mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juillet et 18 novembre 2021, M. H F et Mme G F, représentés par Me Gay, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Chatuzange-le-Goubet a délivré un permis de construire au profit de M. A C et Mme B D pour la création d'une maison individuelle au 290 D, chemin Humbert II, à Chatuzange-le-Goubet ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chatuzange-le-Goubet une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le signataire de l'arrêté est incompétent pour ce faire ;
- l'arrêté méconnait les dispositions des articles R. 431-8 R. 431-9 du code de l'urbanisme, le dossier de demande étant incomplet ou insuffisant ;
- il méconnaît l'article Ue3 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet est enclavé, que la voie d'accès est trop étroite et ne comporte pas de cheminement piéton ;
- il méconnaît l'article Ue13 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 août 2021, 11 janvier et 12 avril 2022, la commune de Chatuzange-le-Goubet, représentée par Me Champauzac, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme F une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête n'a pas été notifiée aux bénéficiaires du permis, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2022, M. A C et Mme B D concluent au rejet de la requête.
Ils font valoir que la requête ne leur a pas été notifiée, en méconnaissance de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
Par lettre du 6 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il est envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et indiquant la date à partir de laquelle l'instruction pourra être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R.613-2 du code de justice administrative.
Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 8 octobre 2024.
Un mémoire enregistré pour la commune de Chatuzange-le-Goubet, le 21 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Chabal, avocat de M. et Mme F, et de Me Brahimi, avocat de la commune de Chatuzange-le-Goubet.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 mars 2021, M. C et Mme D ont sollicité la délivrance d'un permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle d'une surface de 139,05m2 sur le lot 2 de la parcelle cadastrée section ZA n° 70, au 290 D, chemin Humbert II à Chatuzange-le-Goubet (Drôme). Par un arrêté du 21 mai 2021, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de Chatuzange-le-Goubet a accordé le permis de construire.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif/() ".
3. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que le législateur a entendu faire obligation à l'auteur du recours contentieux dirigé contre un permis de construire de notifier au bénéficiaire et à l'autorité d'urbanisme une copie du texte intégral de ce recours.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier du 27 juillet 2021, que les bénéficiaires n'ont pas reçu copie intégrale du recours contentieux dirigé contre le permis objet de la présente instance mais de celui dirigé contre un permis de construire du 31 mai 2021 délivré par le maire de la commune de Chatuzange-le-Goubet à des tiers. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par les défendeurs tirés de la méconnaissance des formalités de notification prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par les requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 mai 2021 doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais du litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme F doivent dès lors être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Chatuzange-le-Goubet tendant à la condamnation de M. et Mme F à ce même titre.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de M. et Mme F est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune de Chatuzange-le-Goubet tendant à la condamnation de M. et Mme F au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. H F, à Mme G F, à la commune de Chatuzange-le-Goubet, à M. A C et à Mme B D.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2024.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026