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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2105330

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2105330

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2105330
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantAARPI ASSIER & SALAUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 août 2021 et le 21 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Assier, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le préfet de la Savoie lui a refusé l'autorisation de reconstruction d'un chalet d'alpage.

Il soutient que :

- la décision du préfet, motivée sur le fondement les dispositions de l'article L. 122-11 du code de l'urbanisme, est dépourvue de base légale ;

- son chalet n'est pas isolé ;

- son chalet peut être reconstitué ;

- aucun document ne prouve que le chalet d'origine était différent des autres ;

- deux autres constructions ont été autorisées à proximité de son chalet ;

- la reconstruction du chalet présenterait un intérêt architectural tout en s'inscrivant dans l'évolution de la pratique d'une activité agro-pastorale ;

- l'environnement du hameau bénéficiera de cette reconstruction.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 septembre 2021 et le 2 décembre 2021, le préfet de la Savoie conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme.

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Argentin,

- les conclusions de Mme Vaillant, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a sollicité l'autorisation de reconstruire un chalet au lieu-dit " Fontaine-Froide " sur le territoire de la commune de Modane. Par l'arrêté contesté du 15 juin 2021, le préfet de la Savoie a opposé un refus à cette demande d'autorisation.

2. Aux termes de l'article L. 122-11 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable depuis le 30 décembre 2016 : " Peuvent être autorisés dans les espaces définis à l'article L. 122-10 : () 3° La restauration ou la reconstruction d'anciens chalets d'alpage () dans un objectif de protection et de mise en valeur du patrimoine montagnard et lorsque la destination est liée à une activité professionnelle saisonnière. L'autorisation est délivrée par l'autorité administrative compétente de l'Etat après avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers et de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites () ".

3. Il ressort des visas de l'arrêté contesté que le préfet de la Savoie a statué sur la demande de M. A sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 122-11 du code de l'urbanisme. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'un défaut de base légale.

4. Le préfet de la Savoie a refusé l'autorisation de reconstruction d'un chalet d'alpage au motif que la ruine est isolée, que les dégradations sont très importantes, que les photographies anciennes produites ne permettent pas d'attester de la volumétrie et de la typologie d'origine, que la construction ne revêt pas d'intérêt architectural typique d'une activité agro-pastorale et qu'il n'y a plus de valeur patrimoniale à préserver.

5. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de la Savoie ne s'est pas fondé sur une prétendue impossibilité de reconstruction du chalet. Par ailleurs, M. A ne conteste pas utilement les motifs de refus opposés par le préfet de la Savoie en se bornant à soutenir qu'aucun document ne prouve que le chalet en cause et ses matériaux seraient différents des autres constructions avoisinantes, que la reconstruction envisagée présentera un intérêt architectural et s'inscrit " dans la pratique d'une activité agro-pastorale évoluée ". Enfin, si M. A soutient que le hameau situé à proximité du chalet bénéficiera de la reconstruction et que deux autres constructions ont été autorisées à proximité de son chalet, de telles circonstances sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté.

6. L'article L. 122-11 du code de l'urbanisme précité a pour effet d'autoriser la reconstruction des chalets d'alpage. Ces dispositions ne conditionnent nullement leur application à ce que les constructions dont la restauration est demandée ne soient pas isolées. Dès lors, en opposant le caractère isolé d'un chalet d'alpage pour refuser l'autorisation prévue à l'article L. 145-3 du code de l'urbanisme, le préfet a commis une erreur de droit. Il résulte toutefois de l'instruction que le préfet de la Savoie aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur les autres motifs de sa décision.

7. Il en résulte que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2021.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre chargé de l'urbanisme.

Copie en sera adressée au préfet de la Savoie.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bedelet, présidente,

M. Argentin, premier conseiller,

Mme Naillon, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le rapporteur,

S. Argentin

La présidente,

A. BedeletLe greffier,

P. Muller

La République mande et ordonne au ministre chargé de l'urbanisme en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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