mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104865 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS BARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 juillet, 28 octobre 2021, 28 janvier 2022 et 22 décembre 2023, M. C A, représenté par Me Bard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2021 par lequel la maire de la commune de Portes-lès-Valence a retiré le permis de construire délivré le 12 février 2021 ainsi que le rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Portes-lès-Valence une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été informé préalablement de l'ensemble de ses motifs ;
- elle est entachée d'erreurs de droit, dès lors que le permis de construire n'était pas illégal alors qu'il est toujours propriétaire de la parcelle ZC 360 et qu'il existe bien une servitude de passage sur les parcelles ZC 358, ZC359 et ZC 360 au bénéfice de la parcelle ZC 179 ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation de l'atteinte à la sécurité publique, le chemin d'accès étant adapté.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 septembre et 7 décembre 2021, la commune de Portes-lès-Valence conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme,
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public,
- et les observations de Me Bard, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 février 2021, la maire de la commune de Portes-lès-Valence (Drôme) a délivré à M. A un permis de construire pour l'édification de cinq maisons d'habitation avec garage destinées à la location sur les parcelles cadastrées section ZC n°358, 359 et 360 pour une surface de plancher de 551 m2, situées 280 route des Mernes à Portes-lès-Valence. Le 24 février 2021, M. A a déposé en mairie une déclaration d'intention d'aliéner aux fins de céder à un tiers la parcelle ZC 360 et une partie de la parcelle ZC 359. Par l'arrêté attaqué du 31 mars 2021, la maire de Portes-lès-Valence a retiré ce permis de construire au motif qu'il était devenu illégal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ". La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Il en résulte qu'un tel retrait ne peut intervenir pour un motif qui n'aurait pas été soumis à l'intéressé et sur lequel il n'aurait donc pu présenter des observations. Le respect de la procédure ainsi prévue constitue une garantie pour le titulaire du permis que l'autorité administrative entend rapporter.
3. En l'espèce, par une lettre du 2 mars 2021, la maire de Portes-lès-Valence a informé M. A de ce qu'elle envisageait de retirer le permis de construire délivré le 12 février 2021, en lui indiquant les motifs sur lesquels il entendait se fonder, et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier. Toutefois, la décision de retrait du permis de construire du 31 mars 2021 est notamment fondée sur les circonstances qu'il n'est pas établi que des droits de passage permettent la desserte des constructions projetées et que les exigences posées par les articles UD 3.2 du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme ne sont pas respectées, notamment en ce qui concerne la largeur insuffisante de l'accès, lesquelles n'étaient pas au nombre des motifs notifiés par la lettre du 2 mars 2021. Par suite, ces motifs de retrait sur lesquels M. A n'a pu utilement présenter ses observations en défense, ne sauraient être légalement retenus pour fonder l'arrêté du 31 mars 2021.
En ce qui concerne les motifs du retrait :
4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
5. En premier lieu, pour fonder la décision de retrait en litige, la maire de Portes-lès-Valence s'est fondée sur la circonstance que la vente de la totalité de la parcelle ZC 360 et d'une partie de la parcelle ZC 359 à un tiers rendait le projet non conforme aux articles UD 4 et UD 12 relatif au stationnement dès lors qu'elles constituaient l'assiette de deux places de stationnement et d'un puits perdu nécessaires au projet. Toutefois, il est constant que la vente objet de la déclaration d'intention d'aliéner du 24 février 2021 ne s'est pas réalisée. La fraude du bénéficiaire n'étant pas invoquée, ce motif du retrait du permis de construire doit être regardé comme erroné.
6. En deuxième lieu, la maire de Portes-lès-Valence s'est également fondée sur la méconnaissance des règles du plan local d'urbanisme relatives à la desserte des constructions du fait de l'absence de droit de passage sur la parcelle ZC 179 au profit des parcelles riveraines ZC 358, 359 et 360. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'une servitude de passage grève la parcelle ZC 179 au profit des parcelles constitutives de l'assiette du projet. Par suite, le motif tiré de la méconnaissance des règles relatives à la desserte du plan local d'urbanisme ne pouvait fonder la décision en litige.
7. En dernier lieu la maire de Portes-lès-Valence s'est également fondée sur la méconnaissance des articles UD 3.2 du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme du fait d'un accès inadapté à la construction de cinq maisons individuelles dès lors qu'il présente une largeur utile d'environ trois mètres linéaires et pour partie en angle, alors que la configuration des lieux ne permet pas un autre accès.
8. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UD 3.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux accès aux voies ouvertes au public et desserte des terrains par les voies publiques ou privées : " () 3.2. Voirie : Pour les parcelles situées en arrière-plan (division en drapeau) où seul l'accès débouche sur le domaine public ou sur une voie privée ou publique en impasse, les caractéristiques de la voie d'accès (largeur, longueur et modalités d'entrée et sortie sur domaine public) devront être suffisants et adaptés à l'opération projetée. Les dimensions, tracés, profils et caractéristiques des voies publiques ou privées doivent être adaptés aux besoins, à l'importance et à la destination des constructions ou des aménagements qu'elles desservent. Les nouvelles voies publiques ou privées doivent au minimum être aménagées afin de permettre le passage ou la manœuvre des véhicules des services publics, et de manière à ce que les caractéristiques de ces voies ne rendent pas difficiles la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ".
9. Il ressort des pièces du dossier que si l'accès du terrain d'assiette du projet à la voie publique, déjà existant et commun à d'autres constructions préalablement édifiées, se fait au début par un virage, la route départementale présente à cet endroit une zone permettant l'insertion et la sortie des véhicules sur celle-ci. En outre, il ressort du plan de masse que cet accès présente, en ses points les plus étroits, une largeur de 4,13 mètres et 4,50 mètres. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'eu égard à la configuration des lieux et au nombre de logements prévus par le projet, cet accès présenterait des risques pour la sécurité publique, notamment en termes de visibilité pour les usagers. De même, la maire de Portes-lès-Valence ne pouvait se fonder, pour retirer le permis délivré, sur la méconnaissance des règles du plan local d'urbanisme applicables à la voirie de l'article UD 3.2 au motif que l'accès au projet ne les respecterait pas, alors qu'en outre le projet avait été soumis pour avis au service départemental d'incendie et de secours et avait reçu l'avis favorable du conseil départemental de la Drôme. Par suite, les conditions d'accès au projet ne sont pas de nature à caractériser une atteinte à la sécurité publique qui aurait justifié que la maire de Portes-lès-Valence retire le projet sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2021 portant retrait du permis de construire délivré le 12 février 2021.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Portes-lès-Valence une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :L'arrêté du 31 mars 2021 portant retrait du permis de construire délivré le 12 février 2021 est annulé.
Article 2 :La commune de Portes-lès-Valence versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Portes-lès-Valence.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Coutarel, première conseillère,
M. Derollepot, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
A. Derollepot
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026