lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2105876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PEISSE-DUPICHOT-LAGARDE-BOTHOREL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er septembre 2021, le 22 juillet 2022 et le 24 novembre 2022, la société civile immobilière (SCI) Closaf, représentée par Me Dupichot et Me Schott, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel l'adjoint au maire de la commune de Chamonix Mont-Blanc a délivré un permis de construire portant démolition d'un chalet et construction de deux chalets individuels et d'un garage enterré à la société à responsabilité limitée (SARL) ADIM ;
2°) de mettre à la charge de la SARL ADIM une somme de 5 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délivrance du permis de construire constitue une fraude à la loi ;
- l'arrêté méconnait les dispositions des articles R.431-24, R.442-1 et R. 421-23 et suivants du code de l'urbanisme en raison de l'absence d'unité foncière entre les parcelles terrain d'assiette de l'opération ;
- il viole l'article UD2.7 du PLU en raison de l'absence de logements sociaux ;
- il méconnaît l'article UD3 du PLU en raison de la situation d'enclave du terrain d'assiette de l'opération ;
- il méconnaît l'article UD7 du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;
- il méconnaît l'article UD8 du PLU relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété ;
- il méconnaît l'article UD9 du PLU relatif à l'emprise au sol des constructions ;
- il méconnaît l'article UD10 du PLU relatif à la hauteur des constructions ;
- il méconnait l'article UD11 du PLU relatif à l'aspect extérieur des constructions et de l'article R. 111-21 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UD12 du PLU relatif au stationnement des véhicules ;
- il méconnaît le plan de prévention des risques avalanche (PPRA).
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, la commune de Chamonix-Mont-Blanc, représenté par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2022, le 7 octobre 2022 et le 1er décembre 2022, la société l'Administration Immobilière (ADIM), représentée par Me Canton conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la requérante à lui verser une somme de 7 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la SCI Closaf n'a pas d'intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barriol,
- les conclusions de Mme Akoun, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schott, représentant la SCI Closaf et de Me Vitali, représentant la société ADIM.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ADIM a déposé une demande visant à démolir un chalet et construire deux chalets individuels et un garage enterré pour une surface de plancher démolie de 190 m2 et une surface de plancher créée de 298,14 m2 pour la création de deux logements sur un terrain situé 409 clos des Erables sur la commune de Chamonix-Mont-Blanc. Par un arrêté du 27 avril 2021, l'adjoint délégué à l'urbanisme de la commune de Chamonix-Mont-Blanc a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, la SCI Closaf demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme: " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ". L'article L. 600-1-3 du même code dispose que : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. La SCI Closaf soutient qu'elle justifie d'un intérêt pour agir à l'encontre du permis de démolir et du permis de construire délivré à la SARL ADIM en se prévalant d'une part de sa qualité d'associé de la SARL ADIM et par conséquent de la propriété indivise des actifs immobiliers appartenant à la SARL ADIM et, d'autre part, d'occupante " par roulement familial " des trois chalets dits " C ", " La Gerbe d'Or ", mitoyens à l'opération, et " le Lys Rouge ", d'ores et déjà démoli, et occasionnellement de " La Villa des Erables ".
5. En premier lieu, il ressort de la fiche de renseignement du service de la publicité foncière que les parcelles cadastrées section G 2525 et 5432 situées sur le territoire de la commune de Chamonix-Mont-Blanc, terrain d'assiette du projet, appartiennent à la SARL ADIM. La propriété de ces biens immobiliers est confirmée par les avis d'imposition à la taxe foncière pour l'année 2018 et 2019, qui mentionnent également les parcelles G2521, 2523 et 2524. Dès lors, et alors même que l'article 6 des statuts de la SARL ADIM mentionne que la SCI Closaf détient des parts dans la société ADIM, cette circonstance ne lui confère pas la propriété indivise des actifs immobiliers appartenant à la SARL ADIM, qui a une personnalité morale distincte. Ainsi, la SCI Closaf n'avait pas la qualité de propriétaire des biens appartenant à la SARL ADIM et notamment du chalet implanté sur la parcelle 2525, aujourd'hui démoli. Dans ces conditions, la SCI Closaf ne justifie pas d'un intérêt pour agir résultant d'une qualité de propriétaire des parcelles G2525 et 5432 à la date d'introduction de la demande.
6. En deuxième lieu, la seule circonstance que la SCI Closaf détient des parts dans la SARL ADIM ne suffit pas à lui conférer un intérêt pour agir à l'encontre du permis de construire litigieux, d'autant au surplus qu'elle ne soutient ni même n'allègue que ces permis de construire nuiraient aux intérêts de la SARL ADIM. Dans ces conditions, la SCI Closaf ne justifie pas d'un intérêt pour agir résultant de sa qualité d'actionnaire de la SARL ADIM.
7. En troisième lieu, les conditions de convocation et de vote lors de l'assemblée générale du 23 juin 2018 au cours de laquelle a été votée la démolition du chalet le Lys rouge et son remplacement par deux chalets est sans incidence sur l'appréciation de la qualité pour agir de la SCI Closaf à l'encontre du permis de construire contesté dès lors qu'elle ne saurait faire regarder la SCI Closaf comme propriétaire de ces biens.
8. En quatrième et dernier lieu, la SCI Closaf ne justifie pas qu'elle aurait été occupante régulière des chalets dits " C ", " La Gerbe d'Or ", mitoyen à l'opération, et " le Lys Rouge ", et de la " La Villa des Erables " comme elle le soutient. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les chalets dits " C ", " La Gerbe d'Or ", " le Lys Rouge sont loués ou ont été loués à des tiers. D'autre part, s'agissant de la " villa des Erables ", si une lettre de M. B A adressée à un expert judiciaire désigné dans le cadre de la liquidation partage du 18 mars 2015 mentionne que les familles de B et François continuent, comme ils l'ont toujours fait du temps de leur mère, à se partager à égalité la villa des Erables et une lettre adressée à " François " sans plus de précision datée du 19 mars 2013 mentionne la nécessité d'une bonne entente pour continuer à cohabiter dans la villa des Erables, ces deux documents ne sauraient établir l'occupation régulière de ce chalet par la SCI Closaf. Dans ces conditions, la SCI Closaf ne justifie pas d'un intérêt pour agir résultant de sa qualité d'occupant de ces chalets.
9. Il résulte de ce qui précède que la SCI Closaf ne justifie d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la SARL ADIM doit être accueillie et la requête de la SCI Closaf doit être rejetée.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SARL ADIM, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SCI Closaf une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à verser à la SARL ADIM. La commune de Chamonix-Mont-Blanc, qui n'est pas représentée par un avocat, n'établit pas avoir exposé des frais liés à cette instance. Il n'y a dès lors pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par cette commune sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la SCI Closaf est rejetée.
Article 2 :La SCI Closaf versera une somme de 1 500 euros à la SARL ADIM sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la commune de Chamonix-Mont-Blanc sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la SCI Closaf, à la SARL ADIM et à la commune de Chamonix-Mont-Blanc.
Délibéré après l'audience du 15 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Sauveplane, président,
- Mme Barriol, première conseillère,
- Mme Aubert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.
La rapporteure,
E. Barriol
Le président,
M. Sauveplane
La greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026