de zonage. Dans ce cas, ils se substituent au précédent. En présence d'un emplacement réservé l'alignement est la limite fixée par l'emplacement réservé ".
20. Il ressort du plan de toiture que la passée de toiture en façade est présente une largeur de 1, 80 m. A, elle se situe à moins de 5 m de l'alignement futur de la voie à l'angle sud-est du projet. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le projet méconnaît l'article Ua 6 précité.
21. En troisième lieu, en vertu de l'article Ua 10 du règlement du plan local d'urbanisme, la hauteur maximale est fixée à 16 m dans la zone. Aux termes de l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux définitions : " La hauteur est mesurée verticalement en tout point de la construction par rapport au sol existant, ouvrages techniques et cheminées exclues. / Par sol existant il faut considérer : / - Le terrain obtenu après terrassement dans le cas où la construction réclame un déblai par rapport au terrain naturel ; / - Le terrain naturel avant terrassement dans le cas où la construction réclame un remblai sur le terrain initial ;/ Il est précisé que les souterrains (c'est-à-dire un ouvrage construit au-dessous du sol existant précédemment définit sans qu'aucune partie ne soit émergente) et les pentes d'accès aux souterrains par rapport au sol existant ne comptent pas dans le calcul de la hauteur ".
22. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le stationnement souterrain est réalisé en dessous du sol existant précédemment et n'émerge pas de la construction, excepté au droit de la rampe d'accès en façade nord. Le niveau de stationnement souterrain, n'avait, contrairement à ce qui est soutenu, dès lors pas à être pris en compte dans le calcul de la hauteur, laquelle reste inférieure à 16 m par rapport au sol existant en tout point de la construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 10 doit être écarté.
23. En quatrième lieu, aux termes de l'article Ua 11 relatif à l'aspect extérieur des constructions : " () Clôture : / Les clôtures sont interdites sauf sous forme de : / ' haies végétales mêlant des espèces locales d'arbustes caducs (2/3) et persistants (1/3) ; / ' barrière bois de 1.20 m de hauteur maximum composée d'une double lisse horizontale éventuellement doublée d'une haie végétales mêlant des espèces locales d'arbustes caducs (2/3) et persistants (1/3) ".
24. Comme indiqué précédemment, les murets, surmontés ou non de garde-corps, prévus dans le projet ne constituent pas des clôtures mais des ouvrages de protection. Par suite, M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'article Ua 11.
25. En cinquième lieu, aux termes de l'article Ua 12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au stationnement : " Stationnement automobile motorisée : / Le stationnement des véhicules automobiles doit être assuré en dehors des voies publiques et correspondre aux besoins des constructions et installations. / Toutes les places de parking devront avoir une largeur minimum de 2,5 mètres et une profondeur minimale de 5 mètres. Le stationnement en enfilade est limité à deux véhicules. Les espaces de manœuvre et parkings extérieurs seront constitués de matériaux drainants limitant l'imperméabilité des sols. Au moins 50% des parkings seront couverts. / Pour les logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat (logements sociaux), il ne peut pas être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. / Pour les constructions à usage d'habitation, il est exigé une place de stationnement par tranche de 50m² de surface de plancher avec un minimum d'une place par logement, dont au moins une place sera couverte. Dans le cas d'opération de réhabilitation, avec création de surface de plancher supplémentaire par rapport à l'existant, il est exigé la création d'une place de stationnement supplémentaire par tranche de 50m² de surface de plancher entamée. / () Stationnement des vélos : / Il est exigé une place de vélo par tranche de 100m² de surface de plancher entamée ".
26. Contrairement à ce que soutient M. B, les sept places extérieures disposent d'un espace de manœuvre suffisant pour les rendre accessibles sans difficulté, quand bien même cet espace de manœuvre se situera sur la voie publique, pour cinq places, à l'issue de la rétrocession d'une partie du terrain à la commune.
27. Par ailleurs, l'indication selon laquelle les places de stationnements seront réalisées en matériau drainant est suffisante et les dispositions précitées n'imposent pas que les voies de desserte interne soient réalisées en matériau drainant. M. B ne peut ainsi pas se prévaloir du défaut d'indication du type de matériau utilisé pour ces places de stationnement ni de la circonstance que la desserte interne ne sera pas réalisée dans un matériau drainant.
28. Enfin, dès lors que comme indiqué précédemment la surface de plancher autorisée est de 1 489 m², le projet requiert un local pouvant accueillir au moins quinze vélos. Il ressort de la notice et des différents plans produits que le projet compte deux locaux permettant d'accueillir quinze vélos. Les espaces dédiés par le projet au stationnement des vélos sont ainsi suffisants et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 12 doit donc être écarté.
29. En sixième lieu, aux termes de l'article Ua 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux espaces libres et aux plantations : " Espaces verts / Dans le but de valoriser l'environnement, tous les espaces extérieurs des constructions seront aménagés, plantés et entretenus. / Les arbres existants situés dans l'emprise foncière du projet seront protégés et conservés, ceux dans la zone de construction seront transplantés. / Dans le cas où le terrain ne permettrait pas la plantation du total des arbres exigés, le constructeur devra réaliser le solde des plantations manquantes sur un autre site que lui indiqueront les services municipaux. / Espaces minéraux / Ceux-ci sont principalement, les cheminements piétons, les accès aux garages ou aux aires de stationnement mais aussi les terrasses. Les matériaux devront être adaptés aux contraintes d'usage et d'entretien. Ils devront aussi être choisis en harmonie avec les matériaux retenus pour les bâtiments et avec le traitement du paysage végétal. Les espaces de manœuvre et parkings extérieurs seront constitués de matériaux durs, mais drainants, résistant aux engins de déneigement. Sont notamment exclus les sols en graviers, bicouches, etc ".
30. M. B soutient que le projet ne renseigne pas sur les matériaux utilisés et que les arbres impactés par la construction ne vont pas être conservés. Comme indiqué précédemment, la mention dans le dossier de demande de permis de construire selon laquelle les places de stationnement seront réalisées en matériau drainant est suffisante pour apprécier la conformité du projet à la réglementation. Il ressort des pièces du dossier que la zone boisée existante devant être supprimée sera remplacée par une zone boisée de taille comparable. La société bénéficiaire du permis expose sans être sérieusement contestée qu'une partie des arbres ne peuvent pas être transplantés mais que le bosquet sera néanmoins composé des mêmes essences. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 13 doit être écarté.
31. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article Ua 14 relatif à la performance énergétique et environnementale : " Toute construction ou opération de plus de 1000 m² de surface de plancher doit comporter un dispositif de production d'énergie renouvelable et au moins un dispositif destiné à économiser l'eau ". Aux termes de l'article 29 de la loi du 3 août 2009 susvisée : " Les équipements de récupération de chaleur in situ sont pris en compte comme des équipements de production d'énergie renouvelable dans l'ensemble des textes relatifs à la construction et à l'urbanisme, en particulier dans les réglementations thermiques du bâtiment ".
32. La notice du dossier de demande de permis de construire prévoit la réalisation d'un système de " powerpipe " destiné à récupérer les calories des eaux grises afin de préchauffer l'eau chaude sanitaire, ainsi que des robinetteries permettant de faire des économies d'eau. En l'absence de précisions supplémentaires dans le règlement du plan local d'urbanisme, il convient d'assimiler cet équipement de récupération de chaleur à un équipement de production d'énergie renouvelable pour l'application des dispositions précitées de l'article Ua 14. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit dès lors être écarté.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
33. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".
34. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
35. Les vices dont le présent jugement reconnaît, aux points 3 et 20, qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société Immalliance Chalet du Petit Plan et à la commune des Deux Alpes un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Immalliance Chalet du Petit Plan et à la commune des Deux Alpes pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 2511-30 du code général des collectivités territoriales et de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la commune des Deux Alpes et à la société Immalliance Chalet du Petit Plan.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Hamdouch, premier conseiller,
Mme Beytout, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
E. BEYTOUT
Le président,
P. THIERRYLa greffière,
A. ZANON
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026