mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2105057 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 juillet 2021, le 15 octobre 2021 et le 26 juillet 2022, la SCI Truffes et olives, représentée par Me Bouzerda, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la demande du 5 mars 2021 par laquelle le maire de Rochegude a demandé à la requérante de produire des pièces complémentaires dans le cadre de l'instruction de sa demande de permis de construire sur la parcelle cadastrée L n°782 ;
2°) d'annuler la décision tacite de rejet de sa demande de permis de construire sur la parcelle cadastrée L n°782 déposée le 12 février 2021, dont elle a été informée par courrier du 21 juin 2021 du maire de la commune ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Rochegude une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de pièces complémentaires et la décision tacite de rejet du permis de construire ne sont pas motivées ;
- la demande de pièces complémentaires du 5 mars 2021 est illégale en ce qu'elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme et les dispositions de l'article UA 12 du règlement écrit de la zone UA du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 août 2021 et le 12 juillet 2022, la commune de Rochegude, représentée par Me Champauzac, conclut au rejet de la requête, et à ce que la société requérante lui verse une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu' :
- aucun des moyens n'est fondé ;
- une substitution de motif peut être opérée, la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune pouvant fonder le refus de permis de construire ;
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la décision à intervenir est susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'une injonction au maire de la commune de Rochegude de délivrer le certificat de permis de construire tacite prévu par les dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Naillon,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Ongotha, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Le 12 février 2021, la SCI truffes et olives a déposé une demande de permis de construire sur la parcelle cadastrée L n°782 sise sur la commune de Rochegude. Par courrier du 5 mars 2021, la commune a demandé à la société requérante de fournir une pièce complémentaire, à savoir un document attestant la prise en compte de la réglementation thermique. Par courrier du 21 juin 2021, le maire de la commune l'a informée du rejet tacite de sa demande de permis de construire, en l'absence de production des pièces complémentaires demandées. La société requérante sollicite l'annulation de la demande de pièces complémentaires du 5 mars 2021 et de la décision tacite de rejet de sa demande de permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : [] c) Les travaux ayant pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment, lorsque ces travaux s'accompagnent d'un changement de destination entre les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; [] Pour l'application du c du présent article, les locaux accessoires d'un bâtiment sont réputés avoir la même destination que le local principal ". Aux termes de l'article R. 431-16 du même code, dans sa rédaction applicable : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : [] j) Lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées à l'article R. 111-20 du code de la construction et de l'habitation, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 111-20-1 de ce code, [] ".
3. Aux termes de l'article R. 111-20 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Les bâtiments nouveaux et les parties nouvelles de bâtiments doivent être construits et aménagés de telle sorte qu'ils respectent des caractéristiques thermiques [] ". Aux termes de l'article R. 111-20-1 du même code : " Le maître d'ouvrage de tout bâtiment neuf ou de partie nouvelle de bâtiment existant situé en France métropolitaine établit, pour chaque bâtiment concerné, un document attestant qu'il a pris en compte ou fait prendre en compte par le maître d'œuvre lorsque ce dernier est chargé d'une mission de conception de l'opération la réglementation thermique définie à l'article R. 111-20, [] Cette attestation [] est jointe à la demande de permis de construire [] ".
4. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet porte sur le ravalement de l'ensemble des façades, la réouverture de trois fenêtres en façade est, le remplacement de l'ensemble des fenêtres, l'aménagement de la cour intérieure, la création d'une piscine et la transformation du garage en pièce de vie. Ce garage, d'une surface de 29 m², forme un ensemble avec la construction principale existante, d'une surface d'environ 220 m² sans adjonction d'une partie nouvelle. Ainsi, la transformation en pièce de vie ne saurait être regardée comme portant sur un bâtiment neuf ou une partie nouvelle de bâtiment existant au sens des dispositions citées au point précédent. Les autres éléments du projet n'entrent également pas dans le champ d'application de ces dispositions. Dès lors que l'attestation de respect de la réglementation thermique visée par l'article R. 111-20-1 n'est requise que pour les " bâtiments nouveaux et les parties nouvelles de bâtiments ", le maire ne pouvait en exiger la production dans le cadre de l'instruction du permis de construire en litige. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la demande de pièce complémentaire du 5 mars 2021 est illégale.
5. A l'appui de ses mémoires en défense, la commune de Rochegude demande à ce qu'il soit procédé à une substitution de motifs sur le fondement de la méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
6. Toutefois, il résulte des dispositions des articles R. 423-22, R. 423-23, R. 423-38, R. 423-39, R. 423-41 et R. 424-1 du code de l'urbanisme qu'à l'expiration du délai d'instruction tel qu'il résulte de l'application des dispositions du chapitre III du titre II du livre IV du code de l'urbanisme relatives à l'instruction des déclarations préalables, des demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir, naît une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite. En application de ces dispositions, le délai d'instruction n'est ni interrompu, ni modifié par une demande, illégale, tendant à compléter le dossier par une pièce qui n'est pas exigée en application du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Dans ce cas, une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite naît à l'expiration du délai d'instruction, sans qu'une telle demande puisse y faire obstacle.
7. Au regard de son illégalité, la demande de pièce complémentaire du 5 mars 2021 n'a pas eu pour effet de proroger le délai d'instruction. Ainsi, et dès lors qu'aucune demande de pièces complémentaires relative aux places de stationnement n'a par ailleurs été notifiée à la société requérante, un permis de construire tacite est né le 12 mai 2021 à l'échéance du délai d'instruction. Il s'ensuit qu'au plus tard à la date du 12 août 2021, c'est-à-dire à l'expiration du délai de trois mois prévu à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, la société requérante se trouvait titulaire d'un permis de construire tacite définitif. Par suite, le maire de la commune Rochegude ne peut utilement solliciter une substitution des motifs.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de pièces complémentaires du 5 mars 2021 et la décision tacite de rejet du permis de construire doivent être annulées.
Sur l'injonction :
9. Dès lors que la société requérante est titulaire d'un permis de construire tacite qui est devenu définitif, le présent jugement implique qu'il soit enjoint au maire de la commune de Rochegude de lui délivrer le certificat de permis tacite prévu par l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Il y a lieu de fixer au maire de la commune de Rochegude un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement pour y procéder.
Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Rochegude demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche de mettre à la charge de la commune de Rochegude une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La demande de pièces complémentaires du 5 mars 2021 et la décision tacite de rejet du permis de construire sollicité le 12 février 2021 sont annulées.
Article 2 :Il est enjoint au maire de la commune de Rochegude de délivrer à la SCI Truffes et olives un certificat d'obtention du permis tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :La commune de Rochegude versera à la SCI Truffes et olives une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à la SCI Truffes et olives et à la commune de Rochegude.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bedelet, présidente,
Mme Portal, première conseillère,
Mme Naillon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
L. Naillon
La présidente,
A. Bedelet
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2105057
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026