jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104936 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUCROT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Cunin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du maire de la commune de Chuzelles de s'opposer au raccordement de la parcelle cadastrée section A n°2456 aux réseaux d'eau et d'électricité, ensemble la décision de rejet du recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Chuzelles d'intervenir auprès d'Enedis et de Suez pour que les demandes de raccordement formées par M. A prospèrent sans délai, dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Chuzelles une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2021, la commune de Chuzelles, représentée par Me Giraudon conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt et de qualité pour agir ;
- la requête est irrecevable car la décision contestée n'est pas produite et l'existence même d'un refus du maire n'est pas rapportée ;
- qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme C,
- les observations de M. A et de Me Vallée, représentant la commune de Chuzelles.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire de la parcelle cadastrée section A n° 2456, terrain nu, située route des Serpaizières sur la commune de Chuzelles, classée en zone Ux2 du plan local d'urbanisme correspondant à la ZAE des Serpaizieres Ouest où sont admises les constructions et activités à usage artisanal ou industriel. Il expose avoir fait des démarches auprès des entreprises en charge des réseaux de distribution d'électricité et d'eau potable sur le territoire de la commune de Chuzelles, afin d'organiser le raccordement de son terrain à ces équipements et s'être vu opposer un refus compte tenu de l'opposition du maire. Par une lettre réceptionnée par les services de la commune de Chuzelles le 10 mai 2021, M. A a présenté un recours gracieux contre les décisions refusant le raccordement du terrain aux réseaux de distribution d'eau potable et d'électricité. Il demande l'annulation, d'une part, de la décision par laquelle le maire de Chuzelles a rejeté sa demande tendant au raccordement de son terrain au réseau de distribution d'électricité et d'eau potable, et d'autre part, de la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a présenté contre cette décision le 6 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, si M. A soutient avoir sollicité le raccordement de la parcelle cadastrée section A n° 2456 dont il est propriétaire auprès des entreprises gestionnaires des réseaux électrique et d'eau et que le maire de la commune saisi par ces dernières aurait donné un avis défavorable, il ne l'établit pas et ne produit aucune pièce en ce sens et notamment pas le formulaire de demande de raccordement. Dans ces conditions, le recours gracieux présenté par M. A le 6 mai 2021 auprès de la commune de Chuzelles doit être regardé comme une première demande de raccordement au réseau.
3. Aux termes de l'article L.232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation.
Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ". L'article L.121-1 du même code dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "
4. A la suite du rejet de sa demande de raccordement du 6 mai 2021, né du silence gardé par la commune de Chuzelles, M. A n'a pas sollicité la communication des motifs de cette décision implicite de rejet. Dès lors, les moyens tirés d'un défaut de motivation et de la méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments, locaux ou installations soumis aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4 ou L. 510-1, ne peuvent, nonobstant toutes clauses contractuelles contraires, être raccordés définitivement aux réseaux d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone si leur construction ou leur transformation n'a pas été, selon le cas, autorisée ou agréée en vertu de ces dispositions ". L'article L. 421-4 du même code vise des constructions, aménagements, installations et travaux déterminés par décret et qui, en raison de leurs dimensions, de leur nature ou de leur localisation, ne justifient pas l'exigence d'un permis et font l'objet d'une déclaration préalable. " Aux termes de l'article R. 421-23 de ce code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable les travaux, installations et aménagements suivants : / () d) L'installation, en dehors des terrains de camping et parcs résidentiels de loisirs, d'une caravane autre qu'une résidence mobile mentionnée au j ci-dessous lorsque la durée de cette installation est supérieure à trois mois par an ; sont prises en compte, pour le calcul de cette durée, toutes les périodes de stationnement, consécutives ou non ; / () j) L'installation d'une résidence mobile visée par l'article 1er de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, constituant l'habitat permanent des gens du voyage, lorsque cette installation dure plus de trois mois consécutifs () ".
6. Il résulte de ces dispositions que le maire dispose de la compétence et de la faculté de s'opposer au raccordement définitif au réseau de distribution d'électricité et d'eau des installations ou locaux irrégulièrement implantés ou des caravanes mobiles stationnant irrégulièrement sur le territoire de la commune. Alors que la commune fait valoir qu'elle s'est opposée aux déclarations préalables destinées à transformer les parcelles en une aire de stationnement pour caravanes, M. A ne précise pas le fondement de sa demande de raccordement, ni ne conteste la réalité des faits invoqués par la commune pour la rejeter. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'un défaut de base légale.
7. En troisième lieu, si le requérant soutient que la décision de refus constitue une atteinte grave au respect de sa vie privée et familiale notamment de son droit à pratiquer son activité artisanale, ce moyen est dépourvu des précisions nécessaires à l'appréciation de son bien-fondé.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il s'ensuit que doivent l'être également, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Chuzelles, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Chuzelles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :
Article 3 :Les conclusions de la commune de Chuzelles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Chuzelles.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Beytout, première conseillère,
Mme Barriol, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
P. ThierryLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne préfet de l'Isère ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104936
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026