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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2106080

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2106080

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2106080
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMETIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2021 et un mémoire du 14 mai 2023, M. et Mme B, représentés par Me Metier, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 février 2021 de l'Agence nationale de l'habitat, ensemble la décision rejetant leur recours gracieux en tant qu'il ne leur a été accordé qu'une subvention de 2 950 euros, inférieure à la subvention estimée de 5 690,45 euros réservée par courrier du 4 décembre 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'Agence nationale de l'habitat de leur verser le solde de la subvention accordée le 4 décembre 2020, soit la somme de 2 730,45 euros, ou à tout le moins à procéder à un nouvel examen de la demande de paiement de la subvention ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2022, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 modifié relatif à la prime de transition énergétique ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ; 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.".

2. En premier lieu, il résulte du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, que notamment les décisions qui retirent ou abrogent une décision créatrice de droit ou qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, doivent être motivées. Par ailleurs, il résulte de l'article 1er du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 que l'attribution de la prime de transition énergétique ne constitue pas un droit. Par suite, la décision attaquée n'avait pas à faire l'objet d'une motivation et le moyen est manifestement infondé.

3. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration que seules les décisions devant être motivées et les décisions prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire. En l'espèce, la décision attaquée n'était pas soumise à une obligation de motivation et n'a pas été prise en considération de la personne du requérant. Dès lors, la décision attaquée n'avait pas à faire l'objet d'une procédure contradictoire préalable et le moyen est manifestement infondé.

4. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 4 décembre 2000, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a décidé d'accorder à M. et Mme B une subvention au titre du programme " MaPrimeRénov' " d'un montant de 5 690,45 euros. Par un courrier du 12 février 2021, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a informé M. et Mme B que la somme de 2 950 euros correspondant au solde de la subvention accordée allait faire l'objet d'un virement. Il ressort toutefois du mémoire en défense de l'Agence nationale de l'habitat que cette somme de 2 950 euros ne correspond pas en réalité au solde de la subvention accordée de 5 690,45 euros mais une décision d'octroi définitif d'une subvention réduite à 2 950 euros, après instruction définitive de la demande, au motif que la nature de sous-types de travaux avait été modifiée.

5. En réponse à l'argument des requérants selon lequel il n'y a eu aucun changement dans la nature, la consistance ou le coût du chantier, l'Agence nationale de l'habitat admet avoir commis une erreur lors du calcul indiqué dans la décision du 4 décembre 2020 relatif à l'attribution d'une subvention de 5 690,45 euros et avoir fait un calcul reposant sur l'application d'un poste de travaux correspondant à l'isolation des toitures terrasses (75 euros par m²) en lieu et place de celui correspondant à l'isolation des combles (25 euros par m²) tel que mentionné sur le devis fourni par M. et Mme B.

6. Or, il résulte des mentions du devis que les travaux concernaient l'isolation de la toiture de la maison des requérant pour une surface de 118 m². Il résulte également de l'annexe 2 à l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique que, s'agissant des ménages aux revenus très modestes, l'isolation des plafonds de combles est subventionnée à hauteur de 25 euros par m², soit 2 950 euros (118*25 euros) dans le cas de M. et Mme B. L'erreur de calcul admis par l'Agence nationale de l'habitat dans sa décision initiale du 4 décembre 2000, pour regrettable qu'elle soit, reste cependant sans influence sur le droit des requérants à obtenir une subvention d'un montant de 5 690,45 euros, comme indiquée dans la décision du 4 décembre 2000. Par suite, c'est sans erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation que l'Agence nationale de l'habitat a pu attribuer une subvention de 2 950 euros aux requérants, le courrier du 4 décembre 2000 ne constituant pas une décision créatrice de droit. Dès lors, la circonstance qu'il n'y a eu aucun changement dans la nature, la consistance ou le coût du chantier, reste sans incidence et reste manifestement insusceptible de venir au soutien du moyen tiré de l'erreur de droit et l'erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête ne contient que des moyens de légalité externe manifestement infondés et un moyen de légalité interne, tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, qui n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien. Par suite, la requête peut être rejetée par ordonnance sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions accessoires à fins d'injonction et les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C B et à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Grenoble, le 18 septembre 2023.

Le président,

M. D

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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