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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2104857

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2104857

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2104857
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet 2021, 27 avril 2022 et 24 août 2022, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Chalets d'Or, représenté par Me Quenard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2021 par lequel le maire des Deux-Alpes a délivré à la société Immalliance Chalet du Petit Plan un permis de construire un immeuble comportant vingt-six logements pour une surface de plancher totale de 1 489 m² sur un terrain cadastré section AI n° 115 situé au lieudit Petit Plan, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 26 mars 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Deux Alpes une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice est insuffisante s'agissant de l'implantation du projet par rapport aux limites séparatives notamment, de l'insertion du projet dans son environnement et de l'accès à la voie publique ;

- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dès lors que le plan de masse ne fait pas clairement apparaître les plantations supprimées et les accès ;

- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme s'agissant du document graphique d'insertion qui ne représente pas l'ensemble des façades ;

- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu de la dangerosité de la voie de desserte du projet ;

- il méconnaît l'article Ua 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article Ua 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article Ua 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît l'article Ua 13 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires enregistrés les 27 janvier 2022 et 30 mai 2022, la Société Immalliance Chalet du Petit Plan, représentée par Me Lacroix, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par un courrier du 28 septembre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de surseoir à statuer au titre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation de plusieurs vices affectant la légalité de l'acte attaqué et les a invitées à présenter leurs observations.

Par un mémoire, enregistré le 2 octobre 2023, la société Immalliance Chalet du petit Plan a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2023, la commune des Deux Alpes a présenté des observations sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beytout,

- les conclusions de Mme Bedelet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Cook, avocate du syndicat de copropriétaires requérant, et de Me Vieillard, avocat de la commune des Deux-Alpes.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 28 janvier 2021, le maire des Deux Alpes a délivré à la société Immalliance Chalet du Petit Plan un permis de construire un immeuble comportant vingt-six logements pour une surface de plancher totale de 1 489 m² sur un terrain cadastré section AI n° 115 situé au lieudit Petit Plan. Le syndicat des copropriétaires de la copropriétéLes Chalets d'Or a formé un recours gracieux par courrier du 26 mars 2021, rejeté par la commune par une décision implicite du 29 mai 2021. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

4. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, la notice indique sommairement les modalités de desserte et d'accès au projet par la rue adjacente en impasse du Petit Plan. Elle précise que l'environnement proche est essentiellement construit de petits collectifs. Elle permet enfin d'appréhender l'insertion du projet dans son environnement. Au demeurant, elle est utilement complétée par les différents plans et le document graphique d'insertion sur ces différents points, de sorte que l'appréciation du service instructeur n'a pas pu être faussée, en particulier s'agissant de l'implantation du projet par rapport à la résidence les Chalets d'Or.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ".

6. Il ressort de la notice et du plan de masse qu'une partie de la parcelle cadastrée section AI n° 115, qui supporte déjà la rue du Petit Plan, fait l'objet de l'emplacement réservé n° 5a et doit être rétrocédée à la commune des Deux Alpes afin de régulariser la voirie et que la rampe d'accès au stationnement souterrain, qui est représentée, part de cette voirie en longeant la limite séparative. Le plan de masse mentionne également l'existence d'un bosquet d'arbres appelé à être déplacé en fond de parcelle. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".

8. Les dispositions précitées n'imposent pas de produire plusieurs documents graphiques représentant l'ensemble des façades du projet de construction, ni de produire un document graphique représentant la façade la plus longue du bâtiment. Le document graphique produit, tel que complété par les autres plans du dossier, et notamment les plans de façade, permet d'apprécier l'insertion de la construction dans son environnement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

En ce qui concerne le respect du règlement du plan local d'urbanisme :

9. En premier lieu, aux termes de l'article Ua 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'accès et à la voirie : " I - Accès / Les accès doivent être adaptés à l'opération et aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation. / Peuvent être interdits, les accès publics ou privés sur la voie publique susceptibles de présenter un risque pour la sécurité des usagers (cas des carrefours, des virages avec manque de visibilité et de la déclivité trop importante de ces accès par exemple). / II - Voirie / Les dimensions, formes et caractéristiques des voies, doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et aux opérations qu'elles doivent desservir. / Dans tous les cas la largeur des voies à usage public lors de la réalisation d'opérations nouvelles ne pourra être inférieure à 5 m en double sens et à 4 m en sens unique, sauf impossibilité technique (emprise insuffisante entre deux constructions existantes). / Elles doivent dans tous les cas permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. / Les voies nouvelles en impasse doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre à tout véhicule (notamment à ceux des services publics) de faire demi-tour ". Et aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

10. Ces dispositions sont relatives à l'aménagement des voies nouvelles et n'ont pas pour objet de définir les conditions de constructibilité des terrains situés dans la zone concernée. Par suite, elles ne font pas obstacle à la délivrance de permis de construire en vue de l'édification de maisons ou immeubles à usage d'habitation, desservis par des voies construites avant leur adoption. En l'espèce, si la rue du Petit Plan présente une largeur réduite à 4 m 70 dans un virage en amont du projet de construction, une telle largeur est suffisante pour permettre le croisement des véhicules sans danger pour les usagers, alors au demeurant qu'il s'agit d'une voie en impasse qui desservira principalement le projet, dès lors que la copropriété voisine est quant à elle desservie principalement par l'avenue de la Muzelle. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de Ua 3 et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " En dehors de l'avenue de la Muzelle, les constructions doivent s'implanter à 5m de l'alignement des voies et emprises publiques (y compris les trottoirs, les stationnements en bordure de voie et la bande roulante). Les saillies en surplomb (passées de toitures, auvents, balcons) à l'intérieur de la marge de recul sont autorisées sur 1.50 mètres. Elles ne devront comporter aucun élément bâti au sol (poteau, mur d'appui). La hauteur minimum de ces surplombs par rapport au sol extérieur devra être de 2.50 mètres () ". En outre, aux termes de l'article 2 des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatif au champ d'application du règlement : " Implantation des constructions : / Le retrait est mesuré à partir de la façade pour les débords de toiture et balcons ne dépassant pas 1.5 m et à partir du bord de la toiture (égout du toit s'il y en a un) ou du nez du balcon au-delà de ce dépassement ". Enfin, aux termes de l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux définitions : " Alignement : Limite que l'administration entend fixer entre le domaine public et le domaine privé riverain. Des alignements graphiques différents peuvent être réalisés sur le plan de zonage. Dans ce cas, ils se substituent au précédent. En présence d'un emplacement réservé l'alignement est la limite fixée par l'emplacement réservé ".

12. Il ressort du plan de toiture que la passée de toiture en façade est présente une largeur de 1, 80 m. Or elle se situe à moins de 5 m de l'alignement futur de la voie à l'angle sud-est du projet. En revanche, les balcons en saillie à l'angle sud est, qui mesurent 1,50 mètre, ne se trouvent pas à l'intérieur de la marge de recul et ne sont dès lors pas soumis à la hauteur minimum de 2,50 mètres. Dans ces conditions, le syndicat requérant est fondé à soutenir que le projet méconnaît l'article Ua 6 précité.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article Ua 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation en limite séparative : " Les constructions peuvent s'implanter en limite séparative. / Dans le cas contraire, elles doivent s'implanter à une distance d'au moins 3m des limites séparatives. / Les dépassés de toitures ne sont pas intégrés dans les marges de reculs dès lors qu'ils sont inférieurs à 1.50m () ". Aux termes de l'article 2 des dispositions générales du plan local d'urbanisme relatif au champ d'application du règlement : " Implantation des constructions : / Le retrait est mesuré à partir de la façade pour les débords de toiture et balcons ne dépassant pas 1.5 m et à partir du bord de la toiture (égout du toit s'il y en a un) ou du nez du balcon au-delà de ce dépassement ".

14. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, les balcons en façade sud et nord présentent une largeur inférieure à 1 m 50 et ne doivent dès lors pas être pris en compte pour le calcul de la distance par rapport aux limites séparatives. La distance du nu de la façade aux différentes limites séparatives est en tout point supérieure à 3 m. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

15. En quatrième lieu, en vertu de l'article Ua 10 du règlement du plan local d'urbanisme, la hauteur maximale est fixée à 16 m dans la zone. Aux termes de l'article 4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux définitions : " La hauteur est mesurée verticalement en tout point de la construction par rapport au sol existant, ouvrages techniques et cheminées exclues. / Par sol existant il faut considérer : / - Le terrain obtenu après terrassement dans le cas où la construction réclame un déblai par rapport au terrain naturel ; / - Le terrain naturel avant terrassement dans le cas où la construction réclame un remblai sur le terrain initial ;/ Il est précisé que les souterrains (c'est-à-dire un ouvrage construit au-dessous du sol existant précédemment définit sans qu'aucune partie ne soit émergente) et les pentes d'accès aux souterrains par rapport au sol existant ne comptent pas dans le calcul de la hauteur ".

16. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, les plans permettent d'apprécier la hauteur de la construction. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Ua 10 ne peut qu'être écarté.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article Ua 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux espaces libres et aux plantations : " Espaces verts / Dans le but de valoriser l'environnement, tous les espaces extérieurs des constructions seront aménagés, plantés et entretenus. / Les arbres existants situés dans l'emprise foncière du projet seront protégés et conservés, ceux dans la zone de construction seront transplantés. / Dans le cas où le terrain ne permettrait pas la plantation du total des arbres exigés, le constructeur devra réaliser le solde des plantations manquantes sur un autre site que lui indiqueront les services municipaux. / Espaces minéraux / Ceux-ci sont principalement, les cheminements piétons, les accès aux garages ou aux aires de stationnement mais aussi les terrasses. Les matériaux devront être adaptés aux contraintes d'usage et d'entretien. Ils devront aussi être choisis en harmonie avec les matériaux retenus pour les bâtiments et avec le traitement du paysage végétal. Les espaces de manœuvre et parkings extérieurs seront constitués de matériaux durs, mais drainants, résistant aux engins de déneigement. Sont notamment exclus les sols en graviers, bicouches, etc ".

18. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, la zone boisée existante devant être supprimée sera remplacée par une zone boisée de taille comparable et composée des mêmes espèces en fond de parcelle. Les moyens tirés de l'imprécision du dossier et de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article Ua 13 doivent donc être écartés.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

19. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

20. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

21. Le vice dont le présent jugement reconnaît, au point 12, qu'il entache d'illégalité le permis de construire en litige, apparaît susceptible de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société Immalliance Chalet du Petit Plan et à la commune des Deux Alpes un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Immalliance Chalet du Petit Plan et à la commune des Deux Alpes pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Ua 6 du règlement du plan local d'urbanisme.

Article 2 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la copropriété Les Chalets d'Or, à la commune Les Deux Alpes et à la société Immalliance Chalet du Petit Plan.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. Hamdouch, premier conseiller,

Mme Beytout, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

La rapporteure,

E. BEYTOUT

Le président,

P. THIERRY La greffière,

A. ZANON

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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