jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2105395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CUNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 août 2021 et 7 février 2024, M. C, représenté par la Selarl Retex avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mai 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté sa demande de congé de formation professionnelle, ainsi que les rejets des recours gracieux et hiérarchique formés à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de faire droit à sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'est pas motivée ;
- méconnait les dispositions de l'article 27 du décret n° 2007-1470 du 15 octobre 2007 : rien n'indique que les crédits prévus pour cette action aient été atteints ;
- est entachée d'une erreur de droit : aucun barème n'est prévu par les dispositions en vigueur ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : il est professeur des écoles depuis près de 20 ans et sa demande aurait dû être jugée prioritaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés et en particulier que :
- le barème utilisé est celui de la circulaire départementale " Congé de formation professionnelle - Année scolaire 2021-2022 " du 25 janvier 2021, qui lui a été communiquée et en application duquel sa demande a été classée 14ème sur 21, alors que seules 8 demandes ont pu être satisfaites compte tenu des crédits alloués ;
- son recours a été porté devant la commission administrative paritaire départementale (CAPD), qui a confirmé le refus ;
- elle établit avoir atteint le niveau de dépenses de 0,2 % de la masse salariale qui lui permettait de faire valoir le défaut de crédits pour refuser une demande.
Par ordonnance du 9 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 9 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2007-1470 du 15 octobre 2007 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Callot, rapporteur,
- les conclusions de M. Lefebvre, rapporteur public,
- et les observations de Me Cunin, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, professeur des écoles depuis 2001 dans le département de la Drôme, a sollicité le 4 mars 2021 un congé de formation professionnelle pour six mois, afin de suivre deux formations d'intermédiaire en opération de banque et de service de paiement niveau 1 et d'intermédiaire en assurance niveau 1, représentant un volume horaire de 300 heures. Par une décision en date du 10 mai 2021, la rectrice a refusé de faire droit à cette demande. M. C a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, explicitement rejeté le 25 juin 2021 par la rectrice, après consultation de la commission administrative paritaire départementale (CAPD), et un recours hiérarchique, implicitement rejeté par le ministre en charge de l'éducation nationale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2007-1470 susvisé, dans sa version alors applicable : " La formation professionnelle tout au long de la vie comprend principalement les actions suivantes : () / 6° L'approfondissement de leur formation en vue de satisfaire à des projets personnels et professionnels grâce au congé de formation professionnelle () " Aux termes des dispositions de l'article 27 du même décret : " La demande de congé de formation professionnelle doit être présentée cent vingt jours au moins avant la date à laquelle commence la formation () Les demandes régulièrement présentées ne peuvent faire l'objet d'un refus pour défaut de crédits tant que les dépenses effectuées au titre des congés de formation professionnelle n'atteignent pas 0,20 % du montant des crédits affectés aux traitements bruts et aux indemnités inscrits au budget du ministère ou de l'établissement public considéré ()".
3. Il ressort des pièces du dossier que la rectrice a refusé la demande de M. C au motif qu'elle avait été classée au 14e rang parmi les 21 demandes, alors que seules 8 avaient pu être satisfaites en raison du montant des crédits accordés à cette action. Pour l'établir, elle se prévaut de ce que les crédits affectés à cette action pour le département de la Drôme, qui représentaient une dotation de 75 mois pour l'année 2021, ont été déterminés en retenant un montant de 1 144 607 euros, représentant 0,2 % de la masse salariale de l'académie de Grenoble, ramené au coût moyen d'un fonctionnaire placé en congé de formation, puis réparti par département.
4. Toutefois, il ressort de la lettre de même des dispositions précitées que le taux de 0,2 % ne s'applique pas aux crédits d'un département, ni même d'une académie, qui contrairement à ce qui est soutenu en défense ne peut être regardée comme un établissement public au sens des dispositions citées au point 2, mais aux crédits inscrits au budget du ministère concerné dans son ensemble. Or, la rectrice n'établit ni même n'allègue que les dépenses effectuées au titre des congés de formation professionnelle auraient atteint 0,2 % du montant des crédits affectés aux traitements bruts et aux indemnités inscrits au budget du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse. Par suite, elle n'était pas fondée à refuser la demande de M. C pour ce motif.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que la décision refusant à M. C le bénéfice d'un congé de formation professionnelle pour l'année 2021-2022 doit être annulée, ensemble les décisions explicite et implicite rejetant ses recours gracieux et hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
7. Il résulte des écritures non contestées de la rectrice en défense que M. C a obtenu le congé de formation professionnelle sollicité au titre de l'année suivante, pour la même formation. Dans ces circonstances, il n'y a pas lieu d'enjoindre à l'administration de lui en accorder le bénéfice au titre de l'année en litige.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 10 mai 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté la demande de congé de formation professionnelle de M. C est annulée, ensemble les décisions explicite et implicite rejetant ses recours gracieux et hiérarchique.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Triolet, présidente,
M. Callot et M. B, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
A. Callot
La présidente,
A. Triolet
La greffière,
J. Bonino
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026