jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104938 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FESSLER JORQUERA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2021 et des mémoires du 6 octobre 2022 et du 13 octobre 2023 (ce dernier non communiqué), M. A B et Mme D B, représentés par Me Py, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° DP 381112010116 du 9 février 2021 par lequel le maire de la commune de Claix s'est opposé à leur déclaration préalable, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) de déclarer illégal le classement de la parcelle cadastrée section BT n° 41 en zone agricole ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Claix une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme et est entaché d'un défaut d'examen sérieux ;
- l'accès et le stationnement existent déjà et seule une modeste fraction de la parcelle en zone A sera affectée à l'accès et au stationnement ce qui ne méconnaît pas l'article 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- le projet respecte l'article 5.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;
- les parcelles ne sont pas incluses dans une zone d'interdiction mais dans une zone d'autorisation sous prescriptions par le plan des risques naturels ; la commune n'expose pas en quoi la sécurité ou la salubrité publique seraient mises en péril par le projet de division ;
- le projet n'altère pas les éléments repérés au titre du patrimoine bâti, paysager et écologique ;
- l'accès existant respecte l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le classement d'une partie de la parcelle cadastrée section BT n° 41 en zone agricole du plan local d'urbanisme intercommunal est illégal.
Par des mémoires en défenses enregistrés le 10 décembre 2021 et le 5 septembre 2023, la commune de Claix, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut d'apporter la preuve d'un dépôt ou d'un accusé de réception d'un recours gracieux ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol ;
- les conclusions de Mme Paillet-Augey, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Nallet-Rosado représentant M. et Mme B et, E, représentant la commune de Claix.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 décembre 2020, M. A B a déposé une déclaration préalable ayant pour objet une division en vue de construire, sur les parcelles cadastrées section BT n° 40 et 41 situées au lieu-dit " Bouveyre " sur le territoire de la commune de Claix. Par un arrêté du 9 février 2021, le maire de la commune de Claix s'est opposé à celle-ci. Par un courrier du 20 mai 2021, la commune de Claix a rejeté la demande formée par M. et Mme B le 25 mars 2021, de retrait de l'arrêté d'opposition à déclaration préalable. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 9 février 2021 et de la décision du 20 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la motivation et le défaut d'examen :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour s'opposer à la déclaration préalable de M. et Mme B, le maire de la commune de Claix s'est fondé notamment sur la circonstance que l'opération projetée se situerait en partie en zone A du plan local d'urbanisme intercommunal, que les parcelles sont soumises à prescriptions patrimoniales en tant qu'espace paysager de transition et limite stratégique à l'urbanisation et que le projet entraine un nouvel accès sans mutualisation avec l'existant en méconnaissance des dispositions de l'article 8 des règles communes du plan local d'urbanisme intercommunal. Dès lors, l'arrêté est suffisamment motivé et ne méconnaît par l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme.
4. Si les requérants font valoir que la construction se situera intégralement en zone urbaine, il ressort sans ambiguïté du projet de détachement établi par un géomètre-expert que l'accès se situe en zone A (agricole). Par ailleurs, bien qu'un portail existe au droit de la parcelle 41, il ressort du même document que le projet prévoit la prolongation de la voie d'accès en zone A pour accéder à la zone UA3. Enfin, les requérants reprochent à l'arrêté de mentionner que la parcelle classée en zone agricole ne supporte aucune construction alors qu'elle accueille un abri pour le stationnement, mais il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cet abri, qui n'est pas répertorié au cadastre, a été construit légalement. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :
5. Il résulte de l'article 2 du règlement de la zone A, qu'y sont notamment autorisées : les constructions et installations nouvelles strictement liées et nécessaires à l'exploitation agricole, les abris pour animaux parqués, les constructions et installations nécessaires aux services publics et d'intérêt collectif, l'aménagement, l'adaptation et la réfection des constructions d'habitation existantes dans leur volume ainsi que leur extension et les annexes (y compris les piscines) sous conditions, les reconstructions à l'identique après sinistre, et les démolitions.
6. En premier lieu, le projet porte sur une division parcellaire en vue de construire. Si la parcelle cadastrée section BT n° 41 dispose déjà d'un portail débouchant sur la voie du Clot, il ressort du plan de division établi par un géomètre expert que le projet prévoit de prolonger en zone A la voie d'accès pour desservir la parcelle BT 40 située en zone UA3 (hameaux anciens) qui dispose déjà d'un accès d'ailleurs utilisé par les requérants. Or, l'article 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal n'autorise pas la prolongation d'une voie en zone A. La circonstance que le projet a obtenu des avis favorables notamment du service voirie est sans incidence.
7. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que leur projet respecte l'article 5.3 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal, qui autorise l'installation d'un portail, la décision d'opposition à déclaration préalable n'est pas fondée sur les dispositions de cet article. Dès lors, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité.
8. En troisième lieu, il est constant que les parcelles cadastrées section BT n°s 40 et 41 se situent en zone de ravinement et ruissellement sur versant. La mention dans l'arrêté que " la réglementation " risques " s'applique sur cette parcelle et notamment les préconisations relatives au RESI (inférieur ou égal à 0,3), la surélévation du premier plancher habitable et l'orientations des ouvertures du projet ", de caractère informatif, ne constitue pas un motif de refus de l'autorisation sollicitée.
9. En quatrième lieu, le projet prévoit la prolongation du chemin d'accès situé sur la parcelle cadastrée section BT n°41 classée en zone A, pour accéder à la zone Ua3 constructible. Or, cette parcelle fait l'objet d'une protection paysagères L7491 (espace paysager de transition) et L7548 (limite stratégique à l'urbanisation) au plan local d'urbanisme intercommunal. Il ressort du règlement du patrimoine du plan local d'urbanisme intercommunal que ces espaces de nature ordinaire repérés au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme sont des zones " non aedificandi ". Ainsi, ce motif suffisait à fonder valablement la décision d'opposition à la déclaration préalable des époux B.
10. En cinquième et dernier lieu, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". L'article 8.1 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif à l'accès dispose que : " Les caractéristiques des accès doivent être définies en fonction de l'importance et de la destination des constructions et installations à réaliser, notamment en ce qui concerne la sécurité, la commodité de la circulation et l'approche des moyens de lutte contre l'incendie. Le nombre d'accès doit être limité au strict nécessaire. Les accès doivent être localisés et configurés en tenant compte :- de la topographie et de la morphologie des lieux dans lesquels s'insère l'opération ;- de la nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse des véhicules, intensité du trafic) ; - du type de trafic généré par l'opération (fréquence journalières, nombre de véhicules accédant au terrain, type de véhicules concernés) - des conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules sur le terrain sans manœuvre sur la voie de desserte () ".
11. D'une part, le plan élaboré par un géomètre-expert matérialise un accès existant qui dessert la parcelle n°41 depuis la rue du Clot. L'existence de cet accès est confirmée par le constat établi par un huissier de justice produit par les requérants. Dans ces conditions, le projet litigieux ne prévoit pas la création d'un nouvel accès. Ainsi, le maire ne pouvait opposer la méconnaissance des dispositions de l'article 8.1 du plan local d'urbanisme intercommunal des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal en relevant que le projet entraine la création d'un nouvel accès sans mutualisation avec l'existant.
12. D'autre part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cet accès pour le lot projeté constituerait un risque pour la sécurité publique au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme alors que le service voirie a rendu un avis favorable.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du classement en zone A :
13. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
14. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir.
15. Les requérants excipent de l'illégalité du classement de la parcelle section BT n° 41 en zone A en ce que, d'une part, elle est intégrée à l'enveloppe urbaine, à proximité d'un grand nombre d'habitations, et est desservie par un portail et, d'autre part, elle n'est pas cultivée, constitue une dent creuse correspondant au jardin de la maison d'habitation et ne peut pas être exploitée.
16. La parcelle section BT n° 41, qui supporte un abri de voiture, d'une superficie de 1 246 m2 est classée en grande partie en zone A du plan local d'urbanisme intercommunal. La parcelle n° 41, qui borde la parcelle n° 40 où est implantée la maison des requérants, a un usage de jardin, constitue la limite d'urbanisation du hameau malgré la présence d'une voie non goudronnée qui dessert les parcelles limitrophes 88 et 90. Cette parcelle n° 41 est identifiée au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme comme espace paysager de transition et comme une limite stratégique entre l'urbanisation à l'Ouest et les vastes espaces agricoles et naturels. Le projet d'aménagement et de développement prévoit d'ailleurs de contenir l'urbanisation et en particulier dans les hameaux. Dès lors que la vocation agricole s'apprécie à l'échelle de l'ensemble du secteur, et que la commune a entendu contenir l'urbanisation et faire de cette parcelle une limite stratégique, les circonstances que la parcelle ne présenterait pas de potentiel agricole et qu'elle n'est pas exploitée, est sans incidence sur la légalité du classement. Ainsi, alors que cette parcelle ne saurait être qualifiée de dent creuse, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à avoir classé une partie de la parcelle BT n° 41 en zone A, invoqué par voie d'exception, doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que seul le motif tiré de la méconnaissance de l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal et de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est entaché d'illégalité. Or, il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les motifs tirés de la méconnaissance de l'article 2 du règlement de la zone A et des prescriptions patrimoniales, lesquels pouvaient, à eux seuls, légalement fonder l'arrêté en litige.
Sur les frais d'instance :
18. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme C doivent dès lors être rejetées.
19. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme C une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Claix au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la commune de Claix une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et D B et à la commune de Claix.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Barriol, première conseillère,
Mme Galtier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
P. ThierryLa greffière,
A. Zanon
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104938
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026